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Vous avez dit R & D au Maroc…
Publié dans La Gazette du Maroc le 28 - 07 - 2003


Réflexion
L'innovation qui découle de la R & D est à la base des avancées économiques spectaculaires des pays très développés (Etats-Unis et Japon en particulier). Dans ce sens, l'instauration et la promotion d'une politique de R & D au Maroc est une excellente initiative; un exemple éloquent réside en les progrès importants réalisés par Managem. Cependant, afin d'asseoir la politique de R & D au Maroc, il faudrait reconfiguer ses deux piliers; en l'occurrence l'entreprise et l'université, en les structurant et en les mettant en adéquation avec une politique de décentralisation efficace.
La recherche et le développement, usuellement signifiés par le sigle R & D, est un sujet qui connaît un gain d'intérêt considérable au Maroc et c'est une chose extrêmement positive. Si l'innovation et le gain qui en découlent pour l'entreprise ne sont pas mis en doute, et compte tenu que l'on n'est qu'à l'étape des balbutiements, il convient de rectifier un certain nombre de points afin d'asseoir cette culture au Maroc.
En effet, avant de commencer à parler des méthodes du Brainstorming, des essais-erreurs, des plans d'expérience et/ou de la méthode TRIZ, un minimum de pragmatisme impose la mise en place d'une politique structurelle à court, moyen et long termes où tous les acteurs académiques et industriels travaillent de concert avec l'Etat, afin de pérenniser la mentalité R & D. Il ne s'agit pas de manquer de patience quand l'effort de R & D ne porte pas ses fruits, mais de persévérer et d'écourter les délais entre la découverte d'une technique, d'un produit ou autres, l'étape des essais-pilotes et la mise sur le marché. En fait, en R & D, comme dans tout autre secteur d'activité au Maroc et dans le monde, une fois que des structures solides et saines existent, tout coule de source. C'est cette alchimie alliant compétence, honnêteté, vision à long terme et persévérance dans l'effort qui ne doit en aucun cas faire défaut.
La R & D se pratique au Maroc depuis des siècles : une pâtisserie qui essaie de développer de nouvelles recettes plus agréables au goût, un artisan qui développe de nouveaux modèles de babouches plus adaptées aux pieds pratiquent la R & D. L'esprit est donc le même que l'industrie de pointe qui essaie de développer une navette spatiale.
La différence est un simple facteur d'échelle et la formalisation du concept. Au Maroc, vu la conjoncture économique mondiale, avec en point de mire le libre-échange, il convient d'asseoir la conceptualisation de la R&D marocaine et c'est afin de contribuer à ce dessein que cet article est proposé. Les acteurs actifs qui sous-tendent la R & D sont l'université et l'entreprise. De leurs santés financières et intellectuelles et de leurs mentalités va dépendre la qualité de l'innovation produite. De ce fait, l'étape en amont de la prolifération d'une R&D significative au Maroc est la mise en place d'un champ de développement favorable. Cependant, force est de constater qu'au Maroc, les problèmes sont fortement imbriqués. Des choix stratégiques ont été opérés et se sont révélés fallacieux, puisque pris sans concertation des différents départements et à des finalités de politiques politiciennes. Afin d'illustrer ceci, nous allons analyser les deux berceaux de la R & D, en l'occurrence l'université et l'entreprise marocaines.
