La France déterminée à établir avec le Maroc un nouveau traité de coopération bilatérale avec une forte dimension parlementaire    Voiries de Casablanca : Mojazine et Vias décrochent un marché de 236 MDH    Motsepe "profondément déçu" par les incidents de la finale de la CAN 2025    Intempéries: Sur instructions royales, les FAR déploient des unités d'intervention    Inondations à Ksar El Kébir: la DGSN dément les rumeurs sur des cas de vols    Régulation des produits alternatifs au tabac : Le Maroc passe à la phase d'application    Blocage du statut des professeurs agrégés : les syndicats annoncent une grève nationale    Maroc-France : le Forum parlementaire scelle un axe stratégique et réaffirme le soutien français à la souveraineté du Royaume    Omar Hilale élu président de la Commission de consolidation de la paix    Ksar El Kebir : mise en place de tentes pour les sinistrés et reflux partiel des eaux après les inondations    HCP : l'indice des prix à la production recule de 0,1 % en décembre 2025    Tesla lance la vente directe et son premier pop‐up store au Maroc    Volaille : alerte sur une pénurie d'aliments et un risque de flambée des prix à l'approche du Ramadan    Transport aérien : un record de 36,4 millions de passagers en 2025    Rapport de la Cour des comptes 2024-2025 : l'AMO à un tournant critique    Des chiffres solides reflètent la résilience du secteur culturel en Chine en 2025    Boualem Sansal à l'Académie française : un message sans équivoque    Sécurité avant tout : le Danemark officialise l'expulsion des étrangers condamnés    USA : Kevin Warsh nommé par Trump à la tête de la FED    Trump a demandé à Poutine d'arrêter les frappes sur Kiev "jusqu'au 1er février"    Automobile: Toyota conserve sa couronne de premier constructeur mondial en 2025    Sous pression financière, l'OMS lutte pour maintenir ses priorités    Sahara marocain : l'UE évoque l'autonomie comme solution réaliste    CAN 2028 : l'Afrique du Sud envisage une candidature avec le Mozambique et le Lesotho    La sélection marocaine de voile défend ses couleurs au championnat arabe 2026    Ligue des champions : le tirage des barrages dévoile des affiches explosives    Transferts internationaux: un record de 86.158 joueurs concernés en 2025, selon la FIFA    Intempéries: Sur Hautes Instructions Royales, les FAR déploient des unités d'intervention appuyées de matériels, d'équipements et d'engins nécessaires au transport des populations touchées et à leur hébergement    Presse et politique : l'ANME trace une ligne rouge face aux dérives populistes    Inondations : Le Comité de veille active l'aide d'urgence pour les sinistrés    Sous les Hautes Instructions Royales... Mobilisation maximale de la Commission nationale de veille pour faire face aux inondations et protéger les citoyens sinistrés    Averses, fortes pluies et rafales de vent, vendredi et samedi, dans plusieurs provinces    Sidi Kacem : Les équipes d'urgence et les autorités locales interviennent pour faire face aux inondations de l'oued Sebou    Tanger: Une enquête vise 24 personnes, dont des policiers et des douaniers    Voici les hauteurs de pluies enregistrées ces dernières 24H    À Casablanca, Afric'Artech 2026 inaugure l'ère de la création numérique africaine    Semaines du film européen : L'Europe s'affiche en haut de l'affiche    Film : «Valeur sentimentale», le Grand Prix du cœur et du silence    Akhannouch reçoit les présidents du Parlement français    CAN 2025 : le verdict disciplinaire et les sanctions de la CAF au cœur de la polémique au Maroc    CAN Maroc 2025. plus de 6 milliards de vues sur les réseaux sociaux    CAF sous pression : des sanctions symboliques pour masquer le malaise    Crise alimentaire en Afrique de l'Ouest et au Sahel : la FAO alerte    Réhabilitation du site de Sijilmassa : Jet Contractors décroche un marché de 156 MDH    CASA WE ART 2025 : clôture en apothéose de la 2ème édition    Amazighe : un dictionnaire de 7.900 termes pour l'administration    Eclosion, ou l'art d'explorer l'indomptable    Témoin de mariage : une comédie contemporaine sur l'amitié, le couple et les non-dits    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Chronique du Dr Lahna : Petits arrangements entre amis
Publié dans Yabiladi le 28 - 03 - 2019

Ce système décousu qui incite le jeune spécialiste à travailler le moins contribue, qu'il le sache ou pas, à la dégradation de ses compétences acquises avec parcimonie et difficultés durant sa formation.
