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Younès Zrikem, VRP export infatigable
Publié dans Les ECO le 02 - 10 - 2011

Enfin ! Le lobbying marocain a porté ses fruits. Jeudi dernier, le Parlement européen a rejeté la motion proposée au vote visant à soumettre l'accord de pêche entre le Maroc et l'UE à la Cour de justice européenne pour avis sur sa compatibilité avec les traités de l'Union et le droit international. Pour Younès Zrikem, président de l'Association marocaine des exportateurs (ASMEX), ne pas céder et faire jouer les rapports de force est primordial pour faire prévaloir les intérêts du Maroc face à ses partenaires. «Nous (ndlr. officiels, professionnels et parlementaires marocains) avons réussi à faire changer d'avis aux parlementaires. Nous avons travaillé les députés européens au corps, un par un, pour les convaincre», souligne-t-il d'un air satisfait. «Il s'agit là d'un événement important, qui fait figure de précédent et qui aura beaucoup de conséquences positives pour nous», poursuit l'homme aux multiples casquettes.
«L'agriculture, c'est tout sauf un détail»
Le message consiste à dire : l'agriculture marocaine ne doit pas être touchée, et c'est tout sauf un détail pour notre pays, vu le poids économique et social gigantesque qu'elle constitue. Zrikem va même plus loin, en prônant de mettre sur la balance la stabilité des relations sur d'autres volets, qui sont encore en discussion avec notre partenaire européen. L'approche qu'il avance avec conviction et sans hésitation ni complexe, consisterait à faire comprendre que «si l'UE touche à l'agriculture marocaine, un, il y aura une déstabilisation des fondements économiques du pays, deux, nous sommes prêts à mettre la pression sur le gouvernement de manière à ce que si l'accord est rejeté ou retardé, il y ait des répercussions sur d'autres dossiers en suspens avec l'UE».
En évoquant les «autres dossiers», Zrikem pense d'abord à la négociation sur la réadmission des immigrés, qui selon lui, pourrait être légitimement utilisée pour faire pression, vue l'obsession reconnue des Européens sur les questions sécuritaires et identitaires, qui sont d'autant plus exacerbées par la crise profonde qui s'installe. Mais n'est-ce pas dangereux de mettre en avant ces considérations politiques ? «Non !», rétorque-t-il sans hésitation. «Pourquoi pas, dès lors que nous avons en face de nous des gens qui instrumentalisent l'agriculture pour jouer des cartes politiques, qui touchent à notre souveraineté ? Vous croyez que nous allons nous gêner !», persiste-t-il. L'autre dossier susceptible de faire pression porte sur les services, sur lesquels l'UE est demandeuse de négociations pour déboucher sur un accord commercial spécifique à ce secteur. Dans ce registre, selon Zrikem, nous pourrions parfaitement bien refuser tout bonnement de négocier sur le dossier, puisque l'intérêt est principalement en faveur de l'Europe. Par ailleurs, la promotion tient également un rôle important dans l'équation de l'offre exportable. Dans ce sens, «l'Asmex prend part à l'ensemble des actions de promotion», notamment celles menées par Maroc Export, comme la Caravane de l'export.
Mise à niveau et efficacité logistique
Des positions donc bien tranchées pour le président de l'Asmex. Il n'empêche qu'il reste lucide sur le fond du problème des exportations marocaines. Ce n'est en effet pas les termes de ces accords qui permettront de résorber le gouffre du déficit commercial qui ne fait que se creuser, à chaque sortie statistique sur nos échanges extérieurs.
«Le premier problème est celui de la mise à niveau de nos entreprises exportatrices», confirme-t-il. Là, un volet essentiel revient avec insistance sur la table. C'est celui de l'efficacité logistique, qui grève une grande partie de notre potentiel à l'export et met même certains accords de libre- échange au point mort. C'est le cas pour celui signé et ratifié entre le royaume et les Etats-Unis. Effectivement, ce dernier n'est que marginalement exploité par nos exportateurs pour cause d'inexistence de lignes maritimes directes entre le Maroc et le pays de l'oncle Sam. Une vraie aberration ! «Ce volet aurait dû être réglé par les autorités compétentes, bien avant que l'accord ne soit définitivement conclu», déplore Zrikem. Compétitivité intrinsèque des entreprises et déploiement logistique sont donc les premiers obstacles à surmonter, si nous voulons rêver un jour d'une balance commerciale équilibrée. Dans ce sens, concernant la logistique, notre invité estime que «c'est à l'Etat de mettre en place les conditions préalables à la promotion de nos exportations». Sur un autre registre, à quelques semaines de l'achèvement du démantèlement douanier avec l'UE, Zrikem estime que les barrières non tarifaires ne constituent pas un véritable obstacle. En ce sens, la grande distribution, principal donneur d'ordre des exportateurs marocains, «exige elle-même des normes qui sont souvent bien plus sévères que les référentiel communautaires». Il estime même qu'elles ont été bénéfiques pour nos industriels, et leur ont permis de gagner des marchés, notamment face aux Espagnols, qui eux n'y sont pas soumis.
Lire aussi : «Nous avons les moyens d'exercer un lobbying efficace»
«Je ne suis candidat à rien !»
«Pour quelqu'un qui a fait Normal Sup' et Science Po, et qui a été chargé de mission au sein du cabinet Abderrahman El Youssoufià l'âge de 24 ans et durant trois ans, je ne peux pas dire que la politique ne m'intéresse pas. Elle m'intéresse bien plus que certaines personnes qui sont dans la politique», partage Younès Zrikem, non sans fierté. Malgré son «je ne suis candidat à rien», les quelques secondes d'hésitation ou de réflexion qu'il a pris la peine de prendre, en plus de son sourire discret, rendent cette réponse moins catégorique qu'il veut bien le faire croire. Ce serait plus un «je ne suis candidat à rien du tout»... pour l'instant.En attendant, l'homme porte trois casquettes, qui sont pour une fois, contrairementà d'autres cas de figure, ni incohérentes ni conflictuelles. Il est d'abord présidentde l'Asmex. En parallèle, Zrikem est également président de la Commission du commerce extérieur de la Confédération générale des entreprises du Maroc, mais aussi vice-président de l'Association marocaine des producteurset producteurs exportateurs de fruits et légumes (Apefel), à travers laquelle il est très actif, dans le cadre du processus de l'Accord agricole avec l'UE.


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