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Après les événements d'El Ejido, les travailleurs marocains décrètent une grève générale
De notre correspondante, Pascal BOURGAUX
Publié dans L'Economiste le 10 - 02 - 2000

· Le phénomène de l'immigration économique ne fait que commencer
· Selon l'ONU, d'ici 2050 l'Espagne aura besoin de 12 millions d'immigrants
Après les manifestations pacifiques de ces derniers jours, demandant la fin de la violence, les travailleurs marocains d'El Ejido ont décidé de montrer à quel point l'économie d'Alméria a besoin d'eux. Ils ont appelé hier à une grève générale pour toute la semaine. Le mot d'ordre a été suivi de manière très inégale. Qualifiée de "succès" par l'Association des Immigrants Marocains d'Espagne (AEME), son représentant, Mustafa K. a cependant reconnu qu'elle était surtout suivie dans la zone des incidents. De son côté, le syndicat agricole espagnol COAG a dénoncé les pressions des piquets de grève qui auraient obligé ceux qui s'étaient rendus à leur travail à abandonner leur poste. COAG a par ailleurs déclaré que l'activité dans les serres du reste de la province se déroulait de manière "tout à fait normale". Hier en milieu de journée, 300 immigrants étaient toujours concentrés dans les serres d'El Ejido, attendant la fin d'une réunion à la mairie, pour décider de la poursuite ou non de la grève. Cette dernière n'a, semble-t-il, pas empêché les camions pleins de fruits et légumes de circuler.
Le calme était revenu dans le village d'El Ejido, mais pas la normalité.
Il faudra sans doute longtemps avant que la paix et la confiance reviennent entre les deux communautés.
Sonnette d'alarme
Les ONG, syndicats et associations de travailleurs immigrés avaient depuis longtemps pourtant tiré la sonnette d'alarme. Le refus des habitants d'El Ejido, de louer des logements "normaux" aux travailleurs immigrés, l'interdiction pour ces derniers d'entrer dans les bars "espagnols" et la "ghettoïsation" dans les écoles, annonçaient les incidents xénophobes du week-end dernier.
Comme d'habitude, il aura fallu que la catastrophe, cent fois annoncée, se produise pour que responsables politiques, intellectuels et citoyens se réveillent et acceptent de voir la réalité en face. Si un élément positif peut être tiré des atrocités d'El Ejido -et c'est bien le seul- c'est que les vrais débats ont enfin eu lieu: "L'Espagne se définissait comme un pays non-raciste, tout simplement parce qu'elle n'avait jamais été confrontée à la réalité de l'immigration, celle-ci représentant moins de 2% de la population espagnole, contre une moyenne de 10% dans les pays du Nord de l'Europe", explique Antonio Guttierez, secrétaire général de Commissions Ouvrières, qui a tenu à se rendre à El Ejido, pour soutenir les victimes marocaines et demander que soient prises des mesures urgentes d'intégration. L'accompagnaient, hier, dans cette démarche, des représentants de tous les partis: le ministre des Affaires Sociales, Manuel Pimentel, le nouveau leader de la Gauche Unie, Francisco Frutos, un responsable du PSOE et de l'autre syndicat majoritaire l'UGT. Une initiative de la part des responsables politiques qui vient tard, mais pas trop tard, assurent les plus optimistes. Car la question est de savoir pourquoi rien n'a été fait avant pour éviter l'explosion du week-end? Et pourquoi, surtout, aucune leçon n'a été tirée des heurts et problèmes vécus dans d'autres pays européens du Nord.
Horrifiés par les exactions de leurs compatriotes d'Almerيa, les médias espagnols ont consacré des pages et des heures de débats radiophoniques et télévisuels à ces questions. "On veut exclure l'Autriche de Haider du concert des nations démocratiques. Mais à El Ejido, en Andalousie, bien que toute la population ne soit pas coupable, il faut reconnaître que, jusqu'à présent, ce sont les haiders locaux qui dictent la loi", écrivaient mardi, dans El Pais, l'écrivain espagnol Juan Goytisolo et le député européen du Parti Socialiste français, Sami Naïr. Une place inhabituelle a aussi donnée dans les journaux espagnols, aux réactions marocaines.
Par mauvaise conscience -puisqu'ils ont eux-mêmes été des émigrants- et par réalisme économique, les Espagnols se posent donc beaucoup de questions. Car ils savent aussi que le phénomène de l'immigration économique ne fait que commencer. Pas seulement à El Ejido, mais dans tout le pays. Un rapport de l'ONU, datant du 6 janvier, montre que d'ici 2050, l'Espagne aura besoin de 12 millions d'immigrants pour maintenir la même activité économique et pouvoir payer les pensions de demain.
Certains démagogues espagnols -dont le porte-parole du gouvernement!-ont tenté de lier les incidents xénophobes d'El Ejido avec la mise en application de la très progressiste loi sur les étrangers, adoptée malgré la ferme opposition du Premier ministre conservateur José Maria Aznar (qui a annoncé qu'il la modifierait au cas où il serait réélu, le 12 mars prochain). Face à cette tentative de justification des incidents racistes, le porte-parole M. Piqué a dû rectifier.
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L'OMDH réclame justice
L'Organisation Marocaine des Droits Humains (OMDH) exprime son indignation devant la recrudescence des crimes racistes en Espagne, «défiant les valeurs des droits humains et les engagements contractés à cet égard par l'Etat espagnol auprès de la communauté internationale, et du partenariat euro-méditerranéen dans la Déclaration de ... Barcelone (novembre 1995)!». L'OMDH réclame la poursuite des auteurs de ces crimes et l'indemnisation des victimes. Elle lance enfin un appel aux mouvements des droits de l'Homme espagnol, européen et international pour condamner les crimes racistes dont ont été victimes les émigrés marocains.


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