«Le premier terminal pétrolier d'Afrique» a été inauguré vendredi dernier à Tanger Med, en la présence expresse, de plusieurs ministres. Fruit d'une concession liant TMSA et le consortium regroupant Horizon Terminals Ltd (Dubaï), Independant Petrolium Group (Koweït) et Afriquia SMDC (Group Akwa), le terminal pétrolier de Tanger Med, second du genre au Maroc après celui de Mohammedia (1987), s'étale sur 12 ha et aura une capacité de stockage de 508.000 m3, répartie sur 19 réservoirs qui recevront du fuel (43%), de l'essence et du gasoil (53%) ainsi que d'autres additifs (4%). Géré par Horizon Tangiers Terminals (HTT SA), une société de droit marocain créée à la seule fin de conduire le projet à terme, élaboré en grande partie par Litwin SA (filiale du groupe Citi Technologies), ce terminal aura nécessité l'apport, sur 4 ans, d'une enveloppe financière globale de 1,5 MMDH. Pour l'économie nationale, le premier effet structurel est certainement le rallongement de l'autonomie du pays en termes de consommation de produits pétroliers, qui devrait ainsi passer de 45 jours à 60 jours désormais. «District industriel» Ce terminal aura aussi le mérite, comme se plaît à le penser le ministre des Affaires générales, d' «inciter des investisseurs et des acteurs étrangers de la région à se tourner, avec davantage de confiance et de sérénité, vers les autres structures industrielles nationales telles que ce nouveau terminal». Tirant avantage de dotations publiques en facteur humain, et surtout en infrastructures de base et équipements industriels, Tanger Med semble, par cette nouvelle réalisation, comme celle de l'usine de Renault et d'autres, se diriger d'année en année davantage vers une constitution en «district industriel», qu'en simple pôle de croissance assis sur les seules potentialités endogènes de la région. Elle s'avère de surcroît apte à assumer un rôle de nouvelle centralité économique, puisque, comme le prédit Boulif, «on s'attend à ce que ce projet comme tous ceux réalisés dans la région ait des effets d'entrainement» sur les territoires avoisinants la région, mais aussi à l'intérieur de la région, puisque de type structurant, «ce projet devrait inciter à la création d'activités connexes autour du site», un effet d'agglomération testé avec succès pour le projet de Renault. Au demeurant, le terminal servira de plateforme logistique «d'approvisionnement des clients installés en zone franche», et de satisfaction des «besoins de produits combustibles)dans la région méditerranéenne». 33.000 m3 devraient par ailleurs être réservés exclusivement aux distributeurs locaux (autres que les actionnaires d'HHT SA). En termes de stockage, le volume global annuel attendu devrait dépasser les 4,3 millions de m3, répartis entre 1,28 million pour le marché local et 3,2 millions de m3 pour les activités de transit.