Des rapports internationaux ont brossé un tableau sombre de l'institution du mariage au Maroc. Selon ces rapports, le célibat féminin au Maroc représente 40%, au cours de l'année 2018. Ce pourcentage, rapporté par la presse nationale, place le Maroc à la même position que d'autres pays, tels que l'Egypte. Les causes de ce célibat : la pression de la vie quotidienne, la société et les jugements portés sur ceux qui s'attardent à s'unir, selon ces rapports. A cela, il faut ajouter la faute au divorce aussi: 40% des mariages marocains finiraient par une rupture, selon des estimations plus ou moins officielles. En effet, de plus en plus en plus de femmes restent célibataires. Certaines prétendent le choisir, d'autres pas. Toutefois, la majorité des femmes qui n'ont jamais été mariées disent que, quels que soient leurs problèmes, elles aiment l'indépendance et la liberté de leur vie de célibataire, le plaisir de rencontrer et de connaître des gens différents, d'être maîtresses de leur vie. Bon nombre d'entre elles disent avoir opté pour le célibat parce qu'elles voient des avantages à ce genre de vie et estiment qu'elles ont ainsi de plus grandes chances d'être heureuses. Ce qui explique le fait que l'âge du premier mariage a reculé. Il est passé de 17,3 ans en 1960 à 24 ans aujourd'hui. Le relèvement de l'âge du mariage est recherché et volontaire Selon le dernier rapport du Haut-Commissariat au Plan (HCP) sur les indicateurs sociaux, les jeunes marocains hésitent à contracter un mariage et, quand il leur arrive de franchir le pas, c'est le plus tard possible. Ainsi, l'âge au premier mariage des femmes a reculé de 26,3 ans à 25,7 ans entre 2004 et 2014. Quant à l'âge au premier mariage pour les hommes, le rapport signale qu'après une augmentation de 30 à 31,2 ans entre 1994 et 2004, il s'est depuis stabilisé à 31,3 ans. La sociologue-consultante, Fattouma Benabdenbi, explique ce phénomène par le fait que « le relèvement de l'âge du mariage est recherché et volontaire. Les filles n'ont plus envie de se marier à 16 ans ou à 18 ans. A cet âge, les garçons et les filles sont en terminale. Alors imaginez comment serait la situation d'un couple marié qui poursuit ses études en terminale ». Mme Benabdenbi souligne que « les jeunes préfèrent plutôt s'amuser, poursuivre des études, se connaître en vue de mieux connaître le monde et faire leur propre expérience. Une fois les études terminées, ces jeunes cherchent à faire une carrière. Ce qui explique le fait qu'on n'a plus le temps de se rencontrer en dehors du cadre professionnel ». En effet, l'expansion de la scolarisation des filles a certainement joué un rôle majeur. Non seulement parce que la prolongation de la durée des études retarde le mariage mais surtout parce que l'instruction fait naître de nouvelles aspirations et ouvre la voie à leur réalisation en favorisant l'accès des femmes au marché du travail. Les femmes deviennent plus instruites et plus indépendantes Laïla, 36 ans affirme que « plus instruites et plus indépendantes, les femmes veulent accroître leurs chances de faire un «bon mariage» et surtout de choisir leur futur conjoint. Il leur faut pour cela élargir la sphère de leurs rencontres (université, lieu de travail) et, finalement, elles retardent le mariage. Il faut y ajouter les difficultés grandissantes des jeunes à trouver un emploi, un logement et à assumer les coûts très élevés des prestigieuses cérémonies de mariage qui nécessitent des années d'épargne ». D'après le Dr. Chakib Guessous, médecin socio-anthropologue, « les femmes restent aujourd'hui célibataires parce que certaines d'entre elles sont ou bien malades ou handicapées. Il y aussi les femmes qui aident une mère qui est handicapée ou malade. En général, ces filles sont sacrifiées dans la famille ». Et d'ajouter: « il existe un certain nombre de filles, qui pour une raison ou une autre, n'ont jamais trouvé de partenaire. Lorsqu'elles étaient jeunes, elles avaient probablement refusé un éventuel mari ».