Le secteur de l'élevage subit l'épreuve des mutations globales. À l'occasion du SIAM, Ahmed El Bouari a mis en avant les efforts engagés pour transformer durablement la production animale et consolider la souveraineté alimentaire du Royaume. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Les défis multiples qu'affronte le secteur agricole, induits par le changement climatique, la pression sur les ressources naturelles, la volatilité des marchés et l'évolution des modes de consommation, poussent la réflexion sur la transformation des systèmes de production animale à un très haut niveau. C'est dans ce cadre que s'est inscrite la conférence de haut niveau organisée par le ministère de l'Agriculture, à l'occasion de la 18e édition du SIAM. Cette réflexion, le Maroc l'a inscrite dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie «Génération Green 2020-2030», qui place la durabilité, la résilience et la valorisation du capital humain au cœur du développement agricole. Ahmed El Bouari, ministre de l'Agriculture, a souligné que la production animale joue un rôle central dans l'économie nationale, représentant près de 35% du PIB agricole, assurant des revenus à près de 1,2 million d'éleveurs et générant environ 135 millions de journées de travail par an. «Selon le recensement réalisé en 2025, le secteur totalise 33 millions de têtes d'ovins, caprins, bovins et camelins, produit 530.000 tonnes de viandes rouges et 2 milliards de litres de lait annuellement. De son côté, l'aviculture produit 784.000 tonnes de viandes blanches et 6,5 milliards d'œufs». Sauf que la filière animale a été mise à rude épreuve. Le pays a fait face à l'une des plus longues années de sécheresse, qui a été accentuée par des conditions géopolitiques difficiles. Pour apporter son appui au secteur, le gouvernement a pris plusieurs mesures qui ont permis l'accompagnement des agriculteurs et la poursuite de l'approvisionnement des marchés. Parmi les leviers actionnés : le renforcement de la production des aliments pour le bétail, l'amélioration du dispositif de sécurité sanitaire animale, la priorité accordée à l'amélioration de la productivité du lait et des viandes et l'amélioration des races bovines destinées à la production de viande, à travers le développement de l'insémination artificielle, la production locale de semences à haut rendement. Il s'agit aussi de développer le secteur de l'élevage camelin, compte tenu de son rôle économique et social dans les provinces du Sud, de réhabiliter les circuits de commercialisation, moderniser les abattoirs, développer les infrastructures logistiques, ainsi que de promouvoir la formation et la recherche scientifique. Le Maroc et le Portugal renforcent leur partenariat agricole Cette édition met le Portugal à l'honneur. «Deux pays voisins et amis qui partagent la même ambition, celle de construire des systèmes alimentaires durables et inclusifs», a soutenu José Manuel Fernandes, ministre de l'Agriculture et des affaires maritimes du Portugal. Dans le secteur de l'élevage, les défis sont communs, à savoir la pression sur les ressources en eau qui nécessitent une technologie avancée et une gestion intelligente. Dans ce cadre, le ministre portugais a ajouté : «Nous allons continuer à positionner le Portugal comme un allié stratégique du Maroc auprès de l'Union européenne et à contribuer à la mise en œuvre des programmes européens, qu'il s'agisse de l'instrument de voisinage, des mécanismes financiers ou encore des nouveaux dispositifs, tels que le Fonds européen pour la compétitivité, qui comprend un volet dédié à la recherche, auquel le Maroc pourrait pleinement participer». La participation portugaise à cette grand-messe entend renforcer la coopération scientifique entre les institutions de recherche – qui devrait permettre de développer des solutions adaptées, notamment dans les domaines de la santé animale et végétale, ainsi que l'amélioration des cultures – explorer l'ensemble des opportunités d'investissement et développer les échanges commerciaux. Enfin, «le choix du Portugal comme invité d'honneur à ce salon revêt une signification toute particulière et traduit la profondeur des liens d'amitié et de coopération qui unissent le Royaume du Maroc et la République portugaise, ainsi que la volonté commune de hisser le partenariat agricole à un niveau d'excellence accru», a conclu le ministre. Plusieurs accords structurants ont été conclus à cette occasion, couvrant l'innovation agricole, la modernisation des filières, la sécurité alimentaire, ainsi que la recherche et le développement. Par ailleurs, des accords et déclarations d'intention ont été conclus entre les institutions de recherche et les structures technologiques des deux pays, renforçant les synergies entre secteurs public et privé, et favorisant le développement de solutions innovantes. Lire aussi Agriculture Le Prince Moulay Rachid préside à Meknès l'ouverture du SIAM 2026 →