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Pour congés écourtés ou annulés, mais pas que...
Publié dans Libération le 05 - 08 - 2020

Le torchon brûle au plus mauvais moment entre le corps médical et le ministère de la Santé. Un temps envisagée, la décision d'annuler tous les congés pour le personnel de la santé a finalement été actée par le biais d'un courrier adressé aux dirigeants d'institutions de la santé et des directions centrales, en l'occurrence les directeurs des CHU centraux et régionaux de la santé, le directeur de l'Institut Pasteur du Maroc et la directrice du Centre national de transfusion sanguine et d'hématologie. Mais aussi la directrice du Centre national antipoison et de pharmacovigilance, le directeur de l'Institut national d'hygiène et, enfin le secrétaire général et l'inspecteur général du ministère de la Santé.
La suspension des congés « à partir du 3 août 2020 et jusqu'à nouvel ordre » précise le ministère de tutelle, implique donc un retour « des personnes en bénéficiant actuellement à leurs postes dans un délai de 48 heures », soit dès aujourd'hui. Même si cette décision est motivée par « l'évolution de la situation sanitaire de notre pays », selon Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé, qui avait également prévenu en accordant des congés de moins de 10 jours tout au plus que « les bénéficiaires pouvaient être rappelés à tout moment », il faut croire qu'elle passe mal du côté du corps médical. D'ailleurs, il n'a pas fallu longtemps pour que la déception du personnel soignant prenne forme dans la farouche volonté d'organiser des manifestations « symboliques » sur le lieu du travail, en guise de protestation contre une décision certes soudaine, mais pas totalement dénuée de sens. En effet, l'heure est grave, l'épidémie s'accélère au Maroc, avec des pics de cas actifs et une hausse significative du nombre de décès. Ce qui a logiquement incité les autorités sanitaires à engager de nouveau les CHU du Royaume dans la lutte et donc, par ricochet, les infirmières et autres médecins qui y sont rattachés.
Toutefois, l'argumentaire du ministère de tutelle ne convainc guère. Pis, il dévoile une fracture béante entre le ministère et les différents syndicats dont le syndicat indépendant des médecins du secteur public pour qui ses adhérents ont non seulement le droit à des congés mais aussi à « des indemnités pour compenser les dommages financiers et psychologiques découlant de ces décisions improvisées ». Pour sa part la Fédération nationale de santé a réclamé, via communiqué, « l'octroi d'indemnités spéciales Covid-19 au profit du corps médical, à l'instar de pays étrangers ». Mais pas seulement. Les griefs formulés par la Fédération démocratique du travail (FDT) à l'égard du ministère de la Santé sont encore plus incisifs.
Le premier d'entre eux concerne l'approche unilatérale dans la prise de décision dudit ministère. Pour la FDT, il y a de quoi « nier les points de partenariat social » en refusant ainsi le dialogue avec les représentants de la santé. La FDT poursuit son plaidoyer en pointant du doigt les nombreuses improvisations qui ont prévalu « dans la prise de décisions en rapport avec la gestion de l'épidémie, au lieu de se baser sur les indicateurs stratégiques qui peuvent contribuer à la reconstruction d'un système de santé cohérent et puissant pour faire face à ce genre de situations ». L'autre élément de crispation entre le ministère de la Santé et le personnel soignant réside dans « la pénurie d'outils et de matériels de protection suffisants, ce qui a conduit à infecter des centaines de cadres de santé par le virus », regrette la FDT tout en mettant le ministère de tutelle devant ses responsabilités quant aux « détériorations que connaît le système de santé, conséquence de l'incapacité du ministère à trouver de vraies solutions aux déséquilibres et problèmes du système et du secteur de la santé».
Bref, la FDT est remontée comme une pendule à l'instar des différents syndicats du personnel soignant. Autrement dit, le ministère de la Santé est clairement pris en étau entre l'accélération de l'épidémie dans le pays et un corps médical furieux, censé être le bras armé dudit ministère. C'est une situation inextricable dont l'issue passerait, d'après la FDT, par l'institution du dialogue social sectoriel entre autres.


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