À la fin des années 1990, Ouafaa Mhadi a quitté le Maroc en aspirant à un avenir meilleur. Son parcours s'est rapidement enrichi de diverses expériences, entre éducation, travail, entrepreneuriat et engagement social. Ouafaa Mhadi ‹ › Jamais Ouafaa Mhadi ne se serait doutée que son voyage hors du Maroc, à la fin des années 1990, poserait les jalons d'un parcours riche en expériences et en évolutions, alliant formation académique, entrepreneuriat, travail social et diplomatie culturelle. Ouafaa, originaire de Casablanca, a quitté le Maroc en 1997, deux ans après son baccalauréat. Avant cela, elle a travaillé à la commune de Moulay Rachid, dans la capitale économique. Sa première destination étrangère a été les Pays-Bas. Elle s'est ensuite installée en France, où résidait sa mère, avant de retourner aux Pays-Bas pour plusieurs années. En 2006, elle a décidé de s'installer en Angleterre, où sa stabilité lui a permis une véritable évolution de carrière. Elle a confié à Yabiladi qu'au Royaume-Uni, elle a affronté son premier grand défi qu'est la barrière linguiste. Elle l'explique : «J'ai commencé par apprendre la langue pendant environ six mois, car la maîtriser est essentiel pour entrer à l'université.» Par la suite, elle a suivi un cursus de trois ans dans le design d'intérieur à l'Ecole des Beaux-Arts de Londres, une spécialité qui l'a passionnée dès le départ. Après son diplôme, elle s'est lancée dans son domaine d'expertise. Cependant, les exigences de la vie familiale l'ont obligée à réorganiser ses priorités. Elle dit : «Pour mes enfants, je ne pouvais plus continuer dans mon domaine, car le travail nécessitait de voyager et de travailler le week-end.» Face à cette réalité, elle a décidé de se tourner vers une activité plus flexible. Ainsi, la traduction lui a permis de concilier vies professionnelle et familiale. Ouafaa Mhadi a travaillé comme traductrice dans les tribunaux, les hôpitaux et avec des associations de la société civile, accumulant une expérience professionnelle et humanitaire unique. Son rôle est devenu particulièrement important lors de la crise des réfugiés syriens au Royaume-Uni. «J'aidais à trouver un logement, à l'intégration sociale et à l'accès aux services de santé et d'éducation», explique-t-elle. Cette expérience a approfondi son lien avec le travail social, notamment parmi les migrants arabes, qui sont un axe central de son engagement civique. Retour à la première passion Après des années de travail dans la traduction, Ouafaa Mhadi est retournée à sa première passion. En 2019, elle a fondé une entreprise dans le domaine du design d'intérieur, avec un accent particulier sur la promotion de l'artisanat marocain sur le marché britannique. Mais projet est né dans un contexte difficile. «Je me concentrais sur la promotion de l'artisanat traditionnel marocain, à travers des importations du Maroc. Mais mon travail a été fortement affecté par la pandémie et le Brexit. L'activité a cessé et l'entreprise a fermé.» Ouafaa Mhadi Malgré ce revers, l'entrepreneuse a continué à prendre des initiatives. Pendant la pandémie de Covid-19, elle a intensifié son action communautaire. «J'aidais les femmes victimes de violence, en traduisant pour elles et en les orientant vers des associations spécialisées, dans le cadre d'une association que j'ai fondée avec mon mari appelée Darna», dit-elle. À travers la même ONG, elle a accordé une attention particulière à la préservation de la langue et de l'identité culturelle parmi les enfants des communautés arabes. Elle a expliqué : «Nous enseignions l'arabe aux enfants le samedi, et ils étaient de diverses nationalités, comme les Syriens, les Egyptiens et les Marocains. Avec l'arrêt des activités en présentiel à cause de la pandémie, nous sommes passés à l'éducation en ligne.» «De cette expérience est né le projet 'Language's Nest', qui s'est développé en une institution éducative et culturelle multidisciplinaire. Elle offre des services incluant une école en ligne pour enseigner l'anglais aux enfants et aux adultes, des services de traduction certifiée, facilitant les études et les voyages en Grande-Bretagne, et organisant des événements culturels, des festivals d'art et des concerts de musique aux camps culturels et sportifs et visites institutionnelles.» Ouafaa Mhadi Extension au Maroc Les activités de l'institution se sont étendues au Maroc, où elle a signé des accords de partenariat avec des institutions de renom, y compris le Club des magistrats du Maroc et le Groupe OCP, pour organiser des camps d'été et des voyages culturels, en plus d'offrir des cours d'anglais en ligne par des enseignants spécialisés en Grande-Bretagne. Ensuite, Ouafaa Mhadi a décidé d'établir une branche de l'institution au Maroc. Elle a dit : «Nous travaillons sur le développement de projets pour renforcer l'échange culturel entre le Maroc et la Grande-Bretagne, en amenant des étudiants britanniques à découvrir la culture marocaine.» Dans le cadre de l'avancement de sa carrière académique, Ouafaa Mhadi a récemment obtenu un master en entrepreneuriat en Angleterre, ce qui a renforcé son orientation vers le domaine. Elle travaille actuellement sur le lancement du projet Check in Bliss Morocco, qui vise à promouvoir le tourisme et la culture du Maroc, à introduire l'artisanat traditionnel et à attirer des investisseurs britanniques au royaume. Elle a également fondé en Grande-Bretagne la société Mobile Moroccan Spa, qui propose une expérience de soins luxueuse inspirée des rituels traditionnels du hammam marocain, visant à faire connaître ce patrimoine culturel au monde à travers des services de «spa mobile», dans une vision qui allie authenticité et luxe. Ouafaa Mhadi est aussi membre de l'Académie des femmes marocaines à travers le monde, qui regroupe des figures nationales de premier plan résidant dans divers pays et actives dans de multiples domaines, se concentrant sur la défense du Maroc et de ses causes. Elle est également coordinatrice de l'Organisation des femmes de l'Istiqlal en Grande-Bretagne. Ouafaa Mhadi résume son parcours et son expérience en disant : «Ce que nous essayons de faire, c'est de servir notre pays et de créer des ponts entre le Maroc et la Grande-Bretagne.»