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Fellah online : Paradoxes
Publié dans Finances news le 04 - 07 - 2014

La sécurité alimentaire est une notion que nous avons apprise à l'école. Les enseignants insistaient sur son importance, surtout pour l'indépendance politique et économique d'un pays donné. A l'image de l'endettement extérieur, un Etat ne doit pas dépendre de l'étranger pour assurer sa survie, que ce soit en matière d'argent ou au niveau des produits agricoles.
On a toujours dit que le Maroc est un pays à vocation agricole. Mais une analyse plus détaillée du secteur primaire montre que le pays importe une bonne partie de ses besoins alimentaires de l'étranger, essentiellement des produits de base à forte consommation dont l'importance sociale n'est plus à démontrer (le blé, le sucre, les oléagineux, les légumineuses, le beurre...).
Pour certains produits comme le lait ou la viande, on arrive à peine à assurer l'autosuffisance. Un constat qui ne s'explique surtout pas par les performances de l'agriculture nationale, mais plutôt par la faible consommation par habitant.
Pour la viande, le Marocain consomme en moyenne 13 kilos par an. On est loin de la norme internationale de 20 kilos. Pour le lait, l'équilibre n'est assuré que durant les périodes de hautes lactations. Durant la baisse des lactations, surtout en automne, l'autosuffisance n'est assurée que par des importations, surtout si cette baisse coïncide avec le mois de Ramadan.
Pour le sucre, le pays arrive difficilement à assurer la production de 40% de ses besoins. Pour les céréales, le meilleur record enregistré en matière de récolte a été de 102 millions de quintaux. Pourtant, le Maroc a été obligé d'importer 30% de blé.
Après les hydrocarbures, la facture alimentaire est la deuxième au niveau des importations. Cela pèse lourdement sur la balance commerciale et sur les avoirs en devises du pays.
Par ailleurs,, le Royaume est un grand exportateur de produits agricoles comme les primeurs, les agrumes, les fruits et légumes. A ce niveau également, plusieurs remarques s'imposent. Ces produits ont certes une valeur ajoutée plus élevée que les produits de base, ils assurent un avantage comparatif au Maroc par rapport à ses concurrents dans les marchés mondiaux, mais ils restent, par ailleurs, de gros consommateurs d'eau, un élément inquiétant pour un pays semi-aride comme le nôtre où le spectre du stress hydrique plane toujours. Pour avoir la qualité requise, les produits exportés nécessitent une utilisation pointue des intrants comme les engrais, les produits phytosanitaires. Cela crée des effets néfastes sur l'environnement. Reste à savoir que malgré les efforts déployés dans le cadre du plan Maroc Vert, la balance agricole nationale demeure toujours déficitaire, et ce depuis 1974. Alors que d'autres pays dont l'agriculture représente moins de 4% du PIB, comme la France ou la Suisse, ont vu leurs exportations agricoles dépasser largement leurs importations.


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