Le douar Oulad Rami dans la commune de Sidi Aissa Ben Slimane, province d'El Kelâa des Sraghna, a connu des violences hier, lors de l'exécution d'un jugement pour l'ouverture d'une route au profit d'un exploitant de carrière de pierre. Les affrontements ont fait des blessés parmi les riverains et les autorités, tandis que plusieurs personnes ont été arrêtées. DR ‹ › Des violences ont secoué le douar Oulad Rami, mardi, dans la commune de Sidi Aissa Ben Slimane, province d'El Kelaâ des Sraghna. Les tensions ont surgi lors de l'exécution d'un jugement autorisant l'ouverture d'une route pour permettre à un investisseur d'exploiter une carrière de pierre, faisant des blessés parmi les riverains et les agents des forces de l'ordre. Said El Fadli, responsable de la section locale de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) à El Attaouia/Tamallalt, a déclaré à Yabiladi que la carrière se trouvait près de trois villages et à proximité d'un établissement scolaire. Selon lui, le projet a été source de conflits depuis environ deux ans. Les habitants ont protesté à chaque étape, avant que la justice ne tranche récemment en faveur de l'entrepreneur. Said El Fadli fait savoir que les autorités sont intervenues pour faire appliquer la décision de justice, tandis que les villageois ont manifesté, estimant que le projet leur porterait préjudice. Initialement pacifiques, les manifestations se sont tendues après environ deux heures de négociations infructueuses avec trois riverains invités au dialogue par les autorités. «Les échauffourées ont commencé avec les forces de sécurité, pour donner lieu à un affrontements», a précisé l'associatif. Des inquiétudes environnementales et sanitaires Said El Fadli a souligné l'existence de deux versions des événements. D'une part, les habitants accusent les autorités de les avoir provoqués. D'autre part, certains récits suggèrent que les riverains ont initié la confrontation. Ces affrontements ont causé des blessures des deux côtés, y compris au commandant de la Gendarmerie royale de la province. Par ailleurs, les personnes invitées au dialogue restent détenues, bien qu'elles n'aient pas participé aux violences, selon la même source. «Plusieurs habitants de la région ont reçu des convocations des autorités de sécurité pour être interrogés suite à ces événements.» Said El Fadli, AMDH - El Attaouia/Tamallalt Les habitants se disent inquiets, notamment en raison de la poussière et du bruit causés par le chantier, ainsi que les risques environnementaux comme l'épuisement de la nappe phréatique et l'impact sur les arbres fruitiers. Ils s'inquiètent également de la proximité de la carrière avec une école primaire et de son impact potentiel sur les élèves, soulignant que la route contestée était à l'origine destinée au bétail et non aux camions lourds. Une absence de médiation Al Ayachi Al Farfar, député de la province d'El Kelaâ des Sraghna, a quant à lui déclaré à Yabiladi que l'investisseur avait un jugement lui permettant de commencer ses activités, mais qu'il existait «deux vérités» : une légale et une autre factuelle. Il a précisé que la première est que l'investisseur a non seulement un verdict en sa faveur, mais aussi un permis. La seconde concerne les préoccupations des habitants quant aux dommages potentiels sanitaires et environnementaux, notamment l'impact sur les ressources hydriques. Al Farfar souligne que la situation reflète une crise de médiation, que ce soit de la part des autorités locales ou de leurs représentants, y compris les élus et le président du conseil. Dans ce sens, il a exprimé ses regrets face au manque d'efforts pour informer les habitants et leur permettre de défendre leurs droits légalement. A ce titre, il a appelé l'investisseur à respecter «les conditions de citoyenneté» et à engager un dialogue avec les habitants, rappelant que la relation des riverains du village et avec la terre est «particulière, car elle n'est pas vendue mais cultivée, constituant une source de subsistance et un lien profond». Selon lui, la compréhension de la nature de l'investissement ferait défaut. Pour cette raison, il a préconisé le calme et l'ouverture de canaux de communication.