Soutenu par une nette accélération en fin d'année, l'encours des crédits bancaires affiche une croissance annuelle de 8% en décembre 2025, atteignant 1.258,1 milliards de dirhams, selon Bank Al-Maghrib. Cette dynamique soutient la progression de la masse monétaire et reflète un regain du financement de l'économie, tiré principalement par le secteur public, notamment les administrations locales. Quant au crédit au secteur privé, il poursuit une croissance mesurée mais continue. L'encours des crédits confirme une nette accélération en fin d'année. Selon les statistiques monétaires de décembre 2025, publiée par Bank Al-Maghrib, la croissance du crédit bancaire atteint 8% en glissement annuel, à 1.258,11 milliards de DH (MMDH). Cette évolution soutient directement la progression de la masse monétaire, dont l'encours s'établit à 2.069,8 MMDH, en hausse annuelle de 9,4%. La dynamique observée traduit un regain d'activité du financement bancaire, porté à la fois par le secteur public et, dans une moindre mesure, par le secteur privé. L'encours des crédits au secteur non financier atteint 1.003,1 milliards en décembre 2025, avec une croissance annuelle de 4,7%. Cette évolution reflète principalement la nette accélération des concours au secteur public, dont la progression passe à 10,9% après 8,4% en novembre. Les prêts aux administrations locales enregistrent une hausse exceptionnelle de 56,8%, après une quasi-stagnation un an auparavant, en lien avec le financement de projets structurants, notamment le dessalement de l'eau de mer et l'extension de la ligne de train à grande vitesse. Secteur privé : une croissance mesurée mais continue Les crédits au secteur privé affichent une croissance annuelle de 3,9%, légèrement supérieure à celle observée en novembre. L'encours atteint 881,1 milliards de dirhams, porté par la progression des concours aux sociétés non financières privées (+3%) et aux ménages (+3,6%). Les crédits aux particuliers et MRE progressent de 4%, tandis que ceux accordés aux entrepreneurs individuels continuent de se contracter, ce qui confirme une dynamique contrastée entre les catégories d'emprunteurs. L'analyse par objet économique met en évidence une forte dynamique des crédits à l'équipement, dont la croissance annuelle s'élève à 25,4% (304,18 MMDH). Celle-ci traduit un renforcement des capacités d'investissement. Les crédits à l'immobilier progressent de 3,4% (321,48 milliards), avec une évolution modérée des prêts à l'habitat (+3,3%) et une hausse plus soutenue des financements aux promoteurs immobiliers (+5,3%). Les crédits à la consommation affichent une croissance de 5%, confirmant le maintien d'une demande soutenue des ménages. À l'inverse, le repli des facilités de trésorerie se poursuit, avec une baisse annuelle de 1,5%. Créances en souffrance : une relative stabilisation Les créances en souffrance atteignent 100,5 milliards de dirhams en décembre 2025. Leur progression annuelle ralentit nettement à 3,1%, après 5,8% en novembre, tandis que leur ratio au crédit recule à 8%, contre 8,7% un mois plus tôt. Cette évolution traduit une relative stabilisation des risques bancaires, dans un contexte de reprise graduelle de l'activité de crédit. Dans l'ensemble, l'évolution de l'encours des crédits en décembre 2025 confirme un redressement progressif du financement de l'économie. La forte contribution du secteur public, combinée à une croissance modérée mais continue du crédit au secteur privé, soutient la dynamique monétaire tout en reflétant un engagement financier accru en faveur des projets d'investissement. Cette configuration renforce le rôle du crédit bancaire comme levier central de l'activité économique, tout en maintenant une vigilance sur la qualité des portefeuilles. Abdelhafid Marzak / Les Inspirations ECO