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Le marché : Se ressaisir
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 26 - 03 - 2002

Voilà près de trois années que les sociétés cotées à la bourse de Casablanca ne manquaient jamais une seule occasion pour rappeler aux autorités de tutelle qu'il faut leur permettre une réelle gestion financière de leurs capitaux cotés. Elles insistaient sur le fait que les cours auxquels se traitent leurs actions sont ridicules et qu'il leur faut les animer pour maintenir une bonne liquidité de leurs actions, ainsi que des cours quotidiens de référence.
Voilà près de trois années que les sociétés cotées à la bourse de Casablanca ne manquaient jamais une seule occasion pour rappeler aux autorités de tutelle qu'il faut leur permettre une réelle gestion financière de leurs capitaux cotés. Elles insistaient sur le fait que les cours auxquels se traitent leurs actions sont ridicules et qu'il leur faut les animer pour maintenir une bonne liquidité de leurs actions, ainsi que des cours quotidiens de référence. Elles avançaient qu'il en va de la transparence du marché et du respect de l'égalité de l'ensemble de leurs actionnaires. La politique des coups par coups ne les arrange guère puisqu'elle bafoue toute logique de prévision du marché et profite aux seuls détenteurs des dates d'intervention sur le titre à la bourse. Elles voulaient faire vivre leurs titres dans la légalité et la transparence totale.
Mais voilà que la circulaire relative à l'animation du marché de valeurs mobilières cotées est entrée en vigueur depuis septembre dernier et aucune entreprise, cotée au premier ou deuxième compartiment, n'a encore confié à une société de bourse de la place le soin de faire « vivre » ses actions à la bourse. Hormis l'unique société cotée au nouveau marché qui a l'obligation de conclure une convention d'animation, avec un intermédiaire en bourse, pour une durée de cinq ans à partir de la date de son introduction, aucune société ne semble prête à engager des fonds pour cela puisqu'elles estiment que c'est de l'argent en plus. Les intervenants s'étonnent aujourd'hui de cette attitude qu'affichent plusieurs entreprises.
Tout le monde s'attendait à ce que cette nouvelle disposition allait redonner vie à la place. Les affaires allaient reprendre ! Mais, c'est oublier que les entreprises sont en droit de ne pas s'emballer. Elles craignent toujours les pratiques peu déontologiques de traders et responsables qui ne reculent devant aucun scrupule à profiter de l'inadvertance de beaucoup de leurs clients pour amasser de belles sommes.
Il faut croire que les agitations et les dérapages commis dans le passé sont en train de rattraper les sociétés de bourse. Plus, leurs partenaires de toujours ne s'emballent pas, parce qu'ils savent de quoi ils sont capables : se sont eux qui les ont aidé à manipuler les cours boursiers à l'occasion d'opérations stratégiques. Ils excellent dans l'art des gymnastiques de manipulation. Cette fois-ci, c'est sûr, ils veulent se racheter. Mais, à quel prix ?


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