Abdelilah Benkirane n'a pas manqué l'occasion offerte par le Grand Oral de SciencesPo Alumni pour dresser le bilan de son quinquennat à la tête de l'exécutif. Pour le leader du Parti de la Justice et du Développement, ces cinq années étaient les plus difficiles de sa vie. Et pour cause, lorsque Abdelihah Benkirane a pris les rênes du gouvernement en 2011, plusieurs chantiers urgents étaient sur la table. Et ceci au moment où le Maroc était marqué par des tensions syndicales et sociales, notamment avec le mouvement du 20 février. « A l'époque, j'ai exprimé mon souhait d'écouter leurs revendications. Mais, au fur et à mesure, le mouvement s'est tassé et la tension est tombée » a affirmé le secrétaire général du PJD. Arrivé à la primature, le chef du gouvernement a identifié les trois dossiers urgents selon lui. Premièrement, rétablir les équilibres macro-économiques en allégeant la pression sur le budget de l'état. « A ce moment, on était au bord de l'asphyxie et on avait besoin de liquidités pour renflouer les caisses de l'état », a indiqué Abdelilah Benkirane. Deuxièmement, il fallait se pencher sur les maux de l'entreprise marocaine dont certaines devaient beaucoup d'argent à l'Etat. « On a fait des efforts pour améliorer le climat des affaires au Maroc. Résultat, nous avons gagné 20 points dans le classement « Doing Business » (rapport de la Banque Mondiale sur la compétitivité de l'économie ndlr) » a-t-il précisé. Et troisièmement, le chef de l'exécutif s'est focalisé sur les chantiers sociaux, notamment la réforme des caisses de compensation et de la retraite, les allocations aux veuves, les bourses d'études... Malgré ces « défis », Abdellilah Benkirane a rappelé qu'il était prêt à perpétuer son mandat « si les électeurs le souhaitent ».