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Marché à terme en décembre 2006 : La Bourse rattrape son retard
Publié dans La Gazette du Maroc le 29 - 05 - 2006

Le marché à terme de taux sera mis en place avant la fin de l'année 2006. Les investisseurs pourront ainsi se couvrir, mais la brèche est aussi ouverte aux spéculateurs et aux arbitragistes. Mais dans tous les cas, il est devenu opportun d'offrir de tels produits.
Les entreprises ont l'opportunité de se couvrir contre le risque de change depuis près d'une dizaine d'années déjà. Les banques leur offrent de nombreux produits de couverture comme l'achat ou la vente de devises à termes ou encore les swaps de taux de change sur un marché. Ces transactions ne se font cependant que dans un marché de gré à gré. Le marché n'est pas structuré et ne permet à l'ensemble des acteurs de faire des offres de vente ou d'achat que n'importe quel autre intéressé pourrait acheter. Il s'agit, en fait, d'un marché encadré, selon la volonté de Bank Al Maghrib qui veut éviter ainsi toute spéculation ou tout arbitrage. De sorte que seules les opérations adossées à des transactions commerciales de produits ou de services. Mais quoi qu'il en soit, la bourse a un certain retard qu'elle voudrait bien rattraper. Cependant, vu les contrainte posées par l'Institut d'émission concernant le change à terme, la Bourse de Casablanca ne peut pas en faire son chou gras. Ses efforts sont orientés vers la mise en place d'un marché à terme de taux dont l'étude de faisabilité avait déjà été bouclée en janvier 2004 et le projet lancé tout de suite après. Aujourd'hui, le projet en est à ses phases de validation et de déploiement. Dans ce sens, le modèle de marché qui sera mis en place est déjà validé et il ne reste plus qu'à concevoir et adopter le règlement général du marché à termes. En outre, les sociétés de bourse sont en train de former leur personnel aussi bien du back et du front office.
La mise en place du marché à terme de taux est devenue opportune. En effet, la demande se fait de plus en plus pressante du côté des compagnies d'assurance, des gérants de portefeuilles des banques, des OPCVM et enfin des trésoriers d'entreprises. Avec 4595 milliards de dirhams en 2005, on peut affirmer que le marché secondaire des bons du Trésor est très développé en termes de liquidité. De plus, sur les 96 milliards de dirhams d'actifs gérés par les OPCVM, près de 90% sont constitués d'obligataires. Or, les OPCVM obligataires sont valorisés à chaque instant par les taux en vigueur. Cela veut dire qu'il faut anticiper les taux de demain pour pouvoir assurer un rendement à une date donnée. Le marché à terme permet ainsi de se positionner en achetant un produit à un taux connu et par conséquent de supprimer le facteur incertitude. Par ailleurs, le Trésor a introduit, depuis plus d'un an déjà, les bons à taux variables.
L'ensemble de ces facteurs montre bien que la mise en place de ce marché ne peut qu'être la bienvenue. D'autant que le marché à terme de taux ne peut que servir le marché action, même si les deux paraissent indépendants l'un de l'autre. En effet, la forte volatilité du marché action s'explique par les fluctuations que l'on peut observer au niveau des obligations. Ces dernières, réputées stables, sont abandonnées au profit des actions par les investisseurs à chaque variation de taux défavorables à leur évaluation et vice versa. En stabilisant les produits à taux, les actions gagnent également en stabilité..


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