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Quand le temps s'arrête à El Jadida
Publié dans Eljadida 24 le 04 - 08 - 2013

Le temps ? C'est la minute, l'heure, le jour, la semaine, le mois, la saison, la vie. Bref ! C'est une vie qui passe. La mienne, la vôtre, la leur qui courent sans pouvoir rebrousser chemin.
Cependant, il apparaît que la notion, l'usage et même la conception du temps ne sont plus considérées à El Jadida car dans cette ville, hélas, la gestion de ce précieux capital n'est plus perçue à notre époque tel un révélateur du degré de développement de la Deauville marocaine. Etrange phénomène à El Jadida.

Le temps est laissé au temps. On oblige le temps à s'arrêter. On veut transformer El Jadida paradoxalement en cité-dortoir. Jadis, quand on respectait vraiment le temps, le Big Ben d'El Jadida (l'horloge de l'ex-cercle d'El Jadida), celle de la poste principale et le cadran solaire de la mosquée Belhamdounia donnaient l'heure avec une exactitude inouïe, hiver comme été.
Mais depuis quelques années, les cadrans du Big Ben d'El Jadida, et même l'horloge de l'hôtel de ville, ne daignent plus bouger étant donné que ces magnifiques machines du temps ont été abandonnées à leur propre sort.
Ces horloges, valant leur pesant d'or, sont délaissées avec une indifférence qui révèle le degré du respect accordé à la notion du temps et du souci de l'entretien qui préoccupe les responsables de la ville. Pourtant, elles ne demandent qu'une banale intervention pour recommencer à respirer au grand bonheur de tous. N'y ont-elles pas droit ?
Nous n'oublierons jamais ce touriste d'outre-mer qui s'est fait un grand plaisir de filmer l'horloge de la municipalité tout en lançant à sa compagne d'un ton ironique : «C'est le fameux temps marocain ! En plus, ceci prouve que les élus ne respectent guère les habitants de la ville puisqu'ils ne soucient guère de la notion du temps». Que répondre face à une telle allégation ? Rien, car au fond de nous-mêmes, cette manie de qualifier nos rendez-vous de «rendez-vous marocains » existe dans nos mœurs et coutumes à cause, justement, de l'irrespect dû à ce facteur-clé et vital. Pire encore, chez nous, la perte de temps est constatée partout même au sein des administrations publiques et semi-publiques.
Allez voir du côté de notre (respectable) municipalité ; les interminables palabres animées par nos élus, leurs dissensions et leurs chamailles pour des futilités sous prétexte qu'ils n'approuvent pas la mauvaise gestion de la municipalité. Quant au président du conseil municipal, il pense plutôt à ses propres affaires que du sort de la ville. Mais en réalité, chacun de nos « vaillants élus » y trouve son compte et pendant ce temps gaspillé, c'est toute la ville qui en pâtit. Alors, le temps n'est-il en or que pour l'intérêt personnel ? Ces derniers jours, nos «vaillants» conseillers sont presque sur le ring pour exhiber leurs muscles les uns contre les autres tandis que l'achèvement des travaux de plusieurs chantiers s'éternise et que les délais s'étirent à faire mourir de rage ou de pollution ; comme c'est le cas du fameux centre commercial d'El Kalaâ, devenu un véritable marécage et attendant certainement « le maçon de Godot » pour son parachèvement. Il en est de même pour la réhabilitation de la cité portugaise, le marché Bir Brahim, le marché de gros et l'abattoir. Ainsi, les élus continueront-ils à répéter la fameuse réplique : «On va faire », mais en réalité, on ne verra la réalisation de ces chantiers que d'ici au moins un siècle.
L'autre paire de manches, on la constate lors des files interminables que forment les citoyens devant les services de la trésorerie générale, des banques, des dispensaires, des services de distribution d'eau et d'électricité et de la poste principale.
Enfin, partout. Et lorsqu'un citoyen ose placer une remarque, c'est un « ceux qui se sont pressés, sont déjà morts» qu'il reçoit comme réplique d'un ton ironique. Pis encore, le centre hospitalier provincial, construit en 1917, est dans la déchéance totale. Et même s'il a atteint un seuil alarmant et effrayant, le malade ou le blessé doit attendre dans l'agonie qu'on veuille le consulter, surtout aux urgences. Cela au cas où il réussit à entrer sinon il rendra son âme à Dieu petit à petit devant la porte de l'hôpital, dans l'indifférence totale des hommes et des femmes de la santé publique.
D'où vient donc le mal ? C'est simple, on laisse le temps au temps pour faire oublier toutes les bévues et gaffes.
On préfère se vautrer dans une oisiveté bizarroïde pour faire régner le spectre de l'oubli afin de s'emplir goulûment les poches au frais du pauvre citoyen. En somme, la nouvelle vision de notre Auguste Souverain obligera incessamment ces malintentionnés à accorder toute l'importance nécessaire au temps.
Ils sauront très vite que le nouveau Maroc n'est fier que de ceux qui respectent la notion du temps car demain le temps sera le maître de celui qui n'en aura pas. En attendant, espérons que les charmantes horloges d'El Jadida reprennent leurs activités ardemment souhaitées.
Alors, les décideurs de la Deauville marocaine comprendront-ils que le temps est un glaive qu'il faut casser par le sérieux au risque de se tuer petit à petit ?


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