L'université
La mise en place pérenne d'une politique R & D repose sur l'existence concomitante : (I) d'une volonté nationale forte et continue d'avancer, (II) des hommes qualifiés, (III) des moyens financiers appréciables, (IV) d'une adéquation des thèmes développés avec le tissu régional d'abord et national ensuite, voire international et (V) la concertation politique entre les différents départements dans une optique intégrée d'aménagement du territoire. Si l'un des maillons de cette chaîne est grippé, toutes les batteries de mesures que l'Etat est en train de prendre en ce moment feront l'effet du mercurochrome sur la jambe de bois. La bonne articulation entre les maillons précités nous renvoie à la politique de décentralisation et de régionalisation qui a été très mal appliquée et ceci peut être traité qualitativement à partir de deux exemples :
1.Les moyens très faibles mis à la disposition de la recherche qui imposent plutôt un recentrage des moyens tant L'innovation qui découle de la R & D est à la base des avancées économiques spectaculaires des pays très développés (Etats-Unis et Japon en particulier). Dans ce sens, l'instauration et la promotion d'une politique de R & D au Maroc est une excellente initiative; un exemple éloquent réside en les progrès importants réalisés par Managem. Cependant, afin d'asseoir la politique de R & D au Maroc, il faudrait reconfiguer ses deux piliers; en l'occurrence l'entreprise et l'université, en les structurant et en les mettant en adéquation avec une politique de décentralisation efficace. La recherche et le développement, usuellement signifiés par le sigle R & D, est un sujet qui connaît un gain d'intérêt considérable au Maroc et c'est une chose extrêmement positive. Si l'innovation et le gain qui en découlent pour l'entreprise ne sont pas mis en doute, et compte tenu que l'on n'est qu'à l'étape des balbutiements, il convient de rectifier un certain nombre de points afin d'asseoir cette culture au Maroc. En effet, avant de commencer à parler des méthodes du Brainstorming, des essais-erreurs, des plans d'expérience et/ou de la méthode TRIZ, un minimum de pragmatisme impose la mise en place d'une politique structurelle à court, moyen et long termes où tous les acteurs académiques et industriels travaillent de concert avec l'Etat, afin de pérenniser la mentalité R & D. Il ne s'agit pas de manquer de patience quand l'effort de R & D ne porte pas ses fruits, mais de persévérer et d'écourter les délais entre la découverte d'une technique, d'un produit ou autres, l'étape des essais-pilotes et la mise sur le marché. En fait, en R & D, comme dans tout autre secteur d'activité au Maroc et dans le monde, une fois que des structures solides et saines existent, tout coule de source. C'est cette alchimie alliant compétence, honnêteté, vision à long terme et persévérance dans l'effort qui ne doit en aucun cas faire défaut.
La R & D se pratique au Maroc depuis des siècles : une pâtisserie qui essaie de développer de nouvelles recettes plus agréables au goût, un artisan qui développe de nouveaux modèles de babouches plus adaptées aux pieds pratiquent la R & D. L'esprit est donc le même que l'industrie de pointe qui essaie de développer une navette spatiale.
La différence est un simple facteur d'échelle et la formalisation du concept. Au Maroc, vu la conjoncture économique mondiale, avec en point de mire le libre-échange, il convient d'asseoir la conceptualisation de la R&D marocaine et c'est afin de contribuer à ce dessein que cet article est proposé. Les acteurs actifs qui sous-tendent la R & D sont l'université et l'entreprise. De leurs santés financières et intellectuelles et de leurs mentalités va dépendre la qualité de l'innovation produite. De ce fait, l'étape en amont de la prolifération d'une R&D significative au Maroc est la mise en place d'un champ de développement favorable. Cependant, force est de constater qu'au Maroc, les problèmes sont fortement imbriqués. Des choix stratégiques ont été opérés et se sont révélés fallacieux, puisque pris sans concertation des différents départements et à des finalités de politiques politiciennes. Afin d'illustrer ceci, nous allons analyser les deux berceaux de la R & D, en l'occurrence l'université et l'entreprise marocaines.
L'université
La mise en place pérenne d'une politique R & D repose sur l'existence concomitante : (I) d'une volonté nationale forte et continue d'avancer, (II) des hommes qualifiés, (III) des moyens financiers appréciables, (IV) d'une adéquation des thèmes développés avec le tissu régional d'abord et national ensuite, voire international et (V) la concertation politique entre les différents départements dans une optique intégrée d'aménagement du territoire. Si l'un des maillons de cette chaîne est grippé, toutes les batteries de mesures que l'Etat est en train de prendre en ce moment feront l'effet du mercurochrome sur la jambe de bois. La bonne articulation entre les maillons précités nous renvoie à la politique de décentralisation et de régionalisation qui a été très mal appliquée et ceci peut être traité qualitativement à partir de deux exemples :
1.Les moyens très faibles mis à la disposition de la recherche qui imposent plutôt un recentrage des moyens tant humains que financiers, que leur éparpillement (ce qui est le cas aujourd'hui).
Une métropole comme Casablanca (comme toutes les grandes villes universitaires marocaines) doit normalement être équipée d'un centre de recherche dans lequel des équipes élargies travaillent dans le cadre d'une politique globale prédéfinie, sur des thématiques porteuses, avec tous les moyens d'investigations des deux campus centralisés au même endroit. Ce centre doit en outre posséder une cellule de transfert de technologie, une revue mensuelle qui informe sur les avancées en recherche et une démarche “commerciale” vers les entreprises afin de “vendre” les avancées technologiques du centre. C'est dans des gros laboratoires de cette envergure que se font les plus grosses avancées technologiques dans les pays développés (National Institue of Standards and Technology et Oak Ridge National Laboratory, Etats-Unis, Riken et Spring-8 au Japon, l'institut Max-Planck en Allemagne, l'ESRF en France, etc). La mise en place des mesures citées ci-dessus servirait à mobiliser et valoriser les compétences en place, car tout transfert de technologie produirait une satisfaction morale et financière. Persévérer dans le mode actuel, avec des équipes qui travaillent avec des moyens dispersés, sans coordination, pour la plupart du temps “sous-traitant” la recherche à des équipes étrangères, est générateur de frustration, de morosité, de démotivation et de canalisation de l'énergie intellectuelle du personnel chercheur vers des luttes intestines, de natures politiciennes.
