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Majorité/Opposition : Malheur aux vaincus ?
Publié dans Finances news le 22 - 09 - 2021

Il y a un peu plus d'une semaine, le RNI, avec à sa tête Aziz Akhannouch, a entamé les habituelles tractations politiques en vue de constituer la majorité gouvernementale. Tandis qu'un parti, l'Istiqlal, a ouvertement reçu une proposition qu'il s'est empressé d'accepter, qu'un autre, le PAM, a dû se contenter de signaux positifs, tous les autres partis sont demeurés dans l'expectative. Le PPS de manière précoce, puis l'USFP malgré lui, ont rejoint une opposition qui s'apparentera davantage à une armée mexicaine qu'à un vrai corps politique capable de faire barrage à d'éventuelles dérives de la majorité.

Cependant, tout laissait présager, à en croire la récente alliance scellée au niveau communal et régional par le trio de tête (RNI, PAM, Istiqlal), que la majorité gouvernementale allait n'en être que le reflet, édulcoré ici et là, par un ou deux autres partis d'appoint. Pour la forme diraient certains, ou pour services rendus à la bonne cause diraient d'autres. Un verrouillage du jeu politique qui, malgré des avantages avérés en termes de cohérence et d'efficacité, ne laisse rien présager de bon pour les années à venir.
Le verdict est finalement tombé ce matin. Aziz Akhannouch a officiellement annoncé la composition du futur gouvernement qui ne sera composé que du RNI, du PAM et de l'Istiqlal. Pas d'édulcoration ni partis d'appoint, mais une dimension VIP pleinement assumée, dont il s'agira d'assumer les conséquences durant les années à venir.
Car «le» politique en tant que dimension structurante du pouvoir, qu'il s'agit de distinguer de «la» politique qui n'en est que la dimension opérative ou pratique, n'existe qu'à travers une dialectique ou, pour le dire plus simplement, une distinction «ami/ennemi», comme le définit l'éminent juriste allemand Carl Schmitt. L'ami et l'ennemi, pour Schmitt, n'est pas à définir du point de vue moral, religieux, esthétique ou encore personnel, mais uniquement du point de vue politique, et par conséquent idéologique. Un parti qui ne distingue pas dans le champ politique des amis et des ennemis idéologiques n'est pas un parti, mais une ONG humanitaire. Un parti libéral par exemple, en se définissant comme libéral, désigne de fait tout parti antilibéral (communiste, socialiste,…) comme ennemi, et inversement. C'est ce qui définit le critère du politique.
Or, quand l'ennemi est inexistant, inoffensif ou marginal, comme cela sera le cas pour la future opposition au Maroc, c'est que «le politique», en tant que distinction «ami/ennemi», ne pourra plus s'exprimer dans le champ politique. Cela veut-il dire pour autant que le politique n'existe plus ? La réponse est non. Mais cela veut surtout dire que la distinction ami/ennemi va s'incarner ailleurs, en dehors de l'hémicycle parlementaire, dans nos rues pour le dire concrètement.
Le spectre des deux «Hirak» du Rif et de Jerada ainsi que celui du boycott de 2018 planent toujours sur une élite politique dont la crédibilité, aux yeux de bon nombre de Marocains, reste très discutable, pour ne pas dire inexistante.
Ainsi, si la partie la plus lésée du peuple ne peut se retrouver dans le champ politique à travers une opposition crédible, elle risque de transmuter elle-même en opposition en appliquant à sa manière la distinction ami/ennemi, dans nos rues, nos places et nos boulevards, avec tous les risques inhérents à ce type de dérives.
Quant à l'euphorie consécutive à la victoire écrasante du RNI autant qu'à la défaite du PJD, elle risque de s'évanouir à tout instant, à la première erreur politique d'un gouvernement, qui se retrouvera sans contradicteurs crédibles dans l'hémicycle.
Souvenons-nous, pour l'anecdote, qu'à peu près un mois avant les évènements de mai 68 en France, le journal le Monde publiait un article intitulé «Quand la France s'ennuie…».
Il est certes vrai qu'un chef du gouvernement n'a à se soucier que de la constitution de sa majorité. Quant à l'opposition, l'adage «malheur aux vaincus !» semble toujours être de mise. Cependant, pour l'intérêt suprême de la Nation, il revient au vainqueur de faire bon usage de sa victoire, au risque dans le cas contraire, de la voir se transformer en victoire à la Pyrrhus, autrement dit, en victoire aux allures de défaite.
Entre le PAM et l'Istiqlal, le RNI se devait d'en sacrifier un; il a choisi de garder les deux, or on peut tout perdre à vouloir tout gagner.


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