Le Maroc de 2025 n'est plus une économie à deux vitesses, mais une mosaïque de territoires en compétition positive. Ce top 5 régional révèle un pays en mutation, capable de générer de la valeur depuis les confins sahariens comme depuis ses grands pôles urbains historiques. Le pari de la régionalisation avancée, amorcé dans les textes depuis une décennie, commence à produire des effets concrets. Reste à transformer cet élan en architecture stable. En 2026, le véritable enjeu sera de démontrer que cette croissance décentralisée peut devenir systémique, inclusive, et durablement pilotée. Alors que 2025 touche à sa fin, une cartographie inédite de la croissance économique émerge au Maroc. Ce ne sont plus uniquement Casablanca ou Tanger qui dictent le tempo national. Dakhla, Fès, Marrakech et d'autres périphéries ont imposé leur tempo, leur stratégie et leur résilience. Cette année aura signé l'avènement d'un Maroc économique décentralisé, tiré par des dynamiques régionales distinctes mais convergentes. À travers une plongée dans les cinq régions les plus performantes de l'année, cette analyse décrypte les leviers, les moteurs sectoriels et les transformations structurelles à l'œuvre. Les données les plus récentes issues du Haut-Commissariat au Plan (HCP), de Bank Al-Maghrib, des Centres régionaux d'investissement (CRI) et de l'Office des Changes dressent un portrait inattendu de la croissance marocaine. Pour la première fois, des territoires longtemps considérés comme secondaires deviennent centraux dans la production de valeur. Si Casablanca-Settat reste un pilier incontournable, la région de Dakhla-Oued Ed Dahab affiche désormais des taux de croissance à deux chiffres. Fès-Meknès se repositionne stratégiquement comme bastion de l'industrie et de l'agriculture durable, tandis que Marrakech-Safi transforme un contexte post-séisme en levier de rebond exceptionnel. Tanger-Tétouan-Al Hoceima, quant à elle, confirme son rôle de hub industriel avec une capacité exportatrice renforcée. Ce mouvement révèle une transformation structurelle : l'économie marocaine ne repose plus sur un seul moteur, mais sur un faisceau de relais régionaux à haute intensité de développement. 2026 : L'année des arbitrages territoriaux ? Alors que le Maroc prévoit une croissance nationale de 3,6% en 2026 selon les projections du HCP, la question centrale n'est plus uniquement celle du volume de croissance, mais de sa qualité territoriale. Le défi sera de consolider les performances sans creuser les écarts. Plusieurs signaux faibles identifiés en 2025 devront être surveillés : saturation du foncier dans certaines zones industrielles (notamment dans le nord et la région Casa-Settat), tensions sur la main-d'œuvre qualifiée, et disparités dans la capacité de pilotage administratif régional. La transition verte, bien qu'affichée comme priorité, reste encore inégalement intégrée. Dakhla initie des projets pilotes d'hydrogène vert avec des groupes européens, et Tanger muscle ses infrastructures en faveur de l'électromobilité, mais l'industrialisation durable à grande échelle reste embryonnaire dans plusieurs régions intérieures. Par ailleurs, la coordination interrégionale sur les grands projets reste un enjeu. Le déploiement de la LGV Casablanca-Marrakech (53 Mds DH), l'expansion de Tanger Med, ou encore la mise en service future du Port Atlantique de Dakhla nécessitent des interfaces logistiques, fiscales et sociales efficaces. 2026 devra aussi confirmer la montée en puissance de nouveaux bassins comme Béni Mellal-Khénifra ou l'Oriental, dont les projets restent embryonnaires à ce stade. Enfin, la réforme des CRI devra passer à une phase 2 : celle de la territorialisation de l'expertise économique, avec des outils de pilotage intégrés et des indicateurs d'impact harmonisés. Et si l'année prochaine, c'était elle ? Parmi les régions non classées dans le Top 5 de cette édition, certaines montrent des signaux forts de basculement potentiel pour l'année à venir. En tête de ces territoires en mouvement figure la région de l'Oriental, portée par des investissements industriels croissants, la montée en puissance du complexe portuaire Nador West Med, et la dynamique d'urbanisation autour d'Oujda. En 2025, la région a enregistré un niveau record d'investissement privé validé par le Centre Régional d'Investissement (CRI) Oriental, dépassant les 15 milliards de dirhams, soit une hausse de plus de 40% par rapport à 2023. Ce dynamisme est soutenu par l'arrivée de nouvelles zones industrielles, l'extension de la plateforme technologique d'Oujda et un intérêt croissant pour les énergies renouvelables, notamment solaire et éolien dans l'arrière-pays. L'amélioration des infrastructures (routes, connectivité ferroviaire à venir, interconnexion énergétique) pourrait propulser la région dans une nouvelle ère de création de valeur. À surveiller de très près en 2026 ! Dakhla-Oued Ed Dahab : l'éclosion d'un nouveau pôle continental (2/6) Fès-Meknès : le retour en grâce d'un bastion industriel et agricole (3/6) Marrakech-Safi : une attractivité multisectorielle renouvelée (4/6) Casablanca-Settat : le cœur économique qui bat toujours fort (5/6) Tanger-Tétouan-Al Hoceima : l'industrie connectée à la performance (6/6)
Méthodologique : Comprendre les fondements du classement régional Le classement repose sur une approche rigoureuse combinant plusieurs sources officielles marocaines afin de dresser un classement des cinq régions les plus dynamiques en 2025. Le critère principal utilisé est le taux de croissance du PIB régional, basé sur les dernières données consolidées disponibles à la date de publication. D'un côté, l'analyse est basée sur une base statistique qui est celle du HCP. L'institution a publié, en septembre 2025, les comptes régionaux pour l'année 2023. Ces données, bien que portant sur 2023, représentent la photographie économique régionale la plus récente et complète. Elles constituent la base chiffrée du classement présenté dans ce dossier. Au-delà de ces taux, notre analyse intègre une analyse qualitative fondée sur des données complémentaires issues de Bank Al-Maghrib (BAM), CRI régionaux, Office des Changes et autres données officielles. Sous un autre volet, les projets majeurs annoncés ou lancés en 2025 dans les régions concernées sont intégrés pour illustrer la continuité ou la transformation des dynamiques locales. Cela permet d'évaluer non seulement la performance mesurée en 2023, mais aussi les perspectives économiques immédiates à l'échelle territoriale. Cette démarche croisée permet une lecture solide, contextualisée et fiable des moteurs régionaux de croissance.