Les potentialités intellectuelles sont très mal rentabilisées au Maroc et c'est un énorme gaspillage !
2.L'inadéquation flagrante entre les spécialités dispensées au sein des universités avec les potentialités régionales. Le choix de la décentralisation et de la régionalisation, tel que pratiqué au Maroc ne doit pas être calqué sur le modèle français Il faudrait plutôt s'inspirer de ce modèle et l'adapter au contexte marocain. N'oublions pas que la France, en tant que troisième puissance mondiale, régionalise en distribuant des richesses et qu'en suivant aveuglément son modèle, l'on aurait tendance plutôt à distribuer de la pauvreté. Le Maroc possède des richesses et des spécificités régionales abondantes. Une chose très importante devrait être assimilée par les décideurs : décentraliser un enseignement supérieur ne signifie pas obligatoirement la mise en place d'une université ; une école d'ingénieurs et/ou un institut de valorisation du tissu régional peut être une avancée très significative et facilement amortissable. L'implantation d'un pôle universitaire dans une région donnée doit être édictée par des considérations de rentabilité à tous les niveaux et très rapidement, afin d'éviter de gaspiller les deniers publics. Au lieu donc d'implanter une université où des spécialités à caractère général sont dispensés, il serait plus judicieux de monter des universités thématiques où la spécificité régionale est intégrée horizontalement et verticalement. Par exemple, dans la région du Gharb, le thème phare étant la culture issue de l'irrigation, une université montée à Kénitra devrait comprendre une école d'agronomie (spécialisée dans les techniques d'irrigation et les cultures qui en découlent), une école de gestion (spécialisée dans le management agricole), ainsi qu'un pôle de mise en valeur des compétences, qui dispenserait des formations du type Masters, passerelles entre le monde technologique et académique. Un exemple similaire pourrait être entrepris à Ifrane autour du tourisme de montagne ou bien à Agadir autour de la pêche, etc. L'émergence d'universités ainsi structurées fournirait la plate-forme idéale d'éclosion d'une R & D conséquente et pérenne. Le contre-exemple à ceci peut être analysé juste en jetant un coup d'œil dans un rayon de 100 km autour de Casablanca : à Settat, capitale de la Chaouia, grenier monumental du Maroc, des spécialités telles que l'informatique, l'électronique industrielle, le marketing et le droit sont dispensées ; et curieusement aucune formation spécifique à la culture de cette région n'a vu le jour.
Ne serait-il pas plus utile de recentrer une FST généraliste en un institut agro-vétérinaire ? Sachant que les laboratoires de recherches, en l'occurrence les champs et les fermes y abondent. Un deuxième contre-exemple flagrant réside dans la localisation géographique des universités au sein du pays. Dans certaines régions, il faut parcourir des centaines de kilomètres avant de trouver une université. C'est le cas de Ouarzazate et Zagora, où le tourisme est florissant et où des richesses minières existent. Ne faudrait-il pas, afin de stimuler le tissu local et de valoriser les compétences et richesses régionales, implanter un centre R & D minier, localisé dans une école des mines tournée vers cette spécialité ? Managem prospecte dans ces régions et peut-être qu'un partenariat avec l'Etat pourrait déboucher sur le montage d'une structure de cet acabit. L'entreprise Les superpuissances ont beau clamer haut et fort que la mondialisation signifie plus de libertés de circuler, d'entreprendre (pour eux…), il n'en demeure pas moins que pour les pays en voie de développement comme le Maroc, les choses ne sont pas aussi simples. C'est même plutôt l'inverse et il y a fort à parier que l'avenir est annonciateur de difficultés majeures. Il est donc important que l'on soit conscient de nos forces et de nos faiblesses, avant d'entamer des choix stratégiques. L'époque des erreurs de cette nature nous a déjà coûté assez cher. Le Maroc dispose de phosphates, mais soyons conscients que nous ne pouvons pas disposer de complexes chimiques d'envergure, car ils pourraient aussi servir à fabriquer des armes de destruction massive prohibées et les superpuissances y opposent leur veto. Le Maroc souhaite mettre en place une industrie nucléaire à usage civil, mais le problème est identique au précédent. Le Maroc souhaite mettre en place une industrie pharmaceutique lourde, mais les avancées significatives de ce domaine se font ailleurs, dans les pays très développés. De plus, le Maroc se situe à proximité de l'Europe et ceci constitue un avantage (proximité des sources d'innovations technologiques) et un inconvénient (l'implantation d'une industrie mécanique lourde, par exemple, n'est pas une bonne affaire, sachant que le prix de revient des produits n'est pas compétitif : faibles flux de production locale et ouverture du marché à la concurrence mondiale). Que reste-t-il au Maroc, sinon les industries de transformations et surtout sa richesse humaine ?
