Les pluies bénéfiques en 24 heures revitalisent les barrages du Royaume avec plus de 190 millions de mètres cubes    Maroc: un seuil historique de près de 20 millions de touristes en 2025    La Chine mène le premier entraînement d'astronautes à l'intérieur de grottes    Manchester City: Josko Gvardiol victime d'une fracture du tibia    CAN 2025 : les affiches de ce mardi avec un choc Algérie-RD Congo    L'Egypte se qualifie pour les quarts de finale de la CAN aux dépens du Bénin    Réforme du Code de la famille : un vote en 2026 ou un report à la prochaine législature ?    Les robes noires durcissent le ton contre la réforme de la profession d'avocat    Projets immobiliers à l'arrêt : un nouveau canal suspect pour le blanchiment    Zakia Driouich: 68 marchés de vente de poissons digitalisés sur 76    La Bourse de Casablanca termine en hausse    Programme de renouvellement des taxis : Un parc largement modernisé, mais une transition électrique encore freinée    La sécurité de la CAN 2025 attire l'attention du FBI    L'ambassade de Palestine inaugurée à Londres    Venezuela : Delcy Rodriguez prête serment comme présidente du régime    Nicolas Maduro: chronique d'une arrestation spectaculaire préparée de longue date    USA : Les effectifs de la police de l'immigration en hausse de 120% en moins d'un an    CAN : Chers « frères-ennemis », un peu de bonne foi !    Sahara : Le chemin éprouvant vers les négociations !    Réforme du CNP : l'opposition saisit la Cour constitutionnelle    CAN Maroc 25 : Trabelsi deuxième coach limogé    Premier League : Manchester limoge son entraîneur    Source : le Maroc accueillera la CAN de futsal 2026    Perturbations météorologiques: Suspension des cours lundi à Essaouira    Perturbations météo : appel à la vigilance dans plusieurs régions    Bulletin d'alerte : Fortes pluies, chutes de neige et fortes rafales de vent, de lundi à jeudi    Rabat: 2 morts et 4 blessés dans l'effondrement partiel d'un immeuble    CAN 2025 : Un illustrateur libanais revisite les moments forts du tournoi en œuvres graphiques    Regragui: « Le plus important reste la qualification »    CAN 2025: Brahim Díaz, leader incontesté des Lions de l'Atlas    Maroc – Brésil : Vers une alliance stratégique Sud-Sud fondée sur la souveraineté et la coopération économique    ONDA : Lancement d'un centre de commandement à l'aéroport Mohammed V    Guinée. La Cour suprême confirme la victoire de Mamadi Doumbouya    Gabon. Oligui Nguema dévoile son gouvernement    Les températures attendues ce lundi 5 janvier 2026    Interview avec Pr Aziz Moqrich : « La Médaille de l'Innovation du CNRS est une reconnaissance légitime de mon parcours »    Tabac : hausse des prix en ce début d'année    Classes suspended in Chtouka Ait Baha due to weather alert on January 5, 2026    Le Maroc réitère son soutien à l'unité nationale du Yémen et à sa souveraineté territoriale    Températures prévues pour lundi 05 janvier 2026    Nicolas Maduro ramené à New York où il sera jugé pour narcoterrorisme    Diaspo #422 : Karima Saïdi, «celle qui veille» sur la mémoire par le documentaire    Abidjan vibre au rythme du MASA    Arts 2025 : Dernier regard dans le rétro sur une année de création    Hiba Bennani en tête d'affiche du drame marocain Rass Jbel, aux côtés d'Asaad Bouab    Cathédrale Saint-Pierre : la société «Le Palais d'Aménagement» adjudicataire    La BD "Astérix en Lusitanie" a fait 1,65 million de ventes en France    Madonna passe les fêtes de fin d'année à Marrakech    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Yasmina...Ou le cri d'une femme révoltée...
Lecture du Roman «Années volées» d'Anissa Bellefqih
Publié dans Albayane le 21 - 06 - 2013

Lecture du Roman «Années volées» d'Anissa Bellefqih
«L'écriture est un cri, un cri d'interpellation». C'est avec cette citation que l'auteure du roman «Années volées», paru en 2O12 aux éditions L'Harmattan nous a jetés dans l'univers de Yasmina au cours d'une séance de lecture et dédicace organisée, mercredi soir, à la villa des arts de Casablanca. Le roman d'Anissa Bellefqih se décline en 178 pages de format moyen avec une belle couverture chargée sémiotiquement, et parlant de signes et de significations.
Yasmina est une femme victime ou encore en proie à ce monde farouche de la finance. Errant dans un monde qui vénère l'argent et l'investissement comme seule et unique philosophie, la souffrance de Yasmina voit son jour dans cette vie et va grandissante. La maudite banque de laquelle elle a emprunté de l'argent lui a volé ses dernières belles années.
Dans ce mal d'esprit, le personnage principal fictif, écrit l'auteur dans le paratexte du roman, «se retrouve jetée en pâture à des prédateurs sans foi ni loi qui règnent sur le monde de la finance. (...) Cette banque, ajoute-t-elle, avait capté et volé ces dernières belles années, butin inestimable et irremplaçable...
Ce roman de genre policier vise, dans un premier temps à créer un choc chez le lecteur en accrochant sa curiosité via une écriture de degré zéro qui lui offre un billet de voyage dans la débauche et les dédales de la finance afin de ressentir réellement la puissance de la banque.
