Selon le quotidien L'Economiste, un projet de data center vert de 500 MW prévu à Dakhla pourrait transformer la région en pôle numérique majeur, porté par un mix énergétique entièrement renouvelable et une ambition africaine rarement atteinte sur le continent. Dès l'annonce, l'ampleur du site a suscité l'attention: une infrastructure capable, à elle seule, d'égaler la capacité cumulée de nombreux data centers africains, dans un paysage continental encore sous-équipé. Le choix de Dakhla n'est pas fortuit. La ville, exposée aux vents constants et à un ensoleillement exceptionnel, offre un terrain favorable pour bâtir une plateforme énergétique capable d'alimenter un campus hyperscale sans recourir aux réseaux traditionnels. Cette autonomie énergétique place le projet dans la continuité des engagements marocains en matière de transition et de souveraineté numérique. Sur le terrain, la dynamique dépasse la seule dimension technique. Une coordination étroite avec les acteurs locaux a donné naissance à l'Institut Al Jazari, futur laboratoire de formation et de recherche appliquée dans l'intelligence artificielle et les systèmes énergétiques. La région s'équipe ainsi d'un écosystème complet, pensé pour accompagner les besoins croissants en calcul, en stockage et en innovation, dans un moment où l'IA devient centrale dans la compétitivité économique mondiale. Le projet s'inscrit également dans la vision atlantique du Maroc, qui voit dans ses infrastructures stratégiques un levier d'intégration régionale. Le data center de Dakhla pourrait ainsi servir de plateforme de calcul pour plusieurs pays africains dépourvus de capacités souveraines, à l'image des modèles de "data embassy" adoptés ailleurs. En permettant l'hébergement sécurisé de données et la mise à disposition de capacités de calcul, le site deviendrait un point de passage essentiel des flux numériques ouest-africains. Parallèlement, Rabat avance sur le cadre juridique nécessaire pour sécuriser ces évolutions. Une architecture réglementaire baptisée Digital Value X.0 a été conçue pour encadrer les usages de l'intelligence artificielle, de l'open data et de la cybersécurité. Le texte, actuellement entre les mains du Secrétariat général du gouvernement, doit accompagner les investissements à venir tout en créant une base fiable pour les échanges numériques. Dans un continent où les data centers restent rares et de taille modeste, l'arrivée d'un campus de 500 MW marque un changement de dimension. Les projections à 2030 annoncent une multiplication des besoins, entre généralisation du cloud, transition numérique des administrations et essor des applications d'IA. Dakhla pourrait bien devenir, grâce à cette infrastructure inédite, l'un des points d'équilibre qui redéfiniront durablement la géographie numérique africaine.