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Province d'El Jadida : Des projets encore bloqués à cause de tracasseries administratives
Publié dans La Gazette du Maroc le 10 - 04 - 2006

Si l'heure est à la promotion de l'investissement dans toutes les régions du royaume, tel ne semble pas être le cas à El Jadida, à en croire Laurent Guinard. Ici, les projets de création d'entreprises ou de promotion de la région sont nettement stoppés par la difficulté liée à l'obtention d'une autorisation pour des raisons inavouées.
"Pour réaliser un projet, il faut offrir 2 à 3 briques, sinon c'est difficile d'arriver. Personnellement, je n'ai jamais donné une enveloppe à quelqu'un d'important, ce qui ne signifie pas que je ne l'ai
pas fait avec les petits employés des administrations pour qu'on ne bloque pas mes affaires », dixit Laurent Guinard, gérant de la société « Fer Bois Terre Nature Maroc S.a.r.l. Et d'ajouter : « Moi qui connais bien le Maroc, cela ne me choque pas. Par contre, les investisseurs étrangers qui viennent ont peur de cette situation ». Tout est dit ou presque sur le degré de corruption qui gangrène la province d'El Jadida et sa région. C'est une situation d'autant loufoque que dans le secteur de l'immobilier, par exemple, il arrive que certains vendeurs demandent 40 à 50 % de commission au noir dans le cadre d'une vente. Si pareilles pratiques existent aussi en France ou en Espagne, elles ne dépassent guère 10 à 15 %. Cela fait peur aux investisseurs puisque souvent ce sont des sociétés ou des personnes physiques qui veulent investir dans le cadre officiel et qui n'ont pas besoin de ce genre de situation. Si Laurent Guinard a eu le courage de dénoncer ce climat d'affaires délétère, c'est qu'il fallait que quelqu'un le fasse un jour ou l'autre. Lui qui se définit comme un Doukkali a eu maille à partir avec les autorités locales pour aménager un trottoir en espace urbain culturel et touristique. Ce projet, il le réalise en partenariat avec l'Association des agents immobiliers d'El Jadida. Le site choisi fait partie d'un espace urbain touristique qui concentre presque la totalité des touristes étrangers. Ce trottoir large et spacieux de plus de 2300 mètres carrés qui présente l'avantage d'être aménagé comme une place. Sa longueur dépasse 145 m et sa largeur est comprise entre 15 et 24 mètres. L'idée centrale du projet est de faire
du site un lieu d'accueil polarisateur d'animations. « Notre objectif est de faire connaître davantage les potentialités touristiques dont regorge la province afin de faire séjourner les touristes beaucoup plus longtemps qu'auparavant », avancent les promoteurs du site.
Et pourtant, en dépit du caractère séduisant de cette idée pour la ville d'El Jadida, les promoteurs attendent toujours les autorisations nécessaires des autorités locales pour lancer les travaux. « Le partenariat minimum dont on a besoin c'est l'occupation du domaine public pour pouvoir imposer une bâtisse.
On ne demande pas de financement, il viendra du privé », poursuivent les promoteurs. Après avoir mis en disponibilité un apport personnel de 300.000 DH, Laurent Guinard est aujourd'hui en contact avancé avec les étrangers et les Marocains qui ont adopté la ville pour chercher le reste du fonds nécessaire. Quant au monde industriel installé dans cette province, il est, dit-on, très intéressé par la concrétisation de ce projet parce qu'il y va aussi de son image et de sa crédibilité.
Les entrepreneurs déchantent
«L'unique projet connu aujourd'hui de la province d'El Jadida est celui de l'aménagement et du développement de la future station balnéaire de Mazagan du plan Azur. Tous les autres n'existent pas ou sont morts-nés ». Ce constat amer est de Laurent Guinard. El Jadida qui ne manque pourtant pas d'atouts naturels et touristiques souffre d'un cruel manque d'investissements.
