Camps de Tindouf ‹ › L'administration Trump est «la première qui déploie un effort réel et louable pour rapprocher les points de vues et organiser des rounds de négociations directes entre les deux parties, conformément aux résolutions des Nations unies». Ces propos ont été tenus par Mohamed Yeslemb Beissat, le «ministre des Affaires étrangères» du Polisario, lors d'une déclaration à la chaîne officielle algérienne Al24 News, depuis les camps de Tindouf. Il a également qualifié l'initiative américaine d'«évolution importante» dans le processus de règlement de la question du Sahara. Beissat a oublié que tous les pourparlers sont l'œuvre des précédentes administrations américaines, comme à Manhasset en 2007 et 2008 ou des Tables rondes de Genève en décembre 2018 et mars 2019. De son côté, Brahim Ghali a salué, avec prudence, «les efforts actuels menés, dans le contexte de la résolution 2797 (adoptée le 31 octobre, ndlr), par les Nations unies et les Etats-Unis d'Amérique pour parvenir à une solution juste, définitive et mutuellement acceptable». Ce positionnement tranche avec les critiques exprimées précédemment par le Polisario. Le mouvement avait vivement condamné «certains passages» de la dernière résolution de l'instance exécutive de l'ONU, rédigée exclusivement par les Etats-Unis. «Cela représente une déviation dangereuse et sans précédent (...). Ces éléments violent également le statut international du Sahara occidental (...) et entravent les efforts du Secrétaire général de l'ONU et de son Envoyé personnel», avait-il déclaré dans un communiqué daté du 31 octobre. Le Polisario avait alors affirmé qu'il «ne participera à aucun processus politique ni à aucune négociation fondée sur des "propositions"» qui ne tendent pas vers le principe de «l'autodétermination». Les discussions autour du Sahara, initiées par les Etats-Unis en février, portent essentiellement sur le plan marocain d'autonomie pour la région, récemment détaillé par Rabat. Aux Etats-Unis, la pression sur le Polisario est montée d'un cran. En témoignent les adhésions de députés et sénateurs aux deux propositions de loi visant à classer le Polisario comme une entité terroriste au même titre que ses alliés chiites, le Hezbollah libanais et les Gardiens de la révolution en Iran.