Jacques Leveugle, un ancien éducateur de 79 ans, est mis en examen pour des viols et agressions sexuelles aggravés sur mineurs, des faits qui s'étendent sur plus de 50 ans et touchent au moins 89 garçons dans plusieurs pays, dont le Maroc. Le parquet de Grenoble a lancé un appel à témoins pour identifier d'éventuelles autres victimes, mais seulement deux plaintes ont été enregistrées. DR ‹ › C'est une affaire qui sidère par son ampleur et sa durée. Jacques Leveugle, 79 ans, ancien éducateur et grand voyageur, est aujourd'hui mis en examen pour viols et agressions sexuelles aggravés sur mineurs. Les faits s'étendraient sur plus d'un demi-siècle, de 1967 à 2022, et concerneraient au moins 89 garçons âgés de 13 à 17 ans au moment des faits, dans neuf pays différents, dont le Maroc. France : Appel à témoins après des viols sur 89 mineurs dans plusieurs pays, dont le Maroc L'enquête a basculé lorsque le neveu de Jacques Leveugle a remis aux autorités plusieurs clés USB contenant une quinzaine de volumes autobiographiques rédigés par le mis en cause. Dans ces «mémoires», les enquêteurs ont recensé près de 200 mineurs mentionnés, rapporte France Bleu. À ce stade, 89 victimes ont pu être formellement identifiées. Les faits décrits se seraient déroulés dans neuf pays (la France, l'Allemagne, la Suisse, le Maroc, l'Algérie, le Niger, l'Inde, les Philippines et la Colombie). Certaines sources évoquent même un dixième pays : le Portugal. Le parquet de Grenoble, saisi du dossier, a pris une décision rare : rendre public le nom de Jacques Leveugle et lancer un appel à témoins. L'objectif affiché est de permettre à d'éventuelles victimes, parfois identifiées uniquement par des pseudonymes dans les écrits, de se manifester. De nombreuses victimes identifiées mais très peu de plaintes Environ 150 personnes ont déjà été entendues par les enquêteurs, mais à ce stade, seules deux victimes se sont constituées parties civiles, c'est-à-dire ont engagé formellement une démarche judiciaire. Beaucoup ne souhaitent pas rouvrir des traumatismes anciens, d'autres se heurtent à la prescription ou vivent à l'étranger, compliquant les procédures. L'affaire ne se limite pas aux violences sexuelles. Dans ses écrits, Jacques Leveugle affirme avoir provoqué la mort de sa mère en 1974, alors qu'elle était atteinte d'un cancer, ainsi que celle de sa tante en 1992. Ces éléments font l'objet d'investigations distinctes. Né à Annecy en 1946, Jacques Leveugle a été en contact avec des mineurs tout au long de sa carrière. Il a suivi une formation d'éducateur spécialisé, qu'il n'a pas terminée. Il a par la suite travaillé dans des camps de jeunesse, des séjours éducatifs pour jeunes en difficulté et fait du soutien scolaire. Ces différents postes l'ont amené à travailler dans plusieurs pays. Placé en détention provisoire, il conteste en partie les faits. L'appel à témoins reste ouvert. Les magistrats estiment que le nombre réel de victimes pourrait dépasser celles déjà identifiées. Au Maroc, aucune communication officielle n'a été faite sur cette affaire, ni d'appel à témoins émis par les autorités.