Par la voix de leur association APIC (Association professionnelle des industriels de céramique), ils ont adressé une lettre au ministère de tutelle pour l'interpeller sur cette situation qui porte préjudice à un secteur employant près de 8000 personnes. Leurs doléances se rapportent essentiellement aux facteurs de production, à leur tête le coût de l'énergie, qui grève profondément le prix de revient du produit local. «Si on se réfère à notre principal rival qu'est l'Egypte, les industriels de ce pays bénéficient d'un coût de l'énergie quarante fois moins cher que le nôtre, sans parler des subventions qui leurs sont accordées sur le fret et le transport», explique une source interne à l'APIC. Résultat : les importations sont nettement plus compétitives que la production locale, qui n'a rien à envier en termes de qualité aux produits en provenance de l'étranger. «Nous voulons être traités à égalité avec les concurrents sur la base d'une subvention publique sur le gaz naturel», s'élève-t-on à l'APIC. Les céramistes marocains ne cachent pas non plus leur amertume de voir le gouvernement accorder des avantages fiscaux à des promoteurs immobiliers dans le segment social, sans pour autant leur exiger d'utiliser des produits de céramique locale. L'imposition par le ministère du Commerce extérieur de l'importation des carreaux céramiques à la procédure de Déclaration préalable à l'importation ne semble pas satisfaire les industriels marocains. «C'est une formalité qui existe déjà et n'apporte rien, d'autant que l'on parle d'un prix moyen à l'importation de 57 à 59 DH le m², alors qu'il est plutôt de 37 à 40 DH», conclut notre source à l'APIC. S.E.H (Le Temps)