En 2025, les chefs d'entreprise marocains ont fait preuve d'un optimisme prudent, porté par l'industrie et la construction. Les enquêtes du HCP révèlent une reprise progressive, malgré des contraintes logistiques et financières persistantes. La production et l'emploi progressent modérément, soutenus par les projets d'investissement et les perspectives d'exportation. Les variations limitées de l'IPPIEM font partie des variables qui ont favorisé cette prudence. Résultat : des prévisions réalistes pour l'ensemble de l'année. Le climat économique au Maroc a été marqué, en 2025, par une confiance prudente mais positive des chefs d'entreprise. Les anticipations pour les trimestres à venir montrent un optimisme modéré, principalement dans l'industrie et la construction, tandis que certains secteurs restent confrontés à des contraintes structurelles. L'analyse des trois enquêtes trimestrielles du Haut-commissariat au plan (HCP) met en lumière une tendance de reprise progressive, soutenue par des segments clés de l'économie et par un environnement d'affaires relativement stable. Pour le 2e trimestre 2025, les chefs d'entreprise anticipaient une poursuite de l'activité économique, avec une hausse de la production dans l'industrie manufacturière et extractive, ainsi qu'un maintien de la construction à un niveau soutenu. Cette confiance «prudente» était motivée par les perspectives d'exportation et les projets d'investissement en cours. Dans les faits, l'activité a montré, au 1er trimestre 2025, une dynamique modérée, portée par la chimie, l'automobile et le génie civil. Cependant, certaines entreprises ont signalé des difficultés d'approvisionnement et de trésorerie qui ont empêché une croissance plus rapide, obligeant certains acteurs à ajuster leur production. Cette prudence observée au 2e trimestre s'est confirmée par la suite. Ainsi, les entreprises prévoyaient, dans leurs prévisions relatives au 3e trimestre, une hausse de la production industrielle. Elles anticipaient également un renforcement de la construction, surtout dans le génie civil et les travaux spécialisés. Les patrons anticipaient aussi une stabilité de l'emploi, signe d'une reprise durable mais caractérisée par la prudence. En comparant ces prévisions avec le 2e trimestre 2025, l'activité industrielle a effectivement progressé, alors que la construction a montré une croissance plus contrastée. Certaines branches, comme l'énergie et l'environnement, ont enregistré une légère baisse de l'emploi, témoin des fragilités sectorielles malgré une tendance générale positive. Pour le 4e trimestre 2025, les entreprises anticipaient une poursuite de la croissance, portée par la construction et l'industrie manufacturière, avec une augmentation attendue de l'emploi dans certains segments clés. Les patrons sont restés prudents, conscients des contraintes d'approvisionnement et des tensions financières qui pourraient limiter l'expansion. Les réalisations du 3e trimestre 2025 confirment une activité soutenue, notamment dans le génie civil, tandis que la production industrielle a progressé à un rythme modéré. Ainsi, les résultats soulignent globalement un équilibre entre optimisme et prudence, avec des perspectives favorables mais réalistes pour la fin de l'année. L'analyse des trois enquêtes HCP montre une évolution positive des anticipations tout au long de 2025. Les secteurs de l'industrie et de la construction restent les moteurs principaux de l'activité, tandis que les contraintes logistiques et financières tempèrent la confiance. Les chefs d'entreprise continuent de prévoir une croissance modérée et durable, avec un impact attendu sur l'emploi et la production. Ainsi, le tissu productif marocain affiche une dynamique de reprise progressive, combinant prudence et optimisme, et offre un cadre encourageant tant pour les investissements futurs que pour le développement économique. Par ailleurs, il est important de rappeler que les prix à la production influencent directement les coûts et marges des entreprises. Ces coûts peuvent modifier leurs anticipations de production, d'investissement et d'emploi. Dans cette logique, il faut souligner que l'IPPIEM n'a pas connu de hausses marquées sur l'ensemble de l'année 2025. Après une stagnation en début d'année, les prix à la production ont montré des variations modérées, souvent à la baisse au 3e trimestre, avant une légère reprise en fin d'année. Ces évolutions ont influencé les anticipations des patrons, en favorisant une attitude prudente mais globalement positive envers la production et l'emploi, sans pour autant que les pressions inflationnistes ne viennent fortement restreindre leurs prévisions. Abdelhafid Marzak / Les Inspirations ECO