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Bidaya à la CDG : l'art en marche entre mémoire et renaissance
Publié dans Hespress le 25 - 07 - 2025

Casablanca et Tétouan ne se font pas face, elles se répondent. Entre leurs écoles des beaux‐arts, une respiration commune, un fil tendu entre deux rives de création. Vendredi soir, la Fondation CDG a ouvert ses murs à Bidaya, une exposition qui n'a de commencement que le nom, tant la densité des œuvres présentées impose un présent vibrant, charnel, profondément inscrit dans l'histoire et déjà tourné vers l'avenir.
Sous les projecteurs, dix jeunes artistes – cinq de l'ESBAC de Casablanca et cinq de l'INBA de Tétouan – livrent leurs univers. Et chacun, à sa façon, joue avec la matière, les mémoires et les métamorphoses. Dans un coin de la salle, l'installation de Lyas Oulkaid raconte un Maroc invisible, celui des oasis de Tata, terres sèches nourries de mémoire et de courage. Approché par Hespress FR, il nous confie : « Ce projet concerne les oasis d'où je viens ». Dans ses œuvres, les palmiers semblent marcher, la poussière devient trajectoire, et la sécheresse se traduit en silence sculpté. Oulkaid parle de « moul zriea », cette économie des fruits secs qui faisait battre le cœur de villages entiers avant que la soif de la terre ne pousse ses habitants vers les villes.
©Souhail Rmidi
Ses toiles et ses installations ne sont pas des souvenirs figés, mais des passerelles : elles portent la voix de ceux qui sont partis chercher du travail et qui, dans l'anonymat des grandes cités, continuent d'irriguer la mémoire collective.
Pas très loin, Oualid Lazrak propose un voyage qui n'a ni début ni fin. Sur ses écrans, l'image n'est pas une image, c'est une interrogation, une faille ouverte sur ce qui aurait pu être. L'artiste de Tétouan imagine la trajectoire qu'auraient prise les recherches d'optique islamique si l'Histoire ne les avait pas interrompues. Ses dispositifs mêlent capteurs dans les mosquées – à Marseille, Fès, Tétouan – et réseaux neuronaux qui transforment les flux en visions mouvantes.
©Souhail Rmidi
« Je ne produis pas de nouvelles images, dit-il, je réactive celles qui nous entourent déjà ». Ainsi, le visiteur devient témoin d'un étrange rituel numérique : des images surgissent, se recomposent, s'effacent, comme si la mémoire visuelle d'un monde musulman imaginaire se rejouait sous ses yeux. Ici, la post‐photographie flirte avec la poésie des datas, et l'art devient machine à rêver.
Au détour d'un couloir, une lampe s'allume. Mais en y regardant de plus près, on devine la silhouette d'un tajine. Plus loin, une axaria familière se mue en sculpture lumineuse. Mohamed El Harouchi, designer et architecte d'intérieur formé à Casablanca, revisite l'artisanat marocain avec une délicatesse presque insolente. « Je veux redonner vie à des objets traditionnels qui ne reçoivent pas la valeur qu'ils méritent », explique-t-il. Dans ses mains, l'utile devient poétique, le quotidien se fait œuvre. Il ne s'agit pas de rompre avec la tradition mais de lui offrir un second souffle, d'inventer une fonction nouvelle pour que l'héritage continue d'habiter nos intérieurs.
©Souhail Rmidi
Bidaya n'est pas une exposition, c'est une conversation. Une conversation entre générations, entre techniques et territoires, entre passé et futur. Les visiteurs, happés par cette effervescence, sortent avec le sentiment d'avoir traversé un paysage intérieur. Il y a, dans ces œuvres, une promesse. Celle que l'art, loin d'être un luxe ou une décoration, est une langue à part entière. Une langue qui parle de racines et de routes, de pixels et de poteries, de mémoire et de lumière.
©Souhail Rmidi
Et si Bidaya signifie commencement, il signe surtout ici l'évidence que ces jeunes créateurs, eux, ont déjà commencé à écrire l'histoire. À coups de couleurs, d'objets transfigurés, d'images réactivées.


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