Retraité de l'armée depuis 2002, Mahjoub Tobji affirme ne plus percevoir de pension depuis le mois de novembre. Une situation qui serait en rapport avec ses nombreux coups de gueule dirigés vers les hautes sphères de l'Etat. Il est entré en grève de la faim mardi dernier. À 69 ans, Mounjib Tobji, ancien parachutiste des Forces armées royales aujourd'hui à la retraite, n'a pas fini de se battre. S'il a laissé derrière lui les campagnes militaires, il a installé ses quartiers depuis ce mardi sur le Parvis des droits de l'homme de Paris, où il poursuit une grève de la faim entamée ce mardi, et pour une durée indéterminée rapporte le quotidien français Sud-Ouest. Selon Tobji, la suspension intervient après qu'il ait participé fin octobre, à un sit-in devant le château de Mohammed VI à Betz (nord de la France). La manifestation dénonçait entre autres « les injustices et les indignités du régime marocain ». Les manifestants considéraient par ailleurs que le château de Betz était un « bien mal acquis ». Leur sit-in est interdit à l'époque par les autorités françaises pour « trouble à l'ordre public ». Un mois plus tard, l'Etat lui aurait donc coupé les vivres. Le coup de gueule de trop ? Il faut dire que l'ancien parachutiste n'en est pas à un grief près. En 2006, il tire à boulets rouges sur certains hauts gradés de l'armée royale, dans son ouvrage « Les Officiers de sa majesté ». Il s'en prend notamment au général Hosni Benslimane, l'actuel commandant de la Gendarmerie royale. Il l'accuse notamment de transformer le pays en «en dictature militaire». «Je voulais interpeller le roi Mohammed VI, qui se laisse manipuler ! » clame Mounjib Tobji. Son livre tiré à 5000 exemplaires en France avait agité l'opinion publique marocaine, en raison des sujets sensibles évoqués. Il y abore entre autres,la corruption au sein de l'état-major de l'armée, ou encore la guerre du sahara qu'il décrit comme «une farce macabre». Autant de révélations qui l'ont mis en disgrâce aux yeux de ses anciens employeurs.