La position de l'ANME a été exprimée à l'issue d'une réunion de son bureau exécutif, tenue mercredi 28 janvier, en présence de la majorité de ses membres. La réunion a été consacrée à l'examen et à la discussion de la campagne ciblant l'Association, des développements relatifs au projet de loi sur le Conseil national de la presse à la lumière de la récente décision de la Cour constitutionnelle, ainsi que des questions liées au soutien et à la pérennité de l'entreprise de presse. La réunion s'est ouverte par la récitation de la Fatiha à la mémoire des confrères disparus, Najib Salmi et Hasnaa Bouflija, avant que le président de l'Association ne présente un exposé retraçant le parcours de l'Association depuis sa création. Il a mis en avant les objectifs atteints et les réalisations accomplies, dépassant les attentes, soulignant que l'Association a contribué à sauver le secteur de la presse d'une mort certaine et lui a permis de surmonter la crise existentielle engendrée par la pandémie de Covid-19, dont les effets se font encore sentir aujourd'hui. Le président de l'Association a affirmé que cette organisation professionnelle dispose d'une vision prospective claire et intégrée visant à structurer l'entreprise de presse afin de lui permettre, à terme, de s'appuyer sur ses propres moyens et ressources. Cette vision passe par une réforme profonde de l'ensemble du système de la presse et des médias, à commencer par la montée en compétence des ressources humaines et l'amélioration de leurs conditions de travail et de formation, en tenant compte de leur situation matérielle. Autres sujets inscrits à l'ordre du jour ayant été débattus : la révision des missions et des structures du Conseil national de la presse et les questions liées aux équilibres financiers et au modèle économique de l'entreprise de presse, y compris les relations avec les géants du numérique, les plateformes mondiales et la publicité. Le président de l'ANME a également abordé le chantier de la réforme de la presse sportive et appelé à rompre avec les logiques de laxisme et de rente, précisant que ces chantiers ont été lancés en coordination avec les autorités publiques concernées, lesquelles considèrent l'Association comme un interlocuteur sérieux et crédible pour l'élaboration d'une feuille de route tenant compte des spécificités des différentes entreprises de presse, régionales ou nationales, grandes, moyennes ou petites, éditant des journaux et/ou magazines imprimées ou médias électroniques. Il a expliqué que certaines parties, peu nombreuses selon ses termes, ont choisi des «eaux troubles» et mobilisé tous les moyens légaux et illégaux pour faire échouer ce projet, à travers des fuites illégales et des ententes de circonstance avec des acteurs politiques, transformant un dossier sectoriel relatif à l'avenir des métiers du journalisme en un instrument électoraliste en usant et abusant de méthodes populistes. Dans ce contexte, les participants à la réunion se sont arrêtés sur les propos «offensants» proférés par le chef d'un parti politique, lors d'une séance plénière à la Chambre des représentants qui était retransmise à la radio et à la télévision, à l'encontre des membres de l'Association et de son président. Ils ont affirmé que l'Association «ne se laissera pas entraîner dans des dérives verbales visant à susciter la polémique et à retourner l'opinion publique contre elle, au service d'agendas électoralistes». L'Association a rappelé qu'elle a toujours maintenu une égale distance vis-à-vis de tous les acteurs politiques, dans la mesure où elle regroupe en son sein toutes les composantes de la presse nationale, y compris la presse indépendante, partisane et régionale. Elle se considère comme faisant partie du quatrième pouvoir et œuvre à la complémentarité avec la scène politique et au développement de la conscience politique au sein de la société. Concernant la loi organisant le Conseil national de la presse, l'Association a salué la décision de la Cour constitutionnelle déclarant l'inconstitutionnalité de certains alinéas de certains articles, tout en affirmant qu'elle ne se positionne ni comme gagnante ni comme perdante. Elle a toutefois relevé que cette décision entraîne le blocage du renouvellement des membres du Conseil et la poursuite de sa paralysie au moins jusqu'à la session parlementaire d'avril 2026, voire au-delà, alors que des dossiers professionnels urgents, tels que le renouvellement des cartes de presse et des cartes de transport ferroviaire, ainsi que les travaux des autres commissions (éthique, arbitrage), restent en suspens. S'agissant du soutien public à l'entreprise de presse, le président de l'Association a présenté plusieurs options, dont la demande adressée à la Cour des comptes pour la publication de la liste des bénéficiaires du soutien public de 2005 à 2025, avec les montants alloués et leurs retombées sur les médias et l'indication des bénéficiaires réels, dans un souci de consécration d'une transparence totale. À l'issue d'un débat approfondi auquel ont pris part la majorité des membres de l'Association, plusieurs décisions ont été adoptées à l'unanimité. L'engagement, le travail assidu et les sacrifices consentis par la direction de l'ANME dans la défense de l'entreprise médiatique ont été salués ainsi que ses initiatives et actions depuis sa prise de responsabilité, marquées par l'abnégation et l'altruisme.