Après un début d'année marqué par des tensions sur les taux, le marché obligataire entre dans une phase d'ajustement, à la faveur d'un repositionnement stratégique du Trésor et d'une gestion plus fine de la liquidité. La dernière édition du Fixed Income Weekly de BMCE Capital Global Research (BKGR) met en lumière une séquence charnière sur le marché obligataire , marquée par un ajustement fin des équilibres de liquidité et un repositionnement stratégique du Trésor. Sur le marché monétaire, la semaine s'est caractérisée par un léger creusement du déficit de liquidité bancaire, qui s'est établi en moyenne à –144,1 milliards de dirhams, en progression de 2,75% sur une semaine. Cette évolution intervient alors que les avances à 7 jours de Bank Al-Maghrib ont été réduites à 52,2 MMDH, traduisant un calibrage plus prudent des interventions de la banque centrale. Dans le même temps, le TMP interbancaire est resté stable à 2,25%, tandis que le MONIA a légèrement progressé à 2,246%, confirmant une tension modérée mais maîtrisée sur le très court terme. Le fait marquant de la semaine reste toutefois la séance blanche enregistrée sur le marché primaire. Malgré un montant proposé conséquent de 10,7 MMDH, couvrant les maturités 26 semaines, 2 ans et 10 ans, aucune levée n'a été retenue par le Trésor. Selon l'analyse de BKGR, cette absence d'allocation traduit une volonté claire de reprendre le contrôle sur la formation des taux, dans un contexte de tensions observées depuis le début de l'année et de pressions haussières sur les rendements. Sur le marché secondaire, la dynamique est apparue plus contrastée. Les maturités longues ont enregistré une hausse des rendements, avec une progression de 2,67 points de base sur le 10 ans et de 1,49 point de base sur le 5 ans, tandis que la partie courte de la courbe s'est détendue. Les taux à 26 semaines, 52 semaines et 2 ans ont ainsi reculé respectivement de 1,17, 1,20 et 2,90 points de base, traduisant un rééquilibrage progressif de la courbe des taux. Pour BKGR, cette configuration ouvre la voie à une phase de normalisation graduelle du marché obligataire, soutenue par une offre plus maîtrisée du Trésor et un positionnement plus sélectif des investisseurs. À court terme, le biais haussier des rendements devrait se maintenir, dans un environnement où la discipline budgétaire et la gestion fine de la liquidité demeurent des leviers centraux de stabilité du marché des taux. Sanae Raqui / Les Inspirations ECO