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Santé: Travailler dans le public n'est plus motivant
Publié dans Hespress le 04 - 02 - 2020

Le secteur public au Royaume n'est plus attrayant comme il l'était il y a quelques décennies. Pour ce qui est du secteur de la santé, les jeunes nouveaux médecins refusent de passer le concours de recrutement annuel d'accès à la fonction publique, estimant qu'aujourd'hui, travailler dans le public n'est plus motivant, et l'Etat ne fait rien pour améliorer les choses.
Il est très important à ce stade de souligner qu'aujourd'hui, les hôpitaux du public souffrent d'une sérieuse pénurie, avec seulement 12.000 médecins, dont bon nombre d'entre eux ont déposé leur démission, toujours en stand-by au niveau de la tutelle. Un effectif qui ne suffit pas à couvrir les besoins des citoyens sur l'ensemble du territoire national.
De ce fait, la question qui se pose est de savoir pourquoi les nouveaux médecins refusent de passer le concours annuel de recrutement pour intégrer le secteur public ? Selon plusieurs témoignages d'étudiants en médecine qui se sont confiés à Hespress Fr « ce qu'offre actuellement le secteur public, et compte tenu de leur longue et pénible formation qui dure 8 ans pour un médecin généraliste et plus pour la spécialité, ne mérite pas de prendre le détour ».
En effet, selon une jeune étudiante en 7e année médecine générale à Casablanca, « la formation d'un médecin généraliste dure 8 ans. Et l'Etat lui propose un salaire de 7.000 dirhams. Le même qu'un licencié ou un titulaire d'un master en marketing ».
« Je ne dénigre aucun métier ni aucune formation, mais j'estime que les années qu'on consacre à nos études, qui ne sont pas faciles, et l'exigence de notre profession, puisqu'il s'agit de la santé, voire la vie, des citoyens, une révision de la grille des salaires s'impose aujourd'hui, surtout avec le niveau de vie qui augmente de jour en jour », relève cette jeune étudiante.
Pour un autre étudiant qui prépare sa thèse, 8e année médecine générale, ses parents ont beaucoup sacrifié pour ses études en médecine. « Je viens d'une famille modeste. On n'est ni riche ni pauvre. Mes parents ont investi beaucoup d'argent pour mes études. Ce que nous propose le secteur public, comme salaire déjà, ne me permettra ni de vivre convenablement ni de leur rendre un tout petit peu de ce qu'ils ont dépensé pour moi. Je préfère donc travailler dans le privé, sans que j'aie à me casser la tête avec le manque d'équipements et de médicaments, et en plus subir la colère des gens », fait-il valoir.
S'agissant des médecins dentistes, c'est une toute autre histoire. Pour ces derniers, il n'y a pas où travailler dans le secteur public, puisque les Centres hospitaliers universitaires (CHU), où il y a des fauteuils, ne peuvent pas accueillir l'ensemble des lauréats. Un argument largement suffisant, qui les pousse directement après l'obtention de leur diplôme à ouvrir leur propre cabinet. Par manque de moyens financiers et d'aide étatique, la plupart démarrent leur carrière avec des crédits qui les empêchent de se lancer correctement dans le domaine, selon le témoignage de plusieurs nouveaux dentistes.
Pour Dr Said Afif, président du Collège syndical national des médecins spécialistes privés (CSNMSP), « passer 9 ans d'études entre formation et thèse, pour un salaire de 7.000 dirhams. C'est une honte! ».
« C'est pour cela qu'il est impératif que l'Etat réfléchisse sérieusement au salaire qu'il propose aujourd'hui aux nouveaux médecins, et les moyens de les attirer vers le public », déclare-t-il au micro d'Hespress FR .
Interrogé sur les avantages qui pourraient motiver les futurs médecins, qui font bien sûr partie d'une nouvelle génération et d'une nouvelle ère, Dr. Afif donne plusieurs exemples, relatifs notamment à l'exercice de la médecine dans des régions lointaines.
Selon lui, les régions doivent également contribuer pour motiver les médecins et les inciter à venir exercer chez eux. Comment ? « Par exemple, si un médecin est affecté dans une région X, celle-ci doit également participer aux côtés de l'Etat et de la tutelle à travers, à titre d'exemple, la mise à disposition d'un logement convenable au médecin, comme c'est le cas eu Europe », argumente notre interlocuteur.
Pour Dr. Afif, « les jeunes médecins ne refusent pas d'aller travailler dans les zones lointaines ou enclavées, comme le font croire plusieurs parties. Ils savent à l'avance que, compte tenu de la profession qu'ils ont choisie, ils seront amenés à exercer n'importe où au Royaume, notamment dans ces zones-là », toutefois, poursuit-il, « ils demandent le minimum requis comme n'importe quel citoyen marocain, à savoir un logement et des équipements pour prodiguer les soins nécessaires aux citoyens. En absence de tout cela, comment l'Etat souhaite-t-il que ces médecins exercent leur devoir correctement et apportent l'aide nécessaire aux citoyens, et comment veut-il les séduire en l'absence de ces conditions qui relèvent du strict minimum ».
Les médecins réclament également un roulement, pour que certains ne soient pas oubliés dans des confins perdus, et pour que ce passage par les zones rurales constitue un bonne expérience dans leur parcours.
Dr Afif revient en outre sur un autre aspect du problème. A cet égard, il ne manque pas de souligner que dans les deux secteurs, public et privé, il est des points positifs et négatifs. Il avance dans ce sens que le secteur privé n'est pas tout rose non plus. Les médecins du privé n'ont pas droit à la retraite ni à une assurance maladie contrairement à leurs confrères du public, dénonce-t-il.
Les médecins du privé sont disposés à travailler main dans la main avec le gouvernement pour remédier au manque ressenti dans le public, où le nombre de médecins risque de passer de 12.000 à 7.000 à l'horizon 2030, selon le ministère de la Santé, « il faut juste trouver un accord conjoint qui répond aux attentes des deux parties».


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