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Diaspo #361 : Sara Faqir transmet la culture marocaine aux enfants MRE par les livres
Publié dans Yabiladi le 02 - 11 - 2024

Vivant à Londres, Sara Faqir s'est inspirée de son expérience personnelle pour lancer une maison d'édition, dont l'objectif est de redéfinir la darija comme composante de l'identité culturelle marocaine à part entière. A travers «Dar Lilei Publishing», elle espère créer une passerelle entre le dialecte de la mère patrie et les Marocains résidant à l'étranger.
Chaque page imprimée incarne le parcours d'apprentissage de son fils, transformant les défis linguistiques en une opportunité de diffuser la richesse de la darija et de la culture marocaine. C'est le paris réussi de Sara Faqir, résidente à Londres, et qui a en effet créé les édition «Dar Lilei». Après une quinzaine d'années de travail dans le secteur financier à Paris et un bref séjour de trois ans au Maroc, l'éditrice a épousé un ressortissant libanais, avec qui elle aura partagé trois ans de vie conjugale à Chypre. En 2020, elle s'installe en Angleterre.
Dans ses déclarations à Yabiladi, Sara rappelle avoir quitté le Maroc à dix-huit ans, en gardant une grande nostalgie. «Avec la naissance de mon fils, ce désir de retour aux racines s'est renforcé. Mon fils est né en juillet 2019, à Chypre, en même temps où j'ai appris le décès de ma mère restée au Maroc, à des milliers de kilomètres de moi. Bien que je parle français et que j'aime la culture française, je me suis trouvée à chanter des cantines marocaines à mon enfant», nous confie-t-elle.
Durant ces années, les familles marocaines à l'étranger ont eu peu accès à des supports servant de moyen pour transmettre sa culture et sa langue du pays aux enfants. Sara, originaire de Marrakech, en sait quelque chose. «Chaque soir, pendant que je lisais une histoire à mon fils, je la traduisais en darija et je lui racontais des souvenirs de mon enfance», nous dit-t-elle.
«J'ai commencé à utiliser des livres arabes, mais c'était difficile. J'ai réalisé le grand besoin de ressources pour faciliter cette tâche, alors j'ai cherché sur YouTube des chansons adaptées à l'âge des enfants. Je n'ai pas réellement trouvé de contenu adaptés que je cherchais», nous dit encore la mère de famille, qui a ainsi décidé de répondre elle-même à ses attentes.
«L'idée de créer une maison d'édition est née d'un besoin personnel. En échangeant avec mes amis marocains en France, en Espagne, aux Etats-Unis et en Angleterre, j'ai bien réalisé que je n'étais pas la seule à me sentir isolée et déconnectée de nos racines. Il y avait une réelle demande en livres adaptés, d'autant que les ouvrages arabes traditionnels n'y répondent pas.»
Sara Faqir
Répondre aux besoins des enfants et des familles MRE
Le parcours de Sara dans l'édition a ainsi commencé par la formation. Elle s'inscrit à des cours en ligne pour mieux comprendre le secteur, avec l'objectif était d'acquérir des connaissances sur les fondamentaux de la langue, ou encore sur les mécanismes d'apprentissage linguistique des enfants. Elle a ciblé un lectorat marocain, qu'il ait grandi au Maroc puis fondé une famille à l'étranger, ou qu'il soit issu des générations de l'immigration.
En avril de cette année-là, Sara a lancé «Lilei Publishing» (dar.lilei). Jusqu'à présent, les ventes ont dépassé les 200 livres, avec des retours très personnels «de diverses familles marocaines et de nombreux parents, qui se disent émus de feuilleter des ouvrages illustrant leur culture et leurs traditions».
«C'est rare dans les livres arabes classiques, car les histoires ne sont généralement pas basées sur nos expériences en tant qu'arabes marocains. Par conséquent, les réactions à ma première collection de livres ont été aussi touchantes qu'encourageantes. C'est ce que je recherchais ; que ces livres soient plus qu'un simple produit culturel, mais une expérience qui reconnecte les enfants et leurs parents à leurs racines», souligne Sara auprès de notre rédaction.