Et pour cause, la plupart des entrepreneurs qui veulent s'y installer déchantent rapidement : décrocher une autorisation pour créer une entreprise ou monter une affaire si ce n'est pas tout simplement impossible, relève ici d'un parcours du combattant.
Sont particulièrement désignées, les lourdeurs administratives, la corruption mais aussi l'absence pure et simple d'un plan de développement touristique. “Ce qui se passe sur place n'encourage pas à retenir les investisseurs. Plusieurs d'entre eux notamment étrangers dans des domaines divers allant de la restauration au tourisme en passant par la réparation des bateaux se plaignent de ne pouvoir concrétiser leurs projets dans la province”, ajoute Laurent Guinard. En effet, pleins de services administratifs auxquels un investisseur est contraint de recourir sont offerts difficilement. Cette situation surréaliste qui ne rime pas avec la nouvelle politique des CRI en vue d'encourager les créations d'entreprises et donc d'emplois est tout simplement incompréhensible. Et comme un malheur ne vient jamais seul, la difficulté d'avoir une autorisation est ici couplée à une méconnaissance de la province.
Absence de plan de la ville
«Après avoir reçu les autorisations du ministre du Tourisme et de l'Artisanat ainsi que les félicitations de son homologue des Finances pour mon projet de communiquer sur les potentialités de la région, j'ai failli être stoppé dans mon élan. N'eussent été ma pugnacité et mon dévouement pour cette province, j'allais céder rapidement au découragement et plier bagage », rapporte Laurent Guinard. En effet, pour sortir El Jadida et sa région de la torpeur, Laurent Guinard s'est lancé dans deux projets majeurs : des milliers
de DVD contenant les potentialités de la région et le projet d'édition de 50.000 guides pour vanter la province comme destination touristique et riche en opportunités d'affaires.
Le fait est que pour les supports en question, il faut naturellement des illustrations photographiques. Malheureusement, en dépit de ses
efforts, ce promoteur attend toujours les autorisations de prendre les photos de certains sites. « Pour pouvoir développer une activité, il faut encore connaître au préalable le lieu où on veut implanter une affaire. C'est le sens du guide que je compte lancer. Il s'agira de montrer, preuves à l'appui, qu'il fait bon vivre à El Jadida, qu'il y a une réelle modernité et une volonté de faire changer les choses qui ne fonctionnent pas toujours comme il se doit. », poursuit-il. L'autre objectif de ces supports est d'intéresser ceux qui viennent se divertir à El Jadida pendant une journée ou plus, leur permettre de visiter la cité portugaise, de pratiquer tout un tas de sports et d'autres activités ludiques dont la ville regorge.
Il s'agira aussi d'aider les opérateurs économiques intéressés à investir dans la région, d'avoir une vue juste sur les opportunités que la province est en mesure de leur apporter.
«Il y a beaucoup de choses, à faire ici, mais malheureusement, on ne communique pas beaucoup pour le faire savoir », rapporte pour sa part un entrepreneur qui n'a pas réussi à avoir les autorisations nécessaires pour démarrer son projet.
Ceci dit, l'ambition de Laurent Guinard et d'autres inconditionnels de la province d'El Jadida est de faire sortir des limbes les potentialités de la région. « Nous ne voulons pas développer, comme c'est le cas à Marrakech, un tourisme sexuel, du show-biz ou attirer des pauvres d'Europe qui jouent les riches ici parce qu'ils sont venus à 99 euros aller-retour compris en avion avec demi-pension complète », estime Laurent Guinard. Cette forme de tourisme n'est pas génératrice d'emplois à El Jadida.
De la même manière, il ne s'agit pas non plus de développer un tourisme où les visiteurs viendraient en camping-car et qui laisseraient très peu de devises pour les habitants de la région. L'objectif assigné est d'encourager ceux qui veulent investir ici ou y rester un long moment. Le blocage concerne plusieurs services. On n'arrive pas à déceler ses sources.
Est-il dû à la lourdeur bureaucratique léguée par les Français ou ont-ils ajouté à cette lourdeur des bakchichs qui empêchent le monde des affaires de tourner en rond ici ?


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