En revanche, la quête du sens et de la signification de Yasmina se manifeste dans son cri contre la soumission et la violence, notamment dans un monde fou enlisé dans les fausses lumières de l'étant et l'argent ainsi qu'une modernité liquide où l'humain a perdu son essence et qui fait de plus en plus l'éloge du mépris.
Yasmine apparait comme l'incarnation de la femme moderne « soumise ». Tout se passe ici comme si on était devant la citation de l'humaniste Albert Camus : «l'absurde nait de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde». Le monde dans cette optique est sourd et indifférent face aux appels de Yasmina, suscitant inéluctablement cette question historique de Lénine : Que faire ?
Pour se faire, l'auteure, à travers le personnage principal a pu révéler sa souffrance au monde en invitant les voix féminines au passage à l'acte, à la résistance face à la violence. Bref, elle appelle celles-ci à mener des combats, mais aussi à gérer leurs destins. Anissa est consciente de l'importance et de la nécessité du passage à l'action, car dès la première page de son roman, le lecteur se trouve devant l'une des citations de l'existentialiste du siècle dernier, Simone de Beauvoir : «Exister c'est oser, se jeter dans le monde...» Années volées tisse les liens d'une relation triangulaire qui se partage entre la voix de l'auteure, celle du personnage et finalement celle qui s'adresse à la conscience du lecteur. C'est un certain partage d'idées qui se veut, Ipso facto, un retour vers cet «espoir de créer une réflexion qui mettra en avant le développement de notre pays sur tous les volets.», conclu l'écrivaine des Années volées, en attendant qu'un jour les générations à venir pensent à les récupérer.
Repères
Native d'Oujda, Anissa Bellefqih est chercheur et écrivain. Elle fait toutes ses études, jusqu'à la thèse d'Etat sur les bancs de l'école marocaine, du temps où l'école publique était une pépinière et l'enseignement une vocation. Elle est l'auteure de trois romans publiés chez L'Harmattan, notamment : «Yasmina et le talisman» en 1999, «Je ne verrai pas l'automne flamboyant...» en 2003, «La lecture des Aventures d'Arsène Lupin : Du jeu au je » en 2010 et «Années volées» en 2012.
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
«L'écriture est un cri, un cri d'interpellation». C'est avec cette citation que l'auteure du roman «Années volées», paru en 2O12 aux éditions L'Harmattan nous a jetés dans l'univers de Yasmina au cours d'une séance de lecture et dédicace organisée, mercredi soir, à la villa des arts de Casablanca. Le roman d'Anissa Bellefqih se décline en 178 pages de format moyen avec une belle couverture chargée sémiotiquement, et parlant de signes et de significations.
Yasmina est une femme victime ou encore en proie à ce monde farouche de la finance. Errant dans un monde qui vénère l'argent et l'investissement comme seule et unique philosophie, la souffrance de Yasmina voit son jour dans cette vie et va grandissante. La maudite banque de laquelle elle a emprunté de l'argent lui a volé ses dernières belles années.
Dans ce mal d'esprit, le personnage principal fictif, écrit l'auteur dans le paratexte du roman, «se retrouve jetée en pâture à des prédateurs sans foi ni loi qui règnent sur le monde de la finance. (...) Cette banque, ajoute-t-elle, avait capté et volé ces dernières belles années, butin inestimable et irremplaçable...
Ce roman de genre policier vise, dans un premier temps à créer un choc chez le lecteur en accrochant sa curiosité via une écriture de degré zéro qui lui offre un billet de voyage dans la débauche et les dédales de la finance afin de ressentir réellement la puissance de la banque.
En revanche, la quête du sens et de la signification de Yasmina se manifeste dans son cri contre la soumission et la violence, notamment dans un monde fou enlisé dans les fausses lumières de l'étant et l'argent ainsi qu'une modernité liquide où l'humain a perdu son essence et qui fait de plus en plus l'éloge du mépris.
Yasmine apparait comme l'incarnation de la femme moderne « soumise ». Tout se passe ici comme si on était devant la citation de l'humaniste Albert Camus : «l'absurde nait de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde». Le monde dans cette optique est sourd et indifférent face aux appels de Yasmina, suscitant inéluctablement cette question historique de Lénine : Que faire ?
Pour se faire, l'auteure, à travers le personnage principal a pu révéler sa souffrance au monde en invitant les voix féminines au passage à l'acte, à la résistance face à la violence. Bref, elle appelle celles-ci à mener des combats, mais aussi à gérer leurs destins. Anissa est consciente de l'importance et de la nécessité du passage à l'action, car dès la première page de son roman, le lecteur se trouve devant l'une des citations de l'existentialiste du siècle dernier, Simone de Beauvoir : «Exister c'est oser, se jeter dans le monde...» Années volées tisse les liens d'une relation triangulaire qui se partage entre la voix de l'auteure, celle du personnage et finalement celle qui s'adresse à la conscience du lecteur. C'est un certain partage d'idées qui se veut, Ipso facto, un retour vers cet «espoir de créer une réflexion qui mettra en avant le développement de notre pays sur tous les volets.», conclu l'écrivaine des Années volées, en attendant qu'un jour les générations à venir pensent à les récupérer.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.