La diplomatie marocaine a reçu le ralliement de la Suède aux positions officielles de l'Union européenne avec un goût différent de celui de tous les autres pays européens, car certains observateurs voyaient dans le verdict de la Cour européenne une aubaine pour les forces politiques suédoises mobilisées derrière les thèses des séparatistes. Cela a en effet été le cas, mais la surprise, c'est que le gouvernement suédois s'est formellement dressé contre ce courant, plaidant, directement et sans détour, pour un pourvoi en cassation à l'instar des autres 27 pays. Ce revirement est un acquis pour la diplomatie marocaine et un coup de massue pour les lobbyistes pro-Polisario au pays des Vikings; c'est pourquoi il faudrait capitaliser sur cette position pour renouer le contact avec les officiels suédois sans occulter la société civile, ni les partis politiques. N'oublions pas que nos adversaires viennent de perdre une bataille, certes, mais pas la guerre, et ils essaieront, par tous les moyens, de regagner des points. Il y a trois mois, le Maroc avait pesé de tout son poids pour contrecarrer une décision douloureuse, mais ce n'était qu'un épisode. Dans deux mois, le gouvernement suédois devra statuer, d'une manière ferme, sur sa position quant au conflit du Sahara. Nous sommes donc avisés, et la politique de la chaise vide nous a souvent causé des torts. Agissons dans le feu de l'action et pas dans la réaction tant que les ONG pro-séparatistes se sentent perdues, comme cela nous a été rapporté par le bureau des ECO à Stockholm (p30).