Posant les jalons d'une nouvelle ère, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, a qualifié les récentes avancées du secteur de « réalisation importante et sans précédent dans l'histoire institutionnelle du Maroc », y voyant même « une pierre angulaire dans la construction de l'État social » tel que voulu par le Souverain. C'est depuis Skhirat, lors de la rencontre « Massar Al Mostaqbal » organisée samedi, que le ministre a rappelé que cette refonte a d'abord pris la forme d'un « vaste chantier législatif et réglementaire », qui s'est concrétisé par l'adoption de « 497 textes, dont 17 lois, 52 décrets et 428 arrêtés ministériels ». Au-delà de l'arsenal juridique, le membre du bureau politique du RNI a mis en lumière l'architecture sanitaire repensée à travers des « efforts visant à établir une nouvelle structure institutionnelle ». Cette dynamique s'est traduite par la création d'instances clés telles que la Haute Autorité de la Santé, l'Agence Marocaine des Médicaments (AMMPS) et l'Agence du Sang, sans omettre le « lancement des Groupements Sanitaires Territoriaux ». Le véritable tour de force réside dans le déploiement fulgurant de l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO). Passant d'une couverture de 42 % en 2020 à 88 % en 2025, le système englobe désormais près de 32 millions de bénéficiaires. Une inclusion massive qui a « ciblé toutes les catégories de la société », des fonctionnaires aux travailleurs indépendants, jusqu'aux inscrits au programme de solidarité. Le ministre s'est d'ailleurs réjoui qu'aujourd'hui, « tout citoyen marocain, quelle que soit sa situation sociale, a désormais le droit de bénéficier de l'assurance maladie », qualifiant cette avancée d'« acquis important » pour le Royaume. Pour soutenir une telle ambition, le budget de la santé a connu une hausse spectaculaire de 115 %, grimpant de 20 milliards de dirhams en 2021 à plus de 42 milliards prévus pour 2026. Cette manne financière a directement permis d'« accélérer le rythme des projets liés à l'extension des infrastructures et au rapprochement des services ». Concrètement, la capacité litière globale a crû de 15 % avec l'ouverture des CHU d'Agadir et Tanger, préludes aux inaugurations attendues à Rabat et Laâyoune, le tout couplé à une valorisation des ressources humaines médicales. Sur le terrain, au plus près des Marocains, l'exécutif a réhabilité près de 1 400 centres de santé primaires, dont une grande majorité en zone rurale. Agissant comme de véritables points de contact de proximité, ces structures rénovées jouent « un rôle important dans le rapprochement des services de santé » et la prévention, ayant par exemple « grandement contribué à faire face à la crise de la rougeole ». Enfin, Amine Tahraoui a tenu à élever le débat au-delà des chiffres : plus qu'un « simple bilan », les réalisations actuelles marquent selon lui « une transformation radicale très importante dans la trajectoire de l'État social au Maroc », entièrement tournée vers la proximité et l'excellence des soins.