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Bientôt du botox halal ?
Publié dans Yabiladi le 08 - 03 - 2012

Décidément, le halal aurait déjà été consommé à toutes les sauces ! Après les cantines françaises, l'industrie des viandes et celle de la charcuterie, on est arrivé, aujourd'hui, à se poser une question sur la halalisation… du botox !
La polémique ne se pose pas (encore), mais les interrogations fusent de toutes parts dès que la question de la halalisation du botox est posée. Que ce soit sur des forums de discussion sur la toile, ou dans la vie quotidienne, de plus en plus de femmes, en quête de grâce, veulent savoir si l'appel de cette chirurgie toute particulière serait halal. Que le souci soit relatif aux matières injectées ou à la pratique elle-même, tous les avis seraient bons pour accuser le botulinum toxin (toxine botulique) de porter préjudice à la piété des musulmanes.
En effet, grâce au matraquage médiatique, de plus en plus de Maghrébines semblent avoir emboité le pas à leurs sœurs panarabes d'Egypte et du Liban.
Pour le chirurgien El Hassane Tazi, la chirurgie esthétique n'a rien de «contre-naturel» lorsqu'elle ne change pas complètement les traits de la cliente. «Les interventions chirurgicales par botox n'en font pas exception. Tout dépend du résultat escompté par la cliente», voit-il.
L'acide hyaluronique incriminé…
Selon les mots de la dermatologue Fatima Zohra El Wady, les injections à base d'acide hyaluronique servent à augmenter le volume des joues mais aussi à «remplir» les rides. Cet acide qui fait désormais partie du vocabulaire quotidien de toutes les ladies qui se respectent, contient une espèce de protéine végétale. Selon les connaisseurs il s'agit d'une «protéine de base du cartilage et du liquide synovial, le liquide articulaire qui permet la lubrification des articulations». Autrement dit, seuls les protéines animalières à base de viandes non-égorgées selon les rites islamiques rendent «haram» un produit de beauté, une crème ou les injections tant controversées.
Un jurisconsulte en parle…
Du point de vue islamique, en plus de la non-composition des injections de protéines (ou autres compléments nutritifs) à base de viandes prohibées, les savants en chariâa s'accordent aussi à mettre à l'index les dégâts indésirables de la pratique dite esthétique. «Il faudra absolument savoir si telle ou telle injection ne risque pas d'abîmer la peau ou de générer des effets non-souhaitables». Cet avis et du jurisconsulte Saïd Kamali, responsable cultuel à la mosquée Badr de Rabat. De plus, il n'en demeure pas moins que l'interdiction de base, à savoir de vouloir changer l'apparence de la personne, reste indiscutable pour beaucoup de Oulémas. «Seule la chirurgie réparatrice est tolérée par l'Islam, ainsi que quelques interventions esthétiques dont le but n'est pas «l'enjolivement» de l'apparence» continue le savant musulman.


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