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Bouteflika : Une imposture algérienne (44)
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 20 - 12 - 2004

Directeur du quotidien algérien «Le Matin», Mohamed Benchicou a publié à la veille des présidentielles algériennes un livre pamphlet, «Bouteflika : une imposture algérienne», qui retrace la carrière politique et militaire du président Abdelaziz Bouteflika. Le livre, qui a fait l'effet d'une bombe, a valu à son auteur deux ans de prison ferme.
Le fils et le père ne vivaient que rarement ensemble. Ahmed Bouteflika, natif de Tlemcen qu'il quittera très jeune pour Oujda, entretenait en effet un double foyer, étant marié à deux femmes, Belkaïd Rabia et Ghezlaoui Mansouriah. Lorsque Abdelaziz vint au monde le 2 mars 1937,
son père avait déjà une fille de son autre épouse, Belkaïd Rabia qui lui donnera trois enfants au total : Fatima en 1934, Yamina en 1938 et Aïcha en 1941. De ses trois demi-sœurs, Abdelaziz ne parle jamais. La seule fratrie qu'il privilégie est celle que sa mère, Ghezlaoui Mansouriah, a mise au monde : Abdelghani en 1940, Mustapha en 1953, Latifa en 1955, Abderahim en 1956 et Saïd le 1er janvier 1958, tous nés à Oujda.
Abdelaziz était le fils aîné de sa mère mais le second enfant de son père.
Il a grandi avec un père partagé entre deux foyers, peu disponible et qui ne prenait sans doute pas le temps d'établir avec son fils des liens normaux qui auraient épanoui l'enfant et l'aidé à construire une personnalité achevée et apaisée. Dans l'arrogance et les velléités dominatrices qu'affiche le jeune frère du président, Saïd Bouteflika, véritable Raspoutine du Chef de l'Etat à la présidence de la République, il y a certainement la part importante du désir d'affirmation qui a dû toujours habiter l'enfant refoulé, toujours effacé et brusquement doté du pouvoir de nuire. Bouteflika est en revanche très proche de sa mère Ghezlaoui Mansouriah, dont il est le fils aîné. Il lui voue, selon les témoignages concordants, une révérence qui le distingue de tous ses autres frères. Quand ces derniers l'appellent El Hadja, Abdelaziz est le seul à la désigner par le vénérable vocable de El Oualida (la parente) qui suggère autant une forme de matriarcat qu'une adoration poussée à l'excès.
Le fils-président se sent toujours redevable d'égards les plus extrêmes envers la mère. Bien qu'une superbe villa, bien de l'Etat, lui soit attribuée depuis les années 1970, Bouteflika la loge dans l'imposante demeure présidentielle qu'occupait auparavant Zeroual.
« Je me souviens de sa formule légendaire pour nous expliquer, à Medeghri et à moi, l'aversion qu'il nourrissait envers un individu : “Il n'a jamais rien fait pour moi ni pour ma mère.” C'est très significatif », raconte Chérif Belkacem.
Tous ceux qui l'ont côtoyé attestent que Bouteflika prend systématiquement l'avis de sa mère avant de s'engager dans les grandes décisions. C'est ce qu'il avoue avoir fait en 1989 à la veille de réintégrer le Comité central du FLN, c'est ce qu'il fera en 1994 quand les généraux lui proposeront d'être le président de la République : « Je vais d'abord consulter ma mère…»
Cette adoration pour la mère est-elle à l'origine du curieux célibat d'Abdelaziz Bouteflika ? Ses proches en sont convaincus.
« Il présentait à sa maman toutes ses relations féminines, absolument toutes, et elles ne duraient jamais », se souvient son ami et confident Abdelkader Dehbi, qui entendit un jour sortir de la bouche du fils cette terrible complainte : «Ma mère m'a cassé !» Devant un autre de ses amis, il fondit en larmes, un jour de 1987: «Je veux me marier, avoir des enfants, mais ma mère est un obstacle. » Bouteflika ira jusqu'à dissimuler son mariage. Bouteflika se maria un vendredi d'août 1990 dans un appartement de la rue Duc-des-Cars, à Alger. Il épousa Amal Triki, fille du diplomate Yahia Triki, alors premier conseiller à l'ambassade d'Algérie au Caire.
L'acte de mariage a été établi ce jour-là par un agent de la mairie de Sidi M'hamed dépêché spécialement à l'appartement de la rue Duc-des-Cars.
