Au cœur des échanges, un constat partagé : la réutilisation des eaux usées traitées n'est plus une option, mais une réponse concrète à la raréfaction de l'eau. Elle permet d'alléger la pression sur les nappes phréatiques, de sécuriser l'approvisionnement des villes, mais aussi d'accompagner la transition écologique à laquelle s'engage le Royaume. Avec la montée des épisodes de sécheresse et la baisse structurelle des ressources naturelles, cette approche devient l'un des piliers d'une résilience durable. La directrice de l'AFD à Rabat, Catherine Bonnaud, a rappelé que la coopération franco-marocaine place désormais la valorisation des eaux usées au centre des priorités : « Le Maroc montre une volonté claire d'innover dans la gestion de l'eau. Le traitement et la réutilisation constituent un gisement essentiel pour garantir l'avenir hydrique du pays ». Un message qui souligne l'importance d'accélérer les investissements et de multiplier les projets territoriaux. Pour Ehssan Elmeknassi, experte en eau auprès de l'AFD, la réutilisation des eaux usées ouvre également la voie à une meilleure adaptation aux changements climatiques. « Ces solutions permettent de sécuriser des usages stratégiques, notamment agricoles et urbains, tout en réduisant la pression sur les ressources conventionnelles », a-t-elle expliqué, insistant sur l'urgence d'une gestion intégrée combinant infrastructure, innovation et gouvernance locale. À travers cette rencontre, le PCNS confirme son rôle d'espace de réflexion stratégique mobilisant experts, institutions et partenaires internationaux. Le chantier de la réutilisation des eaux usées s'inscrit ainsi dans une vision nationale plus large, orientée vers l'anticipation, la durabilité et la résilience. Un modèle que le Maroc entend renforcer pour faire face aux défis hydriques des prochaines décennies.