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Festival de Casablanca : la guerre de succession
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 27 - 12 - 2006

Le futur président du Festival de Casablanca doit-il être nécessairement un artiste ? C'est la question qui oppose le Conseil de la ville aux syndicats d'artistes.
Qui succèdera à Miryem Bensalah Chaqroun à la tête du Festival de Casablanca ? La guerre de succession est désormais lancée. Après l'annonce de deux candidatures issues du monde du sport, en l'occurrence celle de Nawal El Moutawakil (ex-championne olympique) et Ahmed Ammor (ancien président du Raja), la Coalition marocaine pour la culture et les arts est montée au créneau pour contester ce choix.
Dans un communiqué, dont copie est parvenue à «ALM», le bureau exécutif de la Coalition présidée par Hassan Nafali a exprimé son «étonnement» de voir ces deux noms proposés pour assurer la présidence du Festival. Après avoir rappelé le brillant exploit de Nawal El Moutawakil lors des Jeux olympiques de Los Angeles en 1984 et le fait qu'Ahmed Ammor ait été président de l'un des grands clubs de football, le Raja, le bureau exécutif de la Coalition considère que «la gestion d'un festival doit être plutôt confiée à des professionnels de l'art et de la culture» qu'à des responsables du secteur sportif. Pour le président du Conseil de la ville de Casablanca, Mohamed Sajid, néanmoins, «il n'est pas nécessaire d'être un artiste pour diriger un festival». Le maire de Casablanca en veut pour preuve que Miryem Bensaleh Chaqroun, femme d'affaires réputée ait «très bien géré le Festival de Casablanca». Autre preuve que M. Sajid a ajoutée : «Il y a des festivals dirigés par des artistes qui n'ont pas été couronnés de succès». «Erreur», rétorque Hassan Nafali, président de la Coalition marocaine pour la culture et les arts. «Nous avons des artistes qui ont été derrière le succès de grandes manifestations artistiques et culturelles telles que les Festivals des musiques sacrées du monde, Mawazines, Asilah, Musiques du désert, Timitar, Al Aïta, Chants et danses méditerranéens (Volubilis)…».
Par contre, nous n'avons jamais vu un sportif gérer un festival et à plus forte raison un festival digne d'une grande ville comme Casablanca», note M. Nafali, en annoncant par la même occasion l'intention de la Coalition de «prendre toutes les mesures légitimes et nécessaires pour faire aboutir ses revendications».
En effet, après avoir rendu public son communiqué de protestation, la Coalition envisage d'organiser plusieurs sit-in devant le Conseil de la ville de Casablanca pour protester contre «la politique de marginalisation, voire d'exclusion, dont fait l'objet l'artiste marocain quand il s'agit d'assumer des responsabilités comme la direction des festivals». «Depuis la création du Festival de Casablanca, nous avons privilégié la voie du dialogue, préférant traiter avec les responsables de manière civilisée ; seulement voilà, les décisions successives prises par les responsables nous ont montré qu'ils préfèrent la fuite en avant et verrouillent toute possibilité de dialogue», peut-on lire dans le communiqué de la Coalition marocaine pour la culture et les arts. Un nouvel épisode dans le feuilleton des polémiques suscitées par le festival de Casablanca vient de s'engager. En attendant de nouveaux rebondissements, c'est celui-ci qui sera le grand perdant. Casablanca n'a sans doute pas mérité un tel sort.


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