Les autorités algériennes ont convoqué jeudi le chargé d'affaires de l'ambassade de France à Alger pour protester contre la prolongation de la détention provisoire en France d'un agent consulaire, accusé d'être impliqué dans l'enlèvement d'un influenceur. Cette convocation a eu pour « objet d'élever, dans les termes les plus fermes, une protestation contre le renouvellement, (mercredi) pour une durée supplémentaire d'une année, de la détention provisoire d'un agent consulaire algérien », a indiqué le ministère des Affaires étrangères algérien dans un communiqué. Cette décision « difficilement justifiable ou recevable aura inévitablement des conséquences sur le cours normal des relations algéro-françaises », a averti le ministère algérien. Alger a également exprimé sa « très vive réprobation quant au traitement inqualifiable que subit l'agent consulaire algérien depuis son incarcération », mis en évidence, selon le ministère, par « la première visite consulaire autorisée dont il a bénéficié le 17 mars ». La nouvelle convocation du chargé d'affaires français intervient après l'amorce d'un dégel entre les deux pays, lors de la visite, mi-février à Alger, du ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez. Après des mois de relations glaciales, sa venue a notamment permis la reprise de la coopération migratoire et sécuritaire. A la mi-mars, les chefs de la diplomatie des deux pays, Jean-Noël Barrot et Ahmed Attaf, se sont entretenus pour la première fois depuis des mois pour évoquer « les enjeux de la relance de la coopération bilatérale ». La mise en examen en avril 2025 d'un agent consulaire algérien accusé d'être impliqué dans l'enlèvement de l'influenceur algérien Amir DZ était venue attiser une grave crise déclenchée à l'été 2024 par le soutien apporté par Paris à un plan d'autonomie sous souveraineté marocaine au Sahara marocain. L'affaire Amir DZ avait conduit à l'expulsion réciproque d'une douzaine de diplomates et agents consulaires et au rappel à Paris de l'ambassadeur de France, Stéphane Romatet, sur demande du président Emmanuel Macron.