DR ‹ › La justice française vient de rendre publique une affaire d'une ampleur exceptionnelle. Un homme de 79 ans a été mis en examen dès 2024 et placé en détention provisoire pour violences sexuelles aggravées et viols sur 89 mineurs commis sur une période allant de 1967 à 2022, a annoncé le procureur de Grenoble. Il a également reconnu avoir tué sa mère et sa tante alors en fin de vie. Placé sous un contrôle judiciaire strict «qu'il n'a pas respecté», il a donc de nouveau été placé en détention provisoire «depuis avril 2025» Les enquêteurs ont établi ce bilan à partir d'écrits retrouvés dans une clé USB par un proche du suspect (son neveu), où figureraient des récits de relations sexuelles avec des garçons âgés de 13 à 17 ans. Une partie de ces faits présumés aurait été commise quand il exerçait comme éducateur en Allemagne, en Suisse, au Niger, en Algérie, aux Philippines, en Inde, en Colombie, en Nouvelle-Calédonie… et au Maroc. «Il a parcouru ces différents pays et dans chacun de ces lieux où il va s'installer pour faire du soutien scolaire, être enseignant, il va rencontrer des jeunes et il va avoir des relations sexuelles avec ces jeunes.» Etienne Manteaux, procureur de Grenoble Face à l'ancienneté des faits et à la difficulté d'identifier toutes les victimes, le parquet a lancé un appel à témoins afin de permettre à d'éventuelles victimes ou témoins de se manifester. Un numéro vert et une adresse de contact ont été diffusés par les autorités judiciaires. L'enquête interroge aussi sur les moyens de prévention et de coopération internationale, alors que les infractions s'étalent sur plus de cinq décennies et plusieurs continents. L'affaire relance le débat sur la piste des réseaux et des déplacements de personnes accusées d'abus sexuels contre des mineurs à l'étranger, soulignant l'importance de la vigilance et de la coordination entre Etats.