La CAF a rendu son verdict après les incidents ayant émaillé la finale de la CAN. Des sanctions sont tombées, contre le Sénégal, mais aussi contre le Maroc. À la lecture attentive des décisions, une impression domine : le pire a été évité pour le Sénégal. Car cette finale n'a pas seulement été tendue. Elle a donné lieu à des scènes que le président de la FIFA, Gianni Infantino, a lui-même qualifiées d'«inacceptables» : contestations ouvertes, joueurs quittant la pelouse en plein match, défiance affichée envers l'arbitrage, comportements violents de certains supporters sénégalais. La CAF avait alors assuré qu'elle examinerait toutes les images et transmettrait le dossier aux instances compétentes. Beaucoup espéraient un signal fort, afin d'éviter qu'un tel scénario ne fasse jurisprudence sur les terrains africains. Du coup, comment expliquer que l'entraîneur du Sénégal, acteur central de cette nuit de chaos, écope d'une sanction à peine plus lourde que celle infligée à Ismaël Saibari pour «un vol de serviette» ? Comment se fait-il que seuls deux joueurs sénégalais aient été sanctionnés, alors que neuf avaient quitté la pelouse après que l'arbitre a accordé le penalty au Maroc ? Ces questions restent sans réponse. De plus, aucune sanction n'a visé le corps arbitral, pourtant au cœur de toutes les tensions. Un choix loin d'être anodin. Ce silence disciplinaire vient, au contraire, affaiblir durablement la thèse d'un Maroc favorisé par l'arbitrage ou par l'instance continentale. Cette réalité s'était déjà imposée lors de la finale de la CAN féminine, lorsqu'un penalty sifflé en faveur du Maroc avait finalement été annulé après intervention de la VAR. Maintenant, il faut l'accepter. Le Sénégal est champion d'Afrique. Le Maroc doit désormais tourner la page. Servons-nous de ce qui s'est passé pour revenir encore plus forts demain. Hicham Bennani / Les Inspirations ECO