Quand j'étais jeune, un film britannique d'humour noir comme savent le faire les Anglais avait fait date et s'appelait «Petits meurtres entre amis». C'est l'histoire d'amis qui concoctent des meurtres pour s'amuser et pensent que ce n'est pas si grave que cela. J'emprunte le titre pour parler de la façon de travailler de certains médecins de santé publique et mêmes d'infirmiers dans un pays que vous devinerez.
Ces médecins affectés dans des villes périphériques ou des grandes villes s'arrangent pour travailler le moins de temps possible afin d'assurer le service minimum au vu et au su de tout le monde, y compris de leur administration et des autorités du pays, au grand désespoir du patient qui doit attendre des rendez-vous à rallonge ou des dates opératoires qui n'arrivent jamais.
Ici, je ne vais pas entrer dans les défaillances des dirigeants qui nomment des pneumologues sans service, des ORL sans instruments et des ophtalmos sans lampe à fente. Bref ! Des professionnels que l'Etat a formés pendant de longues années, dont le contribuable a payé la formation et que le jeune brillant bachelier devenu médecin a passé sa jeunesse à apprendre et à essayer d'apprendre son métier. Ceci est un sujet autrement épineux et représente certainement le nœud du problème.
Je vais parler de ce que j'ai observé dans les services hospitaliers et que j'ai décrit de temps à autre entre les lignes dans mes textes. Chose qui a incité un certain nombre de ces professionnels de la non présence à chercher par tous les moyens de m'interdire l'accès aux hôpitaux publics pour aider les malades démunis. La technique de ceux qui sentent que leurs avantages usurpés sont menacés est radicale.
Cette façon de fonctionner est la porte grande ouverte aux passe-droits et de la corruption
Je parle des médecins affectés dans des villes lointaines qui se sont arrogés le droit de ne travailler qu'en part time 15 jours par mois, une semaine par mois, parfois une semaine sur cinq voir ne pas venir du tout ou que de temps en temps. Ces professionnels brandissent tous des causes variables et qui pourraient même être valables, mais elles ne sont ni légales ni déontologiques et encore moins humaines. Parce que ce comportement nuit gravement au service rendu au patient. De l'autre côté, il faut reconnaître qu'affecter des médecins sans moyens de travailler, c'est tuer en eux toute volonté potentielle de développement et de rendre service. Le serpent se mord la queue et s'il y a quelqu'un à blâme en premier, c'est bien l'administration du ministère de la Santé qui crée ce déséquilibre et par conséquent cette offre de soins boiteuse qui finit par décourager les médecins et occasionner des décès évitables chez les patients.
Dans les grandes villes, l'arrangement se fait différemment puisque les médecins y habitent, on s'habitue à travailler un jour ou deux par semaine, selon le nombre de médecins affectés. Ce qui déteint sur l'ambiance dans les services, les infirmiers livrés à eux-mêmes baissant également la cadence et la discipline au grand désarroi du patient.
Il va sans dire que cette façon de fonctionner est la porte grande ouverte aux passe-droits et de la corruption au sein des établissements publics ainsi qu'au développement d'un marché de déviation de malades vers le système privé. Des familles pauvres qui doivent se saigner, commettre des crimes ou mendier pour régler des soins dont ils avaient le plein droit dans un système qui coûte des millions de dirhams à l'Etat et au contribuable.
Ce système décousu qui incite le jeune spécialiste à travailler le moins contribue, qu'il le sache ou pas, à la dégradation de ses compétences acquises avec parcimonie et difficultés durant sa formation. Une incompétence nuisible aux médecins et à ses patients. Dans mon domaine de l'obstétrique, ce sont des femmes enceintes et leurs nouveau-nés qui meurent tous les jours à cause de cela. Et c'est comme cela que les petits arrangements entre amis deviennent de petits meurtres entre amis. Des meurtres presque invisibles et surtout non punis à cause de la dilution des responsabilités.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.