Au premier trimestre 2026, la destination Agadir, qui englobe les hôtels classés de la ville éponyme, Taghazout et Imi Ouaddar, maintient son rythme de croisière. Elle enregistre ainsi une hausse de 6,95% des arrivées et 8,39% des nuitées, portée par la vigueur des marchés anglais, français et polonais, en plus des flux nationaux. Pour sa part, le mois de mars marque un tournant décisif, avec un bond des flux de 20,46%, favorisé par la reprise post-Ramadan et l'effet des vacances scolaires. Cette performance s'appuie sur une forte reprise du tourisme interne et une attractivité internationale consolidée. L'activité touristique au sein de la destination Agadir, qui englobe les hôtels classés de la ville éponyme, Taghazout et Imi Ouaddar, maintient son rythme de croisière durant les trois premiers mois de l'année. C'est ce qui ressort de la dernière analyse de la conjoncture touristique, au titre du mois de mars 2026, émanant du Conseil régional du tourisme (CRT) d'Agadir Souss-Massa. Celle-ci affiche une progression globale tant en termes d'arrivées que de nuitées. Au T1-2026, les établissements hôteliers classés ont enregistré un total de 337.469 arrivées, contre 315.530 durant la même période en 2025, soit une augmentation de 6,95%. En termes de nuitées, la croissance est encore plus marquée avec un volume de 1.465.909 nuitées, représentant une hausse de 8,39% (avec plus de 113.456 nuitées supplémentaires). Cette dynamique positive reflète une attractivité renforcée de la destination. Cette performance trimestrielle s'explique en grande partie par une reprise de la fréquentation, après Aïd Al-Fitr et les vacances scolaires. Ce sursaut d'activité a permis de résorber le manque à gagner traditionnellement observé durant l'effet saisonnier du Ramadan. Le décalage du calendrier, l'anticipation des congés et l'effet des vacances dans les marchés émetteurs ont stimulé la demande, transformant une période de transition en un levier de croissance. Autant d'éléments qui ont ainsi permis de compenser les flux plus modérés du début de trimestre et de maintenir une courbe ascendante pour l'ensemble du secteur. Les piliers traditionnels maintiennent leur leadership L'analyse des marchés émetteurs sur le cumul des trois mois révèle que les piliers traditionnels de la destination maintiennent leur leadership. Le marché anglais se positionne en tête avec 88.449 arrivées (+2,97%), suivi de près par le marché français qui enregistre 67.442 arrivées (+5,55%). Toutefois, la croissance la plus notable provient de marchés émergents ou en plein redéploiement, notamment la Pologne (+27.562 arrivées). Quant au marché national, il demeure une composante essentielle de l'activité, même si son évolution trimestrielle a été plutôt stable. Avec 63.863 arrivées entre janvier et mars 2026, il enregistre une progression de 1,07% par rapport à l'année précédente. À noter cependant que si les arrivées nationales augmentent, le volume des nuitées associées a connu une légère érosion, de 1,36%, due à la concurrence du résidentiel locatif sur les plateformes de réservation. Ce segment, bien que résilient, semble avoir adopté un comportement de séjour plus court sur le cumul du trimestre, avant le rebond massif observé spécifiquement au cours du mois de mars. Mars 2026 : une reprise plus forte de la fréquentation Par ailleurs, le troisième mois de l'année marque une reprise plus forte de fréquentation avec une accélération nette des indicateurs. Durant ce mois, les arrivées ont bondi de 20,46%, passant de 98.751 en 2025 à 118.960 en 2026. Cette accélération est nettement supérieure à la moyenne du trimestre (+6,95%), confirmant l'effet de rattrapage et l'attractivité saisonnière. Les nuitées ont suivi cette tendance avec une progression de 18,79%, atteignant 525.560 unités contre 442.435 l'année précédente, soit un gain réel de 83.125 nuitées en seulement trente jours. En mars, le marché intérieur a joué également le rôle de moteur principal du rebond. Les arrivées de touristes nationaux ont littéralement augmenté, avec une hausse de 19.422 arrivées en mars, contre 10.441 en mars 2025, tandis que leurs nuitées ont progressé de 24.574 à 44.156 par rapport aux mêmes périodes précitées. Parallèlement, le marché international a également performé, soutenu par la dynamique continue du marché anglais (+12,23% d'arrivées en mars) et le maintien de la forte croissance polonaise. Cette convergence des flux nationaux et internationaux a permis d'optimiser le remplissage des structures d'hébergement. Une concentration de la performance dans le segment du luxe Sur le plan de l'infrastructure, l'analyse par catégorie d'établissements souligne une concentration de la performance dans le segment du luxe et du haut de gamme. Les hôtels 5 étoiles affichent un taux d'occupation de 73,95% en mars 2026, contre 59,07% l'année précédente. Les hôtels 4 étoiles suivent de près avec 73,24%. Sur le cumul trimestriel, la catégorie 5 étoiles enregistre une variation de 20,66 points de son taux d'occupation, passant de 55,83% à 67,37%. Cette préférence des voyageurs pour les catégories supérieures indique une montée en gamme de la consommation touristique dans la région. Pour la durée moyenne de séjour (DMS), elle reste stable, s'établissant à 4,34 jours sur le trimestre contre 4,29 jours en 2025. Malgré une légère baisse de la DMS spécifique au mois de mars (4,42 jours contre 4,48 jours), l'augmentation massive des volumes d'arrivées a largement compensé cette variation. La conjoncture à fin mars 2026 dessine ainsi un bilan positif, où la réactivité du marché national et la vigueur de certains marchés européens ont permis de transformer les défis en une évolution des indicateurs au sein de la destination. Yassine Saber / Les Inspirations ECO