Ils sont industriels, patrons de fédérations, hauts responsables ou porteurs d'initiatives. Tous ont vécu 2025 de l'intérieur. Leurs témoignages composent le récit d'un Maroc qui change de cap : plus productif, plus stratégique, plus souverain. Les Inspirations ECO croise leurs regards pour éclairer les défis et les priorités d'une année 2026 à fort enjeu. «En bourse, l'année 2025 a constitué un excellent cru, avec une performance annuelle attendue autour de 28%, et des introductions jugées réussies. Ainsi, la dernière, SGTM, représente un record absolu en nombre de souscripteurs, avec un retour des petits porteurs, dans un marché assez dynamique, OPCVM compris. Cette dynamique positive a été portée par la croissance économique, qui, aux dernières estimations, serait de 5%, par une faible inflation et aussi, par une baisse des taux, même s'il y a eu une petite détente vers la fin de l'année », indique Farid Mezouar, directeur exécutif de FLM Markets. Et d'ajouter: « Globalement, la baisse des taux a prévalu. Le noyau positif des valeurs de croissance a animé le marché. L'opération de régularisation fiscale de la fin de l'année 2024 a apporté du nouveau cash, investi partiellement en bourse. Il n'existe pas de statistique précise, mais l'hypothèse demeure qu'une partie de cette manne a été investie en Bourse. L'organisation du Mondial a impulsé plusieurs programmes d'investissement importants, dont l'impact sera réparti sur plusieurs années ». « L'effet ne se limite pas à 2025 ; il se prolongera sur 2026, 2027 et 2028, jusqu'au début de la compétition. L'impact a été estimé à 1,7% du PIB. Ces différents éléments ont boosté le marché. Certes, des périodes de volatilité ou de correction baissière ont été observées, ce qui est tout à fait normal, puisque les prises de bénéfices interviennent », affirme-t-il. « À un certain moment, le MASI était au double de son niveau du 6 janvier 2023, qui était un point bas. Pour 2026, les mêmes causes produisent les mêmes effets. La croissance économique devrait rester robuste, avec un risque de baisse limité, essentiellement lié à la récolte agricole, difficile à prévoir. Les pluies actuelles peuvent laisser présager une nouvelle bonne surprise agricole en 2026, ce qui boosterait le PIB. Le Mondial reste un facteur porteur, avec ses effets positifs. L'amélioration du bénéfice des sociétés cotées entre également en ligne de compte. Les résultats 2025 sont annoncés au mois de mars, avec un impact logique sur 2026. Certains experts évoquent la possibilité d'un retour du Maroc au MSCI Emerging Market, avec l'idée que, pendant dix mois, le Maroc soit placé sous observations positives », indique Mezouar. « Selon ces experts, le critère de liquidité est actuellement conforme. La dimension de l'organisation du Mondial serait intégrée par les analystes MSCI. Dans cette perspective, nous tablons sur une croissance à deux chiffres en 2026, avec l'hypothèse d'autres IPO. Les IPO ont souvent un effet récessif au début, parce que des investisseurs vendent leurs titres pour faire du cash et participer aux entrée en bourse. Cela dit, ces liquidités sont souvent réorientées vers le marché secondaire, ce qui crée un effet global positif. S'y ajoute l'impact mécanique des nouvelles introductions sur la capitalisation boursière. La capitalisation grossit et entraîne avec elle la capitalisation boursière globale. Globalement, voilà ce qui est retenu de 2025 et ce qui est anticipé pour 2026. Et comme cela se dit souvent, quand la dynamique est positive, un cercle vertueux s'installe.... Ce qui est le cas actuellement», conclut-il.