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Ilot Perejil : L'intervention marocaine du 3 juin est légale selon le gouvernement espagnol
Publié dans Yabiladi le 10 - 09 - 2014

Le 11 juillet 2002, éclatait la crise de l'ile Perejil entre le Maroc et l'Espagne dirigée par José Maria Aznar. Douze ans plus tard, un gouvernement espagnol, de surcroît de droite, autorise 32 éléments des Forces auxiliaires à accéder au rocher pour évacuer des migrants. Une intervention légale et conforme à un accord conclu entre les deux pays, selon Rajoy.
C'est désormais officiel. Les forces marocaines ont le droit de fouler le sol rocailleux de l'ile Perijil mais seulement pour déloger les migrants subsahariens. L'exécutif Rajoy a reconnu ce «droit», indique aujourd'hui un média basé à Ceuta. Il figure dans une réponse du délégué du gouvernement à Ceuta, Francisco Antonio González Pérez, (relevant du ministère de l'Intérieur) à une question écrite de députés d'une formation basque, Amaiur.
La nouvelle vitrine politique des indépendantistes, proches de ETA, au parlement espagnole s'est, en effet, interrogée sur le cadre dans lequel 32 éléments des Forces auxiliaires ont pénétré, le 3 juin, sur le rocher, 200 mètres des côtes marocaines, et procédé à la détention de treize candidats à l'immigration.
Une intervention « légale»
Selon le représentant du gouvernement, l'intervention des forces marocaines est parfaitement en phase avec l'accord du 22 juillet 2002, conclu entre le Maroc et l'Espagne. Celui qui avait mis un terme à la crise de l'ilot Leila, et ce, en la maintenant «inhabitée». En vertu de cet accord, indique le délégué, le Maroc et l'Espagne «se chargent des personnes qui depuis leur zone de souveraineté accèdent à l'ile Perejil» en leur portant «secours», «aides» ou en les «invitant à l'abandonner» le rocher qui s'étend sur 13,5 hectares.
González Pérez précise dans sa réponse, que «conformément aux obligations des autorités marocaines sur le sauvetage maritime, et en coordination avec la Guardia civil, elles ont transféré, le 3 juin, les immigrants à un point sûr du territoire marocain».
Le barreau des avocats dénonce
La position du délégué du gouvernement espagnol est tout naturellement contraire à celle adoptée par des ONG et le conseil général des avocats. Ladite instance accuse le gouvernement Rajoy de violer les droits des 13 Subsahariens «qui se trouvaient sur un territoire espagnol» et de ne pas assister des personnes en danger, fuyant un pays en guerre civile. Le barreau précise que les immigrés sont des Centrafricains, affirmant que Madrid devait les accueillir en tant que réfugiés.
Cette modération du ton des autorités espagnoles tranche complètement avec la position hostile adoptée, douze ans auparavant, par le gouvernement Aznar, sur la crise de l'îlot Leila. Le déploiement, le 11 juillet 2002, de six gendarmes marocains sur ce bout de terre était sur le point de provoquer un affrontement armé entre Madrid et Rabat. Il a fallu onze jours et d'intenses négociations et surtout une intervention directe de Colin Powell, l'ancien ministre américain des Affaires étrangères, pour que les esprits se calment enfin.


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