L'acte, dûment rédigé et enregistré, comporte, comme l'exige le règlement, la signature de deux témoins : le beau-frère de Bouteflika et son ami de l'époque Abdelkader Dehbi. «J'étais l'un des rares invités à ce mariage, atteste ce dernier, témoin à la Fatiha et à la validation de l'acte où mon nom figure en bas du document.
Mais pour l'opinion publique, Abdelaziz Bouteflika est resté célibataire… Il a tout fait pour cacher cet étrange mariage, pourtant bien réel, et auquel j'ai bel et bien assisté… » Bouteflika n'organisera évidemment pas de cérémonie pour célébrer une alliance promise au secret. Il s'arrangera cependant pour recevoir 800 invités au Club des Pins lors d'une grandiose fête organisée un mois plus tard à l'occasion du mariage de… son frère Mustapha. « Il y a eu deux mariages en un, raconte Dehbi. Tout-Alger était convié à la noce.
C'était en fait la cérémonie d'Abdelaziz. Celle dont il a été spolié. C'était Abdelaziz qui invitait, c'était Abdelaziz qui recevait… Le mariage de Mustapha a couvert le mariage d'Abdelaziz. Avec l'accord de la maman.»
Pourquoi Bouteflika a-t-il donc estimé nécessaire de cacher cette union tout à fait légale ? « Un peu parce que l'épouse est de 32 ans sa cadette, beaucoup pour rester fidèle à une certaine relation mère-fils », pense Dehbi. Amal Triki devenue Mme Bouteflika se fondra dans la nature. Elle vit à Paris où on la dit appointée par l'ambassade d'Algérie. Elle n'est jamais apparue aux côtés de son mari et ne figure pas officiellement dans son entourage. Dépourvu de confiance en lui-même, Bouteflika ne consulte pas que sa mère à la veille de grandes décisions. Il s'en remet volontiers aussi aux voyants et aux marabouts de tous acabits qu'il fréquentera assidûment durant tout son mandat. « Nous savons qu'il a fait la tournée des chouafate en 1989 et 1994 », affirme le général Benyellès. « Il est très porté sur le gri-gri, atteste un de ses proches qui a eu à l'entendre souvent évoquer la question dans les années 1980 et 1990. C'est de son enfance au Maroc qu'il tient cela, dans le milieu où il évoluait.
Une fois ministre, le penchant s'est renforcé au contact de Moulay Ahmed El Alaoui, qui était ministre de Hassan II et qu'il a bien connu entre 1968 et 1969…
El Alaoui était un adepte des marabouts et Bouteflika en a appris les usages, les rites et surtout la façon d'utiliser la voyance au service du pouvoir.» Sophie Baudet, dite Zakia, originaire de Boufarik, tient un cabinet à Paris, dans le VIIIe arrondissement. Elle est l'une des voyantes attitrées du président algérien.
Sophie Baudet vient régulièrement à Alger donner son avis de voyante avertie au chef de l'Etat quand approchent des épreuves politiques cruciales.
Bouteflika l'a notamment consultée sur la position à prendre envers le FLN de Benflis et a tenu à prendre son avis avant de rendre visite aux sinistrés de Boumerdès qu'il savait remontés contre le pouvoir. La dame n'avait pas vu les cailloux dans sa boule de cristal!
« Un jour de 1995 qu'on était à Ghardaïa, il m'a dérouté en demandant qu'on lui ramène un marabout local célèbre, du nom d'Oueni, se rappelle Dehbi. Il l'a reçu devant moi et formulé une exigence déconcertante : “Ecris-moi un harz qui fasse plier ma bien-aimée. Je veux qu'elle rampe devant moi !”
Le voyant était étonné d'entendre un ancien ministre formuler un vœu d'adolescent ! » Son manque de confiance qui lui fait prendre ses allures de prophète et verser dans le bavardage, le président algérien le doit aussi au complexe de l'autodidacte. Bouteflika n'a pas terminé ses études secondaires, et de n'avoir
jamais eu son bac ni entamé d'études universitaires lui est resté une frustration vivace qu'il s'est ingénié à vouloir constamment étouffer sous des dehors d'érudit aux bavardages déroutants.
Sa dernière année d'études, Abdelaziz Bouteflika l'a faite, sans la terminer, en classe de terminale en 1956 au lycée Abdelmoumène d'Oujda.


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