Selon des sources bien informées de Hespress, les éléments de la Brigade nationale des douanes ont récemment passé à la vitesse supérieure dans leurs investigations de grande envergure. Menée en étroite coordination avec les services de l'Office des changes, cette offensive a ciblé sept entreprises opérant dans divers secteurs, allant de l'importation de produits alimentaires et de textiles, aux vêtements et équipements ménagers. S'appuyant sur de lourds soupçons, ces enquêtes en cours pointent du doigt l'implication directe des sociétés concernées dans la falsification de certificats d'origine, ainsi que dans la manipulation des valeurs d'importation et des transferts financiers liés à leur couverture à l'étranger. Les mêmes sources précisent à ce propos que « des opérations d'audit soutenues par des technologies d'intelligence artificielle ont permis aux contrôleurs de déceler la présentation de fausses déclarations aux points d'importation, dans le but d'éluder ou de réduire les droits de douane exigibles ». Passant de la théorie à la pratique, les éléments de l'appareil douanier, appuyés par les brigades régionales de contrôle, ont effectué des descentes inopinées dans plusieurs entrepôts situés en périphérie de Tanger, Casablanca et Agadir. Sur place, « des échantillons de marchandises stockées ont été prélevés pour être soumis à des analyses approfondies, dans le but de déterminer leur véritable origine ». Les sources de notre journal soulignent également que « l'avancement des investigations a conduit à repérer la concentration d'importateurs suspects dans des villes du Nord, du Centre et du Sud, et leur mainmise sur les canaux d'importation grâce à l'utilisation de documents falsifiés et de déclarations trompeuses ». Démêlant les fils de cette vaste supercherie, les premiers résultats de l'enquête, basés en partie sur des renseignements précis fournis par des agences étrangères de contrôle douanier, sont édifiants. Ils ont en effet mis en lumière le fait que « les entreprises suspectes ont enregistré des marchandises importées de pays d'Asie du Sud-Est comme étant d'origine européenne ; et ce, dans le but de bénéficier illégalement des exonérations douanières offertes par les accords d'association entre le Maroc et l'Union européenne, ainsi que des accords de libre-échange avec d'autres pays ». Cartographiant les zones de fraude, les sources averties indiquent que « la majorité des opérations d'importation suspectes se sont concentrées dans les ports de Tanger Med et de Casablanca ». L'ampleur du préjudice est colossale, puisque « la valeur totale des marchandises dont les certificats ont été manipulés a dépassé les 670 millions de dirhams », un volume astronomique que les services de contrôle douanier ont catégoriquement classé comme étant « des marchandises passées en contrebande par le biais de la fraude et de la falsification dans les dossiers d'importation ». Il convient de noter que le nouveau système numérique des douanes, propulsé par l'intelligence artificielle, a joué un rôle crucial en permettant de détecter l'ensemble des factures suspectes incluses dans les dossiers d'importation. Ce dispositif de pointe est directement relié aux bases de données des administrations douanières étrangères liées au Maroc par des accords d'échange de données, tout en s'appuyant sur les organisations professionnelles pour vérifier les prix réels du marché. Aujourd'hui, grâce à la numérisation de la majorité de ses procédures et à l'interconnexion avec plusieurs de ses partenaires, la douane marocaine dispose d'une base de données exhaustive qui facilite grandement les opérations de contrôle. C'est d'ailleurs sur cette précieuse mine d'informations que s'appuie la Commission nationale de ciblage pour s'assurer de la crédibilité des déclarations soumises et traquer la moindre anomalie dans les documents fournis. Bouclant la boucle de cette enquête tentaculaire, les éléments de la Brigade nationale des douanes ont consolidé leurs conclusions en s'appuyant, selon Hespress, sur des données extraites de procès-verbaux de contrôle a posteriori réalisés par les services régionaux. Ces documents ont permis de « documenter des cas avérés de fraude douanière liés à la valeur, à l'origine et à la catégorie des produits ». Parallèlement, et suite à des signalements précis, les contrôleurs ont passé au crible fin « des dossiers d'importation d'épices, d'arômes et de fruits secs, dans le but de prouver la falsification de leurs certificats d'origine par les importateurs, dont l'objectif ultime était de payer moins de droits de douane et de taxes, pour ainsi gonfler leurs marges bénéficiaires ».