Le programme d'alphabétisation dans les mosquées a permis à près de 5 millions de citoyennes et citoyens de s'affranchir du joug de l'analphabétisme depuis son lancement en 2000, contribuant ainsi à hauteur de 25 % aux efforts nationaux dans ce domaine, a indiqué la cheffe de la Division de lutte contre l'analphabétisme dans les mosquées au ministère des Habous et des Affaires Islamiques, Fouzia Benabbad. A travers cette initiative, le ministère entend apporter sa contribution aux efforts nationaux déployés pour éradiquer l'analphabétisme et ramener son taux à 13 % pour la tranche d'âge de 17 ans et plus à l'horizon 2032, permettant progressivement aux apprenants de bénéficier des services andragogiques (éducation des adultes), en passant de l'acquisition des compétences de base (niveau 1) à la maîtrise des méthodes et des aptitudes d'apprentissage autonome et d'apprentissage tout au long de la vie (niveau 2), a souligné Fouzia Benabbad. Au fil de ses 25 années, le programme a proposé une offre adaptée à la catégorie ciblée selon des objectifs clairs, suscitant un engouement croissant des bénéficiaires, signe d'un succès manifeste confirmé par les données statistiques, a-t-elle relevé dans une interview accordée à la MAP à l'occasion de la journée nationale de lutte contre l'analphabétisme (13 octobre), placée sous le thème "Alphabétisation: développement et progrès". Dispensé dans différents espaces d'apprentissage, dont les mosquées, les établissements pénitentiaires, les centres de rééducation pour mineurs, ainsi que par le biais des plateformes audiovisuelles à travers la chaîne "Assadissa", le programme a contribué à réduire le taux d'analphabétisme au Maroc de plus de 29 % en 2024, a-t-elle fait observer. Elle a également rappelé que depuis son lancement en 2014, le programme d'apprentissage à distance, via la télévision et Internet, a permis aux bénéficiaires de poursuivre leur apprentissage pendant la pandémie de la Covid-19, tout en élargissant sa base d'audience, y compris parmi les Marocains résidant à l'étranger (MRE). Concernant le nombre d'inscrits au titre de l'année scolaire 2024-2025, a-t-elle poursuivi, il a atteint environ 240.000 bénéficiaires, dont 3.400 au sein des établissements pénitentiaires, avec 90 % des femmes, tandis que le taux de réussite du programme a dépassé 92 %. Pour réaliser ces exploits, ce chantier éducatif national a dû surmonter plusieurs défis, a signalé Mme Benabbad, évoquant notamment le peu d'engouement chez la population masculine pour les programmes d'alphabétisation, le caractère dispersé des populations dans certains endroits, outre la difficulté de constituer des groupes pédagogiquement homogènes dans certaines zones reculées marquées par la précarité. S'y ajoute le défi lié à la nécessité de capitaliser sur les meilleures pratiques pour éviter le chevauchement des efforts entre les partenaires. La responsable a, par ailleurs, mis en avant les retombées concrètes du programme en matière de transformation des conditions psychologiques, socio-économiques et sociétales des bénéficiaires. Plusieurs acquis ont ainsi été accumulés, tels que l'amélioration de l'autonomie personnelle, le renforcement de l'apprentissage continu, ainsi que la promotion des compétences de vie, de la créativité, de l'innovation et de la capacité à défier le handicap. Animé par la volonté d'accroitre l'efficience des projets initiés par le programme d'alphabétisation dans les mosquées, le ministère œuvre à améliorer son référentiel en ingénierie de la formation et à accompagner l'évolution des sciences de l'éducation, en développant les compétences du capital humain, notamment à travers des sessions de formation pour près de 10.000 cadres éducatifs, dont des coordinateurs, des conseillers pédagogiques et des encadrants.