L'artiste, Oussama Mahrouch, a choisi de mettre son talent de dessinateur dans les rues, les cafés et les lieux publics. Son parcours a débuté par des pas hésitants, mais a rapidement pris un nouveau cap pour cet artiste qui peint les visages tels qu'il les perçoit, racontant à travers eux des histoires simples issues du cœur de la réalité. Oussama Mahrouch, artiste / DR ‹ › Par une matinée éclatante de l'été 2025, Oussama Mahrouch prépare avec soin son sac : papiers à dessin, stylos, couleurs. Il emporte une petite chaise et quitte sa maison, direction le rond-point du marché de Tanger. Partagé entre excitation et appréhension, il redoute le regard des passants, leur possible indifférence, et l'éventuelle intervention des forces de l'ordre. Pour la première fois, il a décidé de faire du trottoir son atelier. Ce jour-là, Oussama est accompagné d'un ami, mais choisit de s'installer seul, laissant son compagnon flâner au marché. Assis, il sort ses outils et commence à dessiner. Les passants, intrigués par cette scène inhabituelle, s'arrêtent. Rapidement, une première personne s'approche pour demander un portrait, puis c'est l'effet boule de neige. Oussama se souvient en riant : «Mon ami est revenu du marché, stupéfait par la foule autour de moi. Ni lui ni moi ne nous y attendions. J'étais absorbé par le dessin des visages, l'un après l'autre.» À 20 ans, Oussama réalise que son choix de Tanger n'était pas un hasard, mais bien réfléchi. Originaire de Meknès, il a choisi la «Fiancée du Nord» pour sa première expérience, bien qu'il n'y séjourne que durant les vacances. L'artiste, qui n'a pas pu intégrer l'Institut des Beaux-Arts, étudie actuellement le marketing et le droit. Il confie : «Je suis venu à Tanger il y a seulement deux ans, pendant les vacances. Je l'ai choisie pour son affluence touristique, à la fois internationale et locale, en espérant y faire entendre ma voix artistique.» Avec un accent tangérois qui le fait passer pour un enfant du pays, Oussama raconte que sa passion pour le dessin a commencé très tôt. À six ans, son père lui enseignait ses premiers traits. «Mon père ne dessinait que des chevaux. J'ai commencé par l'imiter, puis j'ai développé mon propre style.» Au collège, il participe à des concours artistiques chaque année, renforçant sa conviction que le dessin est bien plus qu'un simple passe-temps. Lire les visages avant de les dessiner Avant de s'installer dans la rue, Oussama fréquentait les cafés et restaurants, dessinant discrètement les clients avant de les surprendre avec le résultat. Il aimait particulièrement observer leurs réactions. Pour éviter que ses modèles ne partent, il s'efforçait de terminer les portraits en environ trente minutes. «Parfois, je levais les yeux pour découvrir que la personne était partie.» «À la gare de Meknès, une expérience m'a marqué. J'attendais le train avec un ami quand j'ai remarqué un enfant avec deux femmes. Mon ami m'a encouragé à le dessiner. J'hésitais, craignant leur réaction, mais elles ont été surprises, exhibant fièrement le portrait aux passants. J'ai ressenti une immense joie.» Oussama Mahrouch Pour Oussama, le dessin ne se limite pas aux traits d'un visage : c'est toute une histoire. Il se concentre sur les détails, lisant dans les yeux pour deviner les émotions de la personne : tristesse, bonheur, tension ou sérénité. «J'ai choisi les lieux publics parce qu'on y découvre la vérité ; on ressent les inconnus comme si on les connaissait déjà.» Au départ, sa famille ignorait son activité. Sa sœur a découvert des vidéos sur les réseaux sociaux et en a informé sa famille. Malgré les premières craintes concernant ses études, ils l'encouragent désormais. Oussama Mahrouch rêve de devenir un artiste reconnu et d'exposer ses œuvres dans des galeries d'art, mais il assure qu'il n'abandonnera jamais la rue, là où tout a commencé. Article modifié le 12/01/2026 à 23h55