Un effort de recherche et de développement coûte cher, mais c'est un moteur de créativité avec à terme des retombées significatives sur l'entreprise. Cependant, la mentalité de l'entreprise marocaine nourrit une aversion importante pour l'impatience et c'est un paramètre de poids à gérer si on veut instituer et pérenniser la mentalité R & D.
Si on exclut les grosses entreprises marocaines qui arrivent à financer leurs propres R & D, et que l'on se focalise sur les PME/PMI, la meilleure façon d'avancer serait le regroupement des moyens financiers et humains dans des centres R & D, propres à chaque secteur d'activité.
Ce qui freine le développement de tels centres, a priori, est la prudence des acteurs qui y voient le danger de prolifération de leurs secrets.
Cependant, au Japon, des gros centres de R & D au profit des entreprises sont intégralement équipés par le ministère japonais du Commerce extérieur et de l'Industrie (MITI) afin de fournir une aide précieuse aux sociétés (en particulier les PME/PMI) ; en l'occurrence les National Industrial Research Institues de Nagoya, de Kyushu, de Hokkaido, pour ne citer que les plus fameux. L'effort d'innovation consenti rapporte des bénéfices qui rejaillissent sur le pays, et la boucle est bouclée. Dans cet ordre d'idées, la fédération des industries textiles semble être la mieux lotie, puisqu'elle possède déjà une école d'ingénieurs de la spécialité. Nonobstant, ceci n'est pas suffisant. Y a-t-il des activités de R & D développées dans cette école ? Existe-t-il des structures de protection de la propriété industrielle qui étarquent la législation en vigueur, à même de rassurer les entreprises qui pourraient y développer leurs projets ? Autant de questions à méditer, sachant que dans l'industrie textile, nous vivons une période propice, sachant que les pays de l'Asie du Sud-Est, dont la Chine, connaissent des défections croissantes des industriels occidentaux à cause de la pneumonie atypique et des pays, dont le Maroc, pourraient être des sites d'implantations futures. La R & D dans le cas des industries de transformations, repose bien sûr sur la compétence des hommes, mais aussi et surtout sur un effort d'imagination. Il faut dans ce cas, développer des produits adaptés au marché national, tenant compte de sa spécificité, du pouvoir d'achat des populations et de l'évolution des mentalités. Dans cet ordre d'idées, et compte tenu de la relation directe entre la R & D et la culture locale, tout effort d'imagination et d'innovation sera très bien rétribué et ne sera pas ou peu soumis à la concurrence internationale du fait que les acteurs de ce type de R & D seront pour la plupart des nationaux. Un exemple qui devrait se développer au Maroc concerne l'industrie plasturgique pour sa facilité de mise en œuvre, sa flexibilité et son adaptabilité à tous les secteurs d'activités (industries automobiles, biomatériaux, aéronautique, génie civil, etc...).
La R & D peut aussi s'exporter avantageusement si l'on se donne les moyens de prospecter et de bien “commercialiser” les richesses humaines du Maroc à l'étranger. Ceci pourrait être l'apanage du Centre national de Promotion des exportations (CNPE). En amont, il faudrait mettre en place une politique de formation plus entreprenante par l'amélioration continue des différents cycles de formation, par l'implication des entreprises dans la création d'universités et d'écoles d'ingénieurs privées et par la diversification des formations où les entreprises par secteurs d'activités imposeraient des modules d'enseignement où une carence existe au niveau du Maroc.
Une fois des ingénieurs et chercheurs de toutes spécialités confondues très bien formés, des entreprises de R & D privées, marocaines, tournées vers l'international pourraient facilement voir le jour, dans des spécialités où un besoin monstrueux existe (génie, informatique, informatique industrielle, modélisation numérique, technologie des composants électroniques, etc.).
Un exemple flagrant pour montrer qu'un taux de natalité élevé n'est pas une tare quand on sait en tirer profit en le valorisant réside en Inde. Ce pays constitue la base arrière de nombreuses entreprises informatiques de calibre mondial qui viennent y développer leurs logiciels (Microsoft en fait partie !). Ceci génère des rentrées d'argent considérables à l'Inde et lui a permis de financer pas mal d'institutions académiques ainsi que des conférences mondiales de la spécialité qui s'y tiennent chaque année. Une voie à méditer…


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