Le canadien Steadright Critical Minerals Inc renforce sa présence au Maroc en prenant le contrôle majoritaire d'un projet historique de cuivre, plomb et argent. Derrière l'opération, une lecture stratégique d'un sous-sol déjà éprouvé et d'un cadre réglementaire jugé favorable. Dans un contexte mondial marqué par la montée en puissance des métaux stratégiques, le Maroc continue d'attirer des acteurs étrangers de l'exploration minière. Entre potentiel géologique éprouvé et infrastructures existantes, le Royaume s'impose progressivement comme une destination crédible pour les projets à moyen terme. Steadright Critical Minerals a officialisé son entrée au capital d'un permis d'exploration portant sur un projet historique de cuivre, plomb et argent. Le groupe canadien acquiert en effet 75% du permis numéro 3843143, via une opération en actions conclue avec un partenaire marocain et une société canadienne privée à l'origine de l'identification du site. La transaction, approuvée par le conseil d'administration, n'entraîne aucun changement de contrôle au sein de Steadright. Un montage structuré autour d'une entité marocaine L'actif est logé au sein de NSM Capital Sarl, une société de droit marocain contrôlée et gérée localement. Steadright y détient une participation majoritaire formalisée par un pacte d'actionnaires enregistré au Maroc. Ce schéma vise à assurer un pilotage opérationnel sur place, tout en sécurisant les intérêts du groupe canadien. Les titres émis dans le cadre de l'opération sont assortis d'une période d'indisponibilité, conformément aux pratiques du marché. L'ensemble s'inscrit dans une stratégie de croissance ciblée sur des projets pouvant progresser rapidement vers des phases avancées d'exploration. Le permis couvre des formations dolomitiques connues pour leur capacité à héberger des minéralisations polymétalliques. Les travaux récents confirment la présence de veines de cuivre et de plomb, avec des teneurs en argent associées. En surface, l'azurite et la malachite témoignent d'un enrichissement par altération. Certaines zones ont livré des teneurs particulièrement élevées en plomb, dépassant 46%, avec des valeurs en argent autour de 48 grammes par tonne. L'épaisseur des veines varie de quelques dizaines de centimètres à plusieurs mètres, avec des orientations cohérentes à l'échelle du district. Ce cadre géologique s'inscrit dans un modèle déjà observé au Maroc, où plusieurs gisements de cuivre, plomb et argent ont donné lieu à des exploitations industrielles. Accessibilité et environnement opérationnel Le projet bénéficie d'un accès routier existant, limitant les besoins en investissements initiaux. La proximité des services et l'existence d'anciennes exploitations artisanales facilitent également les phases de reconnaissance et de validation sur le terrain. Dans ce contexte, le Maroc apparaît en tant que juridiction perçue comme ouverte aux projets miniers responsables, un positionnement illustré par des opérations en production ou en développement avancé dans le pays, notamment celle de Aya Gold & Silver. Les volumes et teneurs avancés par Steadright relèvent à ce stade de cibles d'exploration conceptuelles. Aucune ressource minérale n'a encore été définie et les hypothèses reposent sur la cartographie, l'échantillonnage et l'historique minier. Les scénarios envisagés vont d'extensions limitées à des développements plus significatifs, sous réserve de résultats probants en forage. La société prévoit une approche progressive, combinant cartographie détaillée, géochimie de surface, géophysique et premiers forages carottés afin de tester la continuité des veines en profondeur. Faiza Rhoul / Les Inspirations ECO