Face aux menaces iraniennes, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis renforcent leur coopération militaire avec le Maroc et l'Egypte. Cette alliance stratégique inclut le déploiement des Forces armées royales marocaines et le partage d'expertise en matière de défense antimissile, soulignant le rôle crucial de Rabat dans la stabilité régionale. DR ‹ › Face aux attaques aériennes iraniennes, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont dû se tourner vers le Maroc et l'Egypte, comme le révèle ce mardi Africa Intelligence. Une coopération axée sur la défense et le renseignement a ainsi été mise en place. Le Maroc apporte un soutien militaire et technique jugé crucial aux pays du Golfe, notamment par le déploiement des Forces armées royales (FAR) et le partage d'expertise pour l'utilisation des systèmes antimissiles THAAD émiratis, fabriqués par l'entreprise américaine Lockheed Martin, précise la même source. La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) contribue également à la stabilité des Emirats. En effet, Abou Dhabi a officiellement annoncé, le 26 mars, le démantèlement d'une cellule affiliée à l'Iran et au Hezbollah libanais. Cinq jours plus tard, les autorités de Bahreïn ont fait une annonce similaire. Des accords militaires déjà en place La coopération militaire entre le Maroc et les Emirats arabes unis repose sur un accord signé en mai 2006, englobant principalement la formation, les échanges de visites ainsi que le soutien opérationnel, technique et matériel. Ce partenariat a été élargi en 2014 pour inclure la recherche dans les industries militaires et le transfert de technologies. Durant les 40 jours de conflit en Iran, le roi Mohammed VI s'est entretenu à deux reprises par téléphone avec le président des Emirats arabes unis, Mohamed Ben Zayed, pour réaffirmer l'engagement du royaume à soutenir son principal partenaire dans la région du Golfe. Par ailleurs, le Maroc a signé deux accords de coopération militaire avec Bahreïn et l'Arabie saoudite, respectivement en 2013 et 2015. De son côté, l'Egypte a relancé la proposition de création d'une force arabe conjointe. Cette initiative a été présentée le 8 mars par le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, lors d'une réunion extraordinaire du Conseil exécutif de la Ligue des Etats arabes au Caire. Pour rappel, le «Traité de défense commune et de coopération économique» de l'organisation panarabe, signé en 1950 et composé de 13 articles, stipule qu'«une agression contre un Etat membre est une agression contre tous», prévoyant ainsi une réponse collective. Néanmoins, sa mise en œuvre se heurte à des obstacles politiques. «Le contexte actuel n'est pas favorable à l'activation du traité de défense arabe commune», avait indiqué le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, l'Egyptien Hossam Zaki, le dimanche 14 septembre, à la veille d'un sommet arabo-islamique extraordinaire à Doha, convoqué en réponse à une agression israélienne contre le Qatar. Pour mémoire, Le Caire avait accueilli, en avril 2015, une réunion dédiée à la création d'une force militaire panarabe, en pleine guerre contre l'organisation terroriste Daech. Le Maroc était représenté par le général de corps d'armée Bouchaib Arroub, alors inspecteur général des Forces armées royales. Cette implication du Maroc pour défendre les pays du Golfe s'inscrit dans une politique ancienne et constante, initiée dès les années Hassan II. Rabat avait alors dépêché des militaires aux Emirats arabes unis pour assurer la formation des forces armées d'Abou Dhabi. Aujourd'hui encore, des contractuels marocains poursuivent cette mission. L'un d'eux, employé par l'armée émiratie, a trouvé la mort le 24 mars dernier lors d'une attaque de missile iranien contre le Bahreïn. Son décès a été confirmé par un communiqué du ministère émirati de la Défense.