Outre son site, Dar Lilei a vocation à renforcer le lien avec les familles et l'identité marocaine chez la diaspora. Par conséquent, elle met en avant une représentation d'histoires «évocatrices des chansons folkloriques et des expressions de la vie quotidienne». Sara a intitulé son premier recueil «Klimati». Il s'agit d'un livre accompagné d'un format sonore, qui dépeint des scènes inspirées du vécu au Maroc et des aspects vestimentaires traditionnels.
«Lorsque j'ai moi-même étudié le monde de l'édition, j'ai découvert qu'il existe deux types de livres : le premier est «à fenêtre» et le second est «miroir». Respectivement, ils nous ouvrent de nouveaux mondes, où les enfants ont besoin de voir diverses représentations de leur vie quotidienne pour mieux accepter le monde qui les entoure, ou ils reflètent l'identité des petits, leurs valeurs et leurs origines, les aidant à gagner en confiance.»
Sara Faqir
Mais ce parcours n'a pas été sans embûches. Sara a dû faire face à de nombreux obstacles pour lancer sa maison d'édition. «Le projet nécessite un investissement financier important, car ce sont les grandes entreprises qui dominent ce secteur. Il faut également tenir compte des aspects complexes de conception, de distribution, de logistique et de marketing. Mais le premier défi auquel j'ai été confrontée était d'ordre psychologique : je venais de la finance et je n'étais pas qualifiée pour l'édition, même si j'ai grandi entourée de livres et que j'ai toujours aimé lire. J'ai donc pris deux ou trois ans, entre la prise de décision et le passage à l'action», nous confie-t-elle.
Les défis de la distribution au Maroc et ailleurs
Sara évoque également «la difficulté de la distribution, entre une situation relativement facile en Europe et une autre plus compliquée, aux Etats-Unis et au Maroc». «Mon identité marocaine est devenue plus claire depuis que je vis à l'étranger : lorsque j'étais au Maroc, je prenais ma marocanité pour acquise», souligne-t-elle.
«Je voulais que l'expérience de lecture soit véritablement immersive: quand un parent ou un enfant ouvre le livre, il doit avoir l'impression d'être au cœur du vrai Maroc. Celui où vivaient nos grands-parents et où nous avons grandi, pas seulement une image simplifiée. Les Marocains du monde portent en eux un sentiment de solitude, d'autant que nous vivons dans des pays où nous ne parlons pas quotidiennement le dialecte marocain, et dans certains endroits, l'arabe n'a pas bonne presse.»
Sara Faqir
Depuis le lancement de «Dar Lilei», Sara a reçu des retours touchants, en particulier de mères, et aussi du Maroc, où des personnes l'ont contactée pour demander après les modalités d'acheminement des ouvrages vers le royaume. L'éditrice y a vu le besoin de représentation culturelle et linguistique en darija, même au Maroc.
«Mes rêves et mes ambitions pour ce projet sont grands. J'ai commencé avec des livres audio, mais j'ai beaucoup d'autres idées. Je veux faire revivre le parlé marocain et valoriser notre patrimoine, qui peut paraître complexe, même pour certains adultes. J'aimerais travailler à le rendre plus accessible au plus grand nombre», nous confie encore Sara.
Son fils aîné a joué un rôle déterminant dans le lancement de sa maison d'édition. Grâce à lui, elle a pu renouer avec ses origines marocaines et sa langue maternelle à l'étranger. «Il est ma principale motivation. J'ai lancé ce projet pour lui et ses frères et sœurs, afin qu'ils puissent apprendre la darija. Il me donne toujours un retour immédiat. Lorsque j'ai lancé la première collection de livres audio, j'ai remarqué leur grande interaction et j'ai vu l'impact des images sur eux», souligne-t-elle.
C'est ainsi que Sara a de premiers retours par rapport à ses nouvelles ressources sur le site de la maison d'édition, à travers ses enfants. «J'observe leurs réactions pour voir si ces productions suscitent des réactions positives. C'est ce qui me pousse à continuer sur cette voie. Ils sont fiers de moi et du travail que j'accomplis», se félicite la mère de famille.


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