Avec une croissance soutenue en 2025, Akdital confirme le changement d'échelle engagé ces dernières années. Le groupe privé de santé combine expansion rapide, progression de l'activité et montée en puissance financière, dans un contexte de transformation du système de soins au Maroc. Sur le plan financier, le chiffre d'affaires du groupe a atteint 4,4 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 49 % sur un an. Cette progression reste largement portée par l'intégration de nouveaux établissements (les ouvertures réalisées en 2024 et 2025 constituent près de la moitié du périmètre consolidé), mais elle s'appuie également sur une activité dynamique à périmètre comparable (+14 %). Forte de ces excellents résultats, l'entreprise entend jouer pleinement son rôle sociétal. Le groupe Akdital s'inscrit en effet dans la volonté de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l'assiste, de réformer et de démocratiser le système de santé national. Il s'affirme ainsi comme un moteur essentiel de la restructuration du paysage sanitaire au Maroc. Sur le terrain, cette dynamique d'accompagnement se matérialise par une décentralisation massive de son offre pour garantir un accès équitable aux soins. À fin 2025, 75 % de la capacité litière globale du groupe est implantée en dehors de l'axe central Casablanca-Rabat. Cet ancrage territorial fort se reflète concrètement dans la prise en charge des patients en région. Les données opérationnelles démontrent l'efficacité de ce redéploiement. À titre d'exemple, les établissements situés hors de cet axe concentrent 76 % des patients admis en chirurgie générale (soit 78 885 patients), ce qui correspond à 69 % des actes chirurgicaux réalisés (103 743 actes). De même, pour les pathologies lourdes, 79 % des patients en chimiothérapie (69 496 personnes) et 53 % des actes de chirurgie cardiaque (1 771 actes) sont désormais traités en dehors de Casablanca et Rabat. Cette évolution prouve le véritable changement de paradigme opéré par le groupe. Pour soutenir cette ambition, Akdital maintient un déploiement rapide de son réseau. À fin 2025, le groupe compte 41 établissements répartis dans 24 villes, pour une capacité globale de 4 505 lits, ce qui constitue environ 17 % de la capacité litière privée au Maroc. Cette densification des infrastructures s'accompagne d'une véritable refonte géographique. En effet, le groupe dépasse désormais le cadre d'un développement centré sur les grands pôles urbains : près de 75 % de ses capacités sont localisées en dehors de l'axe Casablanca-Rabat, une répartition qui concerne également l'essentiel de la patientèle dans les activités les plus lourdes. L'année 2025 a été marquée par l'ouverture de huit nouveaux établissements, notamment à Guelmim, Laâyoune, Nador, Oujda et Rabat, venant densifier le maillage territorial. Ce mouvement s'accompagne d'un renforcement des capacités techniques : le groupe dispose désormais de 243 blocs opératoires, 1 076 lits de soins intensifs et 381 boxes de réanimation, en plus d'un parc élargi d'équipements lourds. L'activité suit cette dynamique. Le groupe a pris en charge plus de 566 000 patients en 2025, pour un total de plus de 1,14 million d'admissions, confirmant l'intensification de l'activité dans ses établissements, y compris les plus récents. Cette progression s'appuie sur un réseau de près de 3 929 médecins partenaires et un effectif global avoisinant 9 900 collaborateurs. Sur le plan financier, la croissance reste marquée. L'EBITDA s'établit à 1,2 milliard de dirhams (+45 %), tandis que le résultat net atteint près de 494 millions de dirhams (+42 %). La rentabilité opérationnelle enregistre toutefois une légère contraction (marge EBITDA de 27,5 %, contre 28,4 % un an plus tôt), dans un contexte d'intégration de nouvelles capacités encore en phase de déploiement. Ce phénomène s'explique notamment par le poids des charges liées aux ouvertures récentes et par l'activation progressive de certains coûts récurrents. Ce profil reste caractéristique des groupes engagés dans des cycles d'expansion rapides, où les investissements précèdent la pleine contribution des actifs. À ce stade, les indicateurs demeurent alignés avec la trajectoire de développement. L'endettement net atteint 4,3 milliards de dirhams à fin 2025, en nette progression par rapport à l'année précédente. Cette évolution s'explique notamment par la mise en place d'une émission obligataire de 1,2 milliard de dirhams, destinée à financer les projets d'expansion, notamment à l'international. Le ratio dette nette sur EBITDA ressort à 2,8x, tandis que le gearing s'établit autour de 53 %, traduisant un recours assumé au levier financier pour soutenir la croissance. Dans ce contexte, le Conseil d'administration a décidé de proposer la distribution d'un dividende de 14 dirhams par action au titre de l'exercice 2025, signal de confiance dans la solidité des fondamentaux du groupe. Au-delà de ses performances financières, Akdital évolue dans un environnement en recomposition. L'élargissement de la couverture médicale, notamment à travers la généralisation de l'assurance maladie obligatoire, contribue à soutenir la demande et à redéfinir le rôle des opérateurs privés. Dans ce contexte, la capacité à déployer rapidement des établissements tout en maintenant un niveau d'équipement élevé constitue un facteur différenciant. Le groupe a par ailleurs réalisé 200 chirurgies robotisées en 2025, ainsi que plusieurs interventions pionnières au Maroc et en Afrique, illustrant une montée en gamme progressive de son offre. Parallèlement, Akdital développe des initiatives dans les domaines de la data médicale et de l'intelligence artificielle, avec l'ambition d'améliorer la précision des diagnostics et l'efficience des parcours de soins. Sur le plan international, les premières initiatives se concrétisent, avec des projets engagés aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite et en Tunisie. À horizon 2028, Akdital prévoit de porter son réseau à près de 60 établissements, pour une capacité d'environ 6 000 lits et une présence dans près de 30 villes. Une trajectoire qui, si elle se confirme, renforcerait son poids dans un secteur appelé à jouer un rôle croissant dans l'organisation de l'offre de soins.