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La bonhomie de Saâdeddine El Othmani, remède ou poison pour le PJD ? [Edito]
Publié dans Yabiladi le 26 - 03 - 2017

Saâdeddine El Othmani a enfin réussi à accoucher d'une majorité gouvernementale après plus de 5 mois de blocage. Si l'annonce de ce samedi est accueillie comme une délivrance, il y a de nombreux motifs d'inquiétude quant à la stratégie du chef de gouvernement désigné.
En une semaine, Saâdeddine El Othmani a réussi là où Abdelillah Benkirane a échoué après plus de 5 mois de tractations. Certains concluront un peu trop rapidement que le psychiatre est le nouveau héros du PJD, alors qu'il en est probablement le fossoyeur.
Ironie de l'histoire, c'est l'entrée de l'USFP, enième concession des islamistes, qui rapproche le PJD du sort des socialistes dont le passage au gouvernement d'alternance aura été fatal.
L'USFP et le PJD lors des consultations pour la constitution de la nouvelle coalition gouvernementale. / Ph. DR
Une rose en guise de baiser de la mort
Avant le sort funeste du parti de la Lampe, la première victime de cette concession sera Abdelilah Benkirane qui passe pour seul et unique responsable du blocage, épargnant ainsi le ténor du RNI, Aziz Akhannouch, grand gagnant du duel.
Abdelilah Benkirane paye ainsi ses manœuvres à courte vue. Jouer à la fois le courtisan et le populiste, le chef de gouvernement et l'opposant, ne peut tenir sur la durée. La tactique ne peut faire office de stratégie. Les succès électoraux récents sont d'ailleurs plus le fruit de la décrépitude des autres partis que du bilan peu glorieux du PJD au gouvernement.
Le baroud d'honneur d'un Abdelilah Benkirane pour sauver la crédibilité de son parti aura été anéanti en moins de 10 jours par Saâdeddine El Othmani avec l'accord de la majorité du secrétariat général du PJD. L'effet des communiqués avec double lecture n'auront pas résisté au coup d'accélérateur royal qui a nommé El Othmani avant de lui signifier l'urgence de constituer son gouvernement dans les plus brefs délais.
Le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane / Ph. DR
Le PJD a perdu sa capacité de négociation
Le sacrifice du leader du parti aurait pu être justifié par des concessions du côté du RNI/UC qui tenait mordicus à l'entrée du nouvel allié socialiste. On connait la suite : El Othmani et les ministrables PJD ont concédé ce qu'ils refusaient durant des mois.
Que reste-t-il au parti arrivé premier aux dernières élections législatives ? D'assumer les choix d'un gouvernement où il sera minoritaire, d'acter les décisions prises ailleurs, tout en jouant le firewall face aux colères de la population. Ce qui était déjà un peu le cas lors de la mandature précédente, mais cette fois avec El Othmani, une version générique du "médicament" Benkirane, mais sans ses effets secondaires. Quand ce dernier assumait les décisions politiques tout en jouant la victime, le premier se contentera de passer les plats avec le sourire.
Le signe annonciateur
Face à un jeu politique qui se durcit, la bonhomie d'El Othmani risque d'être fatale pour le PJD. Avant même l'aveu de faiblesse politique de samedi soir, le nouveau chef de gouvernement désigné avait fait preuve d'une étonnante légèreté en matière de communication. Alors qu'il avait refusé d'accorder des entretiens à la presse nationale, il s'est longuement épanché dans un site d'information dirigé par son ami de 12 ans, José Luis Navazo, un ancien légionnaire espagnol marié à une Marocaine et vivant entre Tétouan et Ceuta. Désormais professeur et écrivain, il dirige depuis 2016 Correo diplomático, un site hispanophone basé à Tetouan (et non Ceuta) créé par un journaliste marocain.
José Luis Navazo et Saâdeddine El Othmani / Ph. Correo Diplomático
Ce choix d'un média étranger à l'audience confidentielle (quelques dizaines de lectures pour des articles publiés de manière irrégulière) a de quoi surprendre pour celui qui vient de prendre le costume du numéro 2 du pays. Imagine-t-on Mariano Rajoy accorder sa première interview à un obscure site marocain lu par quasiment personne ? Qu'est ce qui a donc motivé Saâdeddine El Othmani à faire cet étrange choix de communication ?
S'il voulait montrer l'importance de la relation avec le voisin espagnol comme nous l'a déclaré José Luis Navazo, n'aurait-il pas été plus logique de choisir justement un canal plus en conformité avec ce poids stratégique ? Naïveté ou amateurisme ? Un chef de gouvernement incapable de résister aux avances médiatiques d'un ami peut-il résister au coup de boutoir d'un Driss Lachgar ou Aziz Akhannouch ? Nous avons obtenu ce samedi une cinglante confirmation de nos doutes.
Article modifié le 26/03/2017 